d., ibid
ne s'est donnée qu une fois. Délicat, fier et grave, il ne songe à ses fautes qu'avec un grand sérieux ; le triste sentiment de la faiblesse humaine ne lui cachera même point le grand tort qu'il s'est fait chaque fois qu'il a dérogé. Les premiers reproches commencent donc par Tépuiser d'aveux et de larmes. C'est la voix humblement brisée qu'il répondra à ces plaintes vibrantes de la beauté, de la vertu qu'il a trahie. Le pécheur de la chair a honte et pitié d'être infirme ; il comprend ce qu'on veut qu'il comprenne là-haut, et la sainte offensée finit par reconnaître qu'elle n'avait jamais cessé de disposer de sa joie et de sa torture, et de mener le rythme essentiel de son cœur. Mais, lui, dès qu'il sent le pardon, « l'ortie du repentir le presse si fort » qu'il tombe à la renverse, et, dit-il, « ce que je devins, celle-là le sut qui en était la cause ' ».
Dès lors, en sûreté au ciel où rien ne change et qui transfigure la vie, Béatrice a le pouvoir