‹ Le Conseilde l'instruction publique et le Comité catholique [microforme]Chapitre 15 sur 37 · SR · texte numérisé non relu

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était nécessaire le nombre des membres du comité des syndics, il pria la chambre d’amender la loi de manière à donner ce pouvoir au gouverneur. Cependant les choses en restèrent là et la correspondance prit fin entre le représentant du roi et l’évêque de Québec.

Nous nous sommes attardé à raconter les détails de négociations qui n’entrent pas nécessairement dans le cadre que nous nous sommes tracé. Si nous-avons cru devoir mentionner cette lutte prolongée entre le clergé catholique et les protecteurs de l’Institution royale, ce n’est pas seulement à cause de son importance intrinsèque et des conséquences heureuses qui auraient pu résulter d’une entente complète, mais c’est aussi beaucoup paree qu’il y a tant de similitude entre le projet du ministre des colonies et la loi Boucherville et pour signaler enfin combien profondément au cours du XIXe siècle on a vu en Angleterre se modifier les idées que l’on avait sur les questions religieuses. En effet, si l’on se reporte aux événements politiques qui se déroulèrent dans ces temps de trouble, il n’y a pas lieu de trop s'étonner que les compatriotes canadiens des représentants de l’autorité royale aient tenu une conduite injuste et vexatoire à l'égard de la population catholique et française et que les sympathies du gouvernement royal se soient portées vers eux. La

“haine séculaire de la Grande-Bretagne contre l’Église de Rome avait encore beaucoup d'intensité: l'Irlande, à cause de sa foi religieuse subissait le joug de la tyrannie et il ne fallut rien moins que la puissante et irrésistible parole d’O’Connell, ses combats retentissants, la grandeur de sa cause et finalement son triomphe électoral dans Clare pour inspirer aux chefs politiques de très fortes inquiétudes et vaincre enfin la résistance opiniâtre de sir Robert Peel et du due de Wellington, et le mauvais vouloir du souverain. Au bill d’émancipation de 1829 en

faveur des catholiques devait heureusement succéder une ère d’adoucissement ; l'autorité de Wiseman, la conversion de Newman, le rétablissement de la hiérarchie romaine eurent pour effet d’apaiser et d’éteindre des méfiances imméritées et d'ouvrir l’âme anglaise À des sentiments moins âpres et plus justes à l'égard de l’Église catholique.

Cette mentalité nouvelle qui se développait en Angleterre ne pouvait avoir qu’une heureuse influence sur les relations des catholiques du Canada avec le cabinet anglais et avec les anglo-saxons qui venaient s'établir dans notre pays. Puis, l'union du Haut et du Bas-Canada, en mettant en rapport les chefs politiques des deux races ‘ontribua à élargir les idées malgré les vivacités des luttes de parti et à dévelcpner envers les Canadiensfrançais, dans le cœur d’hommes comme Robert Baldwin et John McDonald, des sentiments de sympathie qui leur furent d’un puissant secours dans la revendication des libertés politiques et pour l'établissement du gouvernement responsable. La province de Québec, devenue comme autonome par la constitution de 1867, put se mouvoir plus à l'aise et dans ses relations avec la minorité protestante, donner la mesure de son esprit de justice et de ce fair play britannique qu’elle ne fait pas seulement que proclamer, mais qu’elle exerce par principe et par générosité de cœur.

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