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tif à affirmer l'exactitude du procès-verbal tel que consigné aux archives.
“Dans ces circonstances, avec le respect dû aux membres de votre comité et à vous-même, je dois considérer comme exact le compte rendu écrit.
“Jai l'espoir que l’on considérera cet incident comme clos et que les rapports de courtoisie et d'amitié qui ont toujours existé entre les deux comités continueront comme par le passé.
Sincèrement à vous, (Signé :) Honoré MERrcirR.
Le Rév. Ezson J. Rexrorp,
Secrétaire du comité protestant du Conseil de l’Instruction publique.
Ce r- fut que huit années après l'incident que nous venons .: rappeler que le Conseil se réunit de nouveau, cette fois sous la présidence de l'honorable M. Boucher de La Bruère qui le 5 avril 1895, avait remplacé M. Ouimet comme Surintendant. La réunion eut lieu à l'occasion d’une loi que le gouvernement, dont M. Flynn était le chef, venait de faire adopter par la législature pour favoriser le développement de l'instruction dans les municipalités pauvres, aider les écoles établies dans les villes pour l’avantage des classes ouvières des villes et améliorer la condition des instituteurs. Par cette loi bienfaisante, le gouvernement était autorisé à disposer d’un million cinq cents mille acres de terre dont la vente pouvait permettre de former un capital suffisant pour donner un revenu annuel de soixante mille piastres. En attendant que le capital se trouvât formé, la loi prévoyait pour chaque année une allocation de cinquante mille piastres
que le surintendant emploierait d’après les instructions qu’il recevrait du gouvernement.
Certains amis de l'administration, particulièrement du conseil législatif, ne purent approuver cette disposition du projet de loi qui avait pour effet de restreindre les attributions du Conseil de l’Instruction publique. A leur avis, il aurait été plus conforme à l'esprit de notre législation scolaire de confier ia distribution du nouveau fonds aux comités catholique et protestant plutôt qu’à l’exécutif, car leur expérience du passé leur faisait bien prévoir que les influences politiques pourfaient, en certaines circonstances, s’exercer au détriment des véritables intérêts de l'instruction primaire. Dans la chambre haute, le gouvernement donna l’assurance qu’il laisserait à la discrétion des comités la répartition des cinquante mille piastres, mais il ne changea pas la rédaction du projet de loi, et plusieurs le regrettèrent.
Après la session de la législature, le ministère tenant compte des craintes et des regrets qui avaient été exprimés, informa le Surintendant de soi: ntention de ne pas dcnner effet à la loi nouvelle avant qu ie Conseil de l’Instruction ne lui eût fait connaître ses vues à ce sujet.
Le conseil se réunit en février 1897. Sur proposition du révérend M. Dunn et du juge Jetté, il iui exprima son désir de voir le gouvernement laisser aux deux comités le soin de disposer des cinquante mille pinstres pour les distribuer proportionnellement au chiffre de la population catholique et protestante. Sur vingt-cinq membres présents à la séance, il n’y eut qu’une voix dissidente, celle du juge François Langelier qui voulut s’en tenir à la lettre de la loi, étant d'opinion qu’il valait mieux que la distribution de la somme fût faite non par le Conseil, mais par le Surintendant conformément aux instructions du gouvernement. La motion Dunn fut adoptée par un vote
de vingt-quatre membres contre un, et cette quasi-unanimité montre combien l’on était convaincu de la nécessité qu’il y a d'établir une parfaite séparation entre la politique et l’Instruction publique.
Dans un chapitre subséquent nous verrons que le cabinet Flynn avait déjà affecté pour les fins recommandées par les comités une somme de 827 000 sur le fonds de $50 000, lorsqu'il prit un arrêté ministériel décrétant que la balance de 823 000 qui restait de l'allocation totale serait placée au crédit du Conseil pour les besoins ultérieurs des écoles. :
Étant donné le revenu plutôt restreint dont il pouvait disposer et aussi les embarras financiers de l’époque, le gouvernement s'était trouvé jusqu'alors dans l’impossibilité de subventionner largement les œuvres scolaires et de récompenser d’une manière convenable les mérites de ceux qui se dévouaient à l'instruction de la jeunesse. Cet accroissement de subsides, sans être très considérable le fut assez cependant, eu égard aux circonstances, pour donner au progrès de l'éducation une impulsion nouvelle dont les bons effets se manifestèrent presque immédiatement. On peut même dire que la loi Flynn a été comme la source d’où jaillit l’activité qui n’a cessé depuis. de se manifester dans le doniaine de notre régime scolaire et qui s’augmente même en proportion des sommes inscrites au budget, chaque année, par la législature.
Peu de semaines après l'initiative dont nous venons de parler, le ministère conservateur ayant été défait aux élections générales et remplacé par le cabinet de M. Marchand, celui-ci annula aussitôt le décret du gouvernement précédent pour remettre sous son contrôle la distribution des deniers provenant du fonds créé par M.
* Arrêté ministériel du 20 mai 1897.
Flynn. Aïinsi triompha l'opinion de M. Langelier à l’encontre du désir officiellement exprimé par les autres membres du Conseil. :
Incontestablement cette action du gouvernement Marchand répondait bien aux idées de la nouvelle administration, car quelques hommes politiques n'aiment guère laisser aux deux comités le rôle de répartiteur des fonds scolaires. Plutôt favorables à l'établissement d’un ministère de l’Instruction publique qu’au maintien du présent système administratif, ils cherchèrent à restreindre la sphère d’action du Conseil, afin, dans les intérêts du patronage et de l'influence politique, de laisser au gouvernement une plus entière liberté. Cette tendance à l’usurpation des attributions des comités se fait voir au reste assez ouvertement et la distribution d’une fraction assez importante de la somme destinée à l’éducation échappe à leur action directe. Ainsi le veulent, con-
trairement à l’esprit de la loi scolaire, les exigeances des intérêts électoraux.
Depuis 1897, le conseil de l’Instruction publique ne s’est réuni qu’une fois, en septembre 1908, pour prendre en considération des amender ::nts à la loi des écoles que le comité protestant désirait faire adopter. Après une délibération et une discussion très courtoise, les membres catholiques acceptèrent les changements proposés et, à la session de 1909, le gouvernement obtint de la législature que la loi scolaire fût modifiée dans le sens désiré.
1 Arrêté ministériel du 30 juin 1897.