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joiix , une riche argenterie , il faiulrait mettre tous ces objets en sûreté. Ils deviendraient une ressource pour vous ou plutôt pour lui.
— Je ne pense pas , dit Camille , que ce soit un acte qui manque de probité.
— Il n'est aucun des créanciers de votre mari , qui le sachant ose s'en plaindre : toute humanité n'est pas morte au cœur des hommes... Et peut-être, ajouta le conseiller d'état d'une voix émue, aurez-vous k reconnaître qu'il vous reste plus d'amis que vous ne pensez, et de plus dévoués.
— Je sais que madame de Brémont, répondit Camille, est revenue de ses préventions contre moi, peut-être aussi, mon oncle Launay.
Camisard détourna les yeux d'un air embarrassé. Camille lui dit en souriant amèrement :
— Me trompé -je , monsieur , et l'un et l'autre sont-ils de ceux que je dois effacer du nombre de mes espérances?. . . dites. . . dites sans
crainte, monsieur : à l'heure où je suis, il faut que je sache sur quoi et sur qui je peux compter.
— Hélas! madame, fit Camisard , le cœur humain a de tristes secrets... Certes, madame de Brémont est un modèle de bienfaisance et de vertu; mais peut-être peut-on craindre que, trompée par votre mari dont la fuite la menace d'une perte de plus de quatre cent mille francs , elle ne fasse rejaillir sur vous , bien injustement sans doute, un peu de la colère qu'elle en éprouve , et je n'oserais vous affirmer que son accueil —
— C'est bien ! dit Camille , n'y pensons plus. Je suis sortie, monsieur, d'une classe que j'ai trop oubliée , mais où la famille est restée sainte , et la générosité facile parce qu'elle n'est pas calculée. Le frère de ma mère que j'ai négligé dans ma fortune recevra peutêtre sa nièce dans sa misère.
— Hélas! madame , reprit encore Camisard d'un ton qui paraissait si sincèrement peiné
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que Camille cri fut presque émue malgré sa fatale et sombre résignatiosi , j'aime à croire qu'il eût oublié plutôt que madame de Brémont, que M. de Lubois l'avait aussi ruiné ; mais il a eu cette consolation , du moins, de croire laisser une fortune à son fils.
— Il est mort ! s'écria Camille ; mon pauvre oncle... que j'ai ruiné, moi... car j'ai été complice de cette infamie...
Camisard se pinça les lèvres avec dépit :
— De ce vol , ajouta Camille en le regardant.
Camisard se remit comme s'il était parfaitement étranger au reproche de Camille , et lui dit :
— Et malheureusement vous en êtes responsable; sur une espérance alors bien fondée vous avez pris des engagemens —
— Que je ne puis tenir.
— Mais pour lesquels vous pourrez prendre tels arrangemens qui vous libéreraient plus
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aisément que vous ne croyez , si vous daigniez confier le soin de vos afifaires à un homme qui fut votre ami.
— A vous , peut-être? dit Camille.
— A moi, répondit Camisard, si vous vouliez comprendre , en rappelant vos souvenirs , qu'il y a eu toujours en mon cœur un dévouement dont la cause a dû se taire, et ne parlera jamais, à moins que vous ne le permettiez.
— Comme je refuse le dévouement, dit froidement Camille , la cause m'en devient assez indifférente pour que je veuille l'ignorer.
Camisard répondit par un sourire qui semblait dire : — Nous verrons.
C'était le mol prononcé à haute voix par Césarine et accompli par elle dans tout ce qu'elle pouvait de mal. Ce mot , le conseiller d'état venait de le prononcer à son tour , et certes, quoiqu'il ne l'eût pas dit tout haut , il se proposait de le mieux tenir encore , que Césarine n'avait pu le faire. Camisard sortit, et Camille demeura seule.