‹ Le conseiller d'état (volume 2)Chapitre 37 sur 41 · A MONSIEUR MAURICE LAMBERT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR MAURICE LAMBERT

V Monsieur ,

K Depuis le jour où vous m'avez donné asile, « voici les seuls mots qui m'aient parlé de « vous : « Madame , j'ai puni votre amant. » « Vous devinez qui a pu me les écrire. Plus « tard , des informations prises à votre porte , « m'ont appris que vous étiez hors de danger, « c'est tout ce que je sais , tout ce que j'ai « voulu savoir. Deux fois vous avez bravé la " mort pour moi : c'est trop pour une femme if qui ne peut vous en être reconnaissante. f< Cependant c'est assez pour me prouver que

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'< VOUS êtes de ces hommes qui osent faire *( ce qu'ils croient un devoir. 11 vous en reste « un à accomplir , c'est de consoler Alicia

« de ma mort elle vous aime... aimez- la.

« Tout ce qui peut flatter l'orgueil d'un « homme, elle le possède j tout ce qu'une àme « comme la vôtre peut exiger de dévouement (( et d'amour, elle vous le donnera. Si vous (f m'avez aimée, et je le crois, ce n'a été qu'une «f erreur de votre générosité ; vous m'avez le « premier appris le malheur qui me trap-^ « pait, et qu'un accident pouvait me révéler « a chaque minute , et vous vous êtes voué à « le réparer, comme si vous l'aviez causé. « C'est en quoi vous m'avez aimée. Du re- « pentir et de la pitié, voilà tout. Regardez « hien dans votre cœur, vous verrez que je « vous dis vrai. Eh bien ! s'il en est ainsi, acf( cordez-moi la réparation que je vous de- <( mande a l'heure de ma mort, tenez les sertf mens que vous avez faits à Alicia... j'ignore « ce qu'ils sont, mais elle y comptait, voilà tout

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T ce que je sais. Je ne vous trace pas une règle « de conduite , je ne vous dis pas épousez-la ; « en vérité , au moment oii je suis , je ne sais * si le bonheur est dans raccomplissement de « ce que le monde appelle une légitime union. « Vous êtes dotés tous deux d'une indépen- <f dance de position et d'idées qui peuvent vous <f faire braver les coups auxquels je succombe. . . « Faites ce qu'elle voudra... je vous en prie. « Sincèrement, je vous le jure, elle vous aime « autant que je vous aimais... c'est ma sœur « d'àme et de pensée... je sais tout ce qu'elle i< pourra pour vous, j'en juge par moi... Re- « cevez ses sermens par ma bouche , vous y « croirez; accueillez sa prière que je vous fais, « elle vous deviendra sainte... aimez -la et « pleurez-moi... pleurez-moi... je vous aurais « tant aimé, moi aussi... Qu'importe, sauvez « ma sœur, sauvez mon Alicia... Je suis assise « par terre pour vous écrire ceci , je v;iis me « mettre à genoux pour prier Dieu que vous f< m'exaucic/.

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