I.G C03ISEiri.ER D'ET'IT
Un instant après, Camille était sur ses genoux, et penchée en avant, appuyée sur ses mains, elle soufflait le charbon qu'elle avait arrangé dans son réchaud. Sa porte s'ouvrit; Alicia entra.
nmttif.
Camille se redressa au bruit que fit Alicia , et demeura immobile à la regarder.
Il y eut un moment de silence.
— Pourquoi es-tu venue? lui dit-elle froidement.
354 CONSEirrER D'ÉTAT.
— Pour le parler, répondit Alicia avec la même froideur. Je savais que tu voulais mourir, et avant que lu meures, j'ai quelque chose à te dire.
Elles se regardèrent toutes deux , toutes deux pâles et résolues, sans larmes dans les yeux , ni sanglots dans la voix , froides de cœur et de corps comme le mourant qui touche à la tombe.
— Comment es-tu entrée? dit Camille.
— J'ai fait forcer ta porte.
— Pourquoi n'as-tu pas sonné?
— Parce que tu étais femme à te précipiter par ta fenêlre et à te briser sur le pavé, si tu avais été avertie qu'on venait te sauver.
— Tu as donc bien compris qu'il faut que je meure? Pourquoi donc es-tu venue? — Toujours , reprit Camille en se relevant , faut-il que toujours il me vienne plus de douleurs que je n'en ai comptées ! Est-ce que tu espères me sauver?
— Je sais trop qu'il n'y a aucun moyen de