SUR LA LIBERTÉ DES CULTES
à propos de la loi sur l'oliservatiou forcée du diuiauclie.
Si ce n'était ici qu'une question d'opinion, je ne prendrais pas la peine de la traiter. Peu importe que les opinions s'égarent, s'exagèrent, se passionnent môme avec plus ou moins d'excès pendant ces périodes agitées de la vie des peui^les qu'on appelle des révolutions ou des réactions. Il faut savoir subir ces oscillations naturelles de l'esprit humain sans se plaindre, sans s'irriter, et souvent même avec l'indifférence, avec la patience de la résignation et avec la dignité du silence.
Mais ceci est bien autre chose qu'une opinion, c'est la conscience de chacun de nous tout entière; c'est la conscience d'une nation qui a combattu un siècle et demi pour l'indépendance de la foi et de la raison; c'est la conscience de la révolution
110 LE COxNSEILLER DU PEUPLE,
française imprudemment et fanatiquement offensée , blessée, défiée par des doctrines en matière de liberté religieuse qui refouleraient nos principes consacrés depuis 89 jusqu'aux adultères les plus simoniaques et les plus impies entre l'Etal et 'Eglise, entre la loi et la foi, entre le juge et le fidèle, entre le bourreau et le croyant! en un mot jusqu'à l'unité obligatoire du culte maintenu sur la force.
C'est le sentiment, c'est le devoir, c'est le cri de cette conscience offensée, souffrante, menacée d'asservissement daas les hommes les plus religieux du temps qui m'engage à discuter aujourd'hui cette question avec mes lecteurs.
Peu m'importent les injures ; ce n'est pas à un homme qu'on répond de ses actes et de ses paroles dans de semblables polémiques.