POST-SCRIPTUM
28 janvier au soir.
La Coalition l'a emporté. Le ministère a été obligé de se retirer devant les votes contradictoires mais réunis des amis de M. TIvers et des républicains de défiance. Le Pouvoir exécutif a vainement ciiercbé un autre ministère. Dans Fimpossibilité d'eu trouver un dans l'Assemblée, il a fallu, pour l'expédition des affaires, nommer un ministère ncutr^e pris en dehors de l'Assemblée. Ce ministère est composé d'iiommes capables, pris parmi les hommes d'éhte des diverses administrations. Ces hommes de mérite et de motîestie se sont dévoués à ce rôle ingrat mais nécessaire. Les honnêtes gens leur en sauront gré.
Le Président de la Répubhque a adressé le Message suivant à l'Assemblée en iui annonçant, en termes très mesurés et très concihauts, ce ministère :
« Paris, 2/4 janvier 1851.
A M. le Président de C Assemblée nationale législative,
« Monsieur le président ,
;> L'opinion publique, confiante dans la sagesse de l'Assemblée et du gou- » vernement, ne s'est pas émue des derniers incidents, ^'éanmo:ns la France » commence à souOrir d'un désaccord qu'elle déplore. ]\Ion devoir est de » faire ce qui dépendra de moi pour en prévenir les résultais fùcbcux.
» L'union des deux pouvoirs est indispensa])le au repos du pays ; mais. » comme la Constitutio;i les a rendus indépendants , la seule condition de » cette union est une confiance réciproque.
n Pénétré de ce senlinicnt, je respecterai toujours les (uoits de TAsscm- » b!ée, en raaiiuenant intactes les prérojialivesque je tiensdu peuple.
» Pour ne point prolonger une dissidence pénible, j'ai accepté , après !e » vote récent de TAssemblée, la démission d'un ministère qui avait donné n au pays, à la cause de l'ordre des gages éclatants de son dévouement.
» Voulant toutefois reformer un cabinet avec des chances de durée, je ne » pouvais prendre ces éléments dans une majorité née de circonstances n exceptionnelles, et je me suis vu, h regret, dans i"impossll)ilité de trouver » une combinaison parmi les membres de la minorité , malgré son impor- » tance.
» Dans cette conjoncture, et après de vaines tentatives , je me suis résolu » à former un minisicre de transition, composé d liomines spéciaux , n'ap- » partenant à aucune fraction de l'Assemblée, et décidés à se livrer aux aiîai- » res sans préoccupation de parti. Les hommes honorables qui acceptent » celte tâche patriotique auront des droits à la reconnaissance du pays.
» L'administration continuera donc comme par le passé. Les préventions » se dissiperont au souvenir des déclarations solennelles du Message du l'2 )) !!0vembre. La majorité réelle se reconstituera. L'harmonie sera rétablie » sans que les deux pouvoirs aient rien sacridé de la dignité qui fait leur » force.
» La France veut avant tout le repos, elle al tend de ceux qu'elle a investis » de sa confiance une conciliation sans faiblesse, une fermeté calme, Tim- » passibilité dans le droit.
« Agréez, monsieur le président, l'assurance de mes sentiments de haute » estime.