LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE
Cela vous paraît sage, n'est-ce pas? Mais ne vous fiez pas au\ apparences ! Dès que la Coalition a connu la nomination de ce ministère et ce Message, elle a éclaté de nouveau en murmures et en accusations de déloyauté contre le Président. Elle a prétendu que le Président avait joué la comédie en feignant pendant six jours de chercher un ministère dans l'Assemblée. Elle a dit qu'il voulait humilier cette Assemblée en lui envoyant un ministère personnel, neutre, extra-parlementaire, afin de la punir et de la nétrir. Elle a annoncé et demandé de nouvelles interpellations, comme s'il n'y avait pas assez de bruit et d'agitation et de suspension d'aiTaircs depuis quinze jours! .,
Elle s'est accordé ce nouveau plaisir.
La Coalition a donc dit aux nouveaux ministres : Qui êtcs-vcus? où nous menez-vous? doù venez-vous?
Hélas ! si les nouveaux ministres n'avaient pas eu les lèvres closes par la convenance et par le patriotisme, ils pouvaient répondre aux coalisés du parlement gauche et droite : Nous venons de votre folie! et vous nous accusez des impossibilités que vous avez créées vousmêmes.
in.
Et en effet ceci est une affaire de bonne foi : où voulez vous cui^. le Président de la République prenne un ministère et une majorité
après une Coalition qui a pulvérisé les partis organisés dans l'Assemblée ?
Sera-ce à droite? Mais vous l'avez détruite cette majorité en la séparant du Pouvoir exécutif attaqué et accusé par vous? La moitié de votre majorité n'a pas voulu vous suivre dans une révolution d'étourdis : elle a passé dans les 286; ces hommes raisonnables qui ont refusé comme moi de renverser un gouvernement pour vous complaire.
Sera-ce dans ces 286 représentants? Mais pirmi ces 286 il y en a autant de gauche que de droite ; ils ont eu la même sagesse dans le péril de la patrie, mais ils n'ont pas les mêmes opinions sur la poUtique courante. Ainsi moi, par exemple, je veux restituer le suffrage universel régularisé, mais entier, à la RépubUque, et plusieurs des 286 ont voté la loi du 31 mai.
Sera-ce dans la gauche? Ne voyez-vous pas que cette majorité des coalisés de la gauche est une majorité prêtée aux amis de 51. Thiers pour refuser ensemble et dans un même vote leur concours. Mais une fois celte offense faite en commun au Pouvoir exécutif, la majorité apparente de la gauche coalisée n'existe plus. Le général Cavaignac et ses amis ne peuvent pas offrir des ministères à M. ïhiers et aux ministres de la maison d'Orléans !
Vous avez donc créé l'impossibilité de gouverner, et vous accusez le Pouvoir exécutif de l'impossibilité que vous lui avez faite ! Ce n'est pas seulement ici injustice, c'est dérision; la dérision même n'est pas française, elle est judaïque, elle est cruelle^ elle crie iniquité.
Aussi Topinion qui a une conscience; ne s'y trompe pas, et elle vous bl^me !
La France vous blâme, elle vous abandonne et elle vous repousse avec tant de force et tant d'unanimité que vous n'avez pas osé hier pousser la campagne de l'agitation plus loin, et que vous avez laissé tomber vos secondes inierpcUaiions sans les soutenir. Après avoir voté le feu, vous avez voté l'eau froide pour l'éteindre, vous avez voté la clôture contre vos propres amis. Hélas! il était trop tard, le feuavait pris.
Un seul républicain a bien parlé dans tout ceci : c'est M. Mathieu de laDrôme, hier. Kous le blâmons quand il s'égare dans les détours bordés d'abîmes d'un socialisme dangereux et impraticable , mais cette fois il a marché ferme et droit aux vrais ennemis de la République, sans se laisser intimider ni dévier par la coalition des républicains fourvoyés avec les orléanistes dans une impasse où ils n'auraient jamais dû mettre le pied. L'orateur de la haute gauche a été sensé, nerveux, courageux, cloquent; j'ai reconnu l'accent de la vraie République. Ce n'étaient pas là ces compromis avec soi-même , ces écheveaux embrouillés de circonlocutions, ces précautions oratoires d'une heure , ces remords d'opinion délayés en discours qui nous avaient affligés dans la bouche des républicains mal engagés. La netteté do
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l'opinion donne de la lumière k la parole. M. Mathieu de la Drûnie a clé cette fois un homme politique.
En résumé, que résulle-t il de cette triste campagne de la coalition de 1851?
Il en résulte ceci :
Le pays troublé pendant un mois.
Les affaires suspendues.
L'inquiétude jetée par les ennemis de la République et par ses aveugles amis sur la durée de nos institutions, les seules possibles.
Le Pouvoir exécutif, menacé, outragé et grandi hors de proportion par les imprudents qui ne connaissent' pas toute la popularité que donne une injustice î
La majorité, coupée, ressoudée , pleine de ressentiments contre elle-même et prête à se briser de nouveau au premier mouvement.
L'ordre moins assuré puisque la base chancelle.
Les républicains divisés aussi par l'impéritie de ceux d'entre eux qui ont donné dans le piège des agitateurs de la majorité royaliste. Eu sapant^ autant qu'il était en eux, le Pouvoir exécutif, ces républicains-là ont diminué de moitié de sa force la Constitution et la UépubUque elle-même. Par répulsion contre un nom d'homme, ils ruinent une institutiou !...
Un ministère pris en dehors de l'Assemblée, c'est à dire émanant moins de la souveraineié représentative.
L'Assemblée elle-même un peu affaibUe et beaucoup dépopularisée par une agression imp'olitique suivie de faiblesse.
Résultat net : Abaissement pour tous les parlis devant la I?rance, et pour la France elle-même devant l'Europe.
Jouez maintenant le jeu de vos ennemis! Confondez vos boules avec les boules de ceux qui votent votre perte ! Recommencez les coalitions!...
Eh bien ! vous les recommencerez une fois, deux fois, trois fois! c'est moi qui vous le dis. Quand une assemblée a fait un seul jour une coalition, elle ne s'appartient plus, sachez-le bien; elle appartient au hasard; elle appartient au veytige; elle est atteinte l\ mort, quoiqu'elle dure encore. Les tronçons s'agitent sans pouvoir se renouer. Il n'y a plus de corps, il n'y a que des fractions. Il n'y a plus dévie, il n'y a que des convulsions. A'^ous l'avez voulu !.«. SJaisle peuple est sage et le pays est sain. Le Pouvoir exécutif, nous l'espérons, démentira vos accusations par sa fidélité à la République et par sa probité.
Rien n'est perdu!
LAMARTINE
Représentant du peuple.
L'un des Propriétaires^ J. Mirés.
LE
S'augge taetB<|ue d'une coalition iiat>lententaii*e contre le Pouvoir exécutif*
Je vous disais il y a peu de jours : « De fiez -vous de la coa- ■ fdion. )) (1)
Je vous le répète aujourd'hui.
Ceux qui me lisent depuis trois années dans cette feuille savent cependant que je ne suis pas un alannîste. Je n'ai pas cessé jusqu'ici de prêcher au peuple la confiance, l'espérance, la patience, la sécurité, tous les sentiments qui pacifient, qui rallient, qui concilient, qui dissipent les soupçons, qui écartent
(1) En faisant dans notre dernier numéro l'histoire des coalitions qui s'anisscnt pour détruire un gouvernement, nous avons cité le nom de M. Hyde de Neuville ancien ministre de la Restauration. Nous ne voulions, pas faire cîîtendre par là que ce caractère chevaleresque et libéral à la fois ait jamais eu d'autre pensée que celle de sauver la monarchie de Charles X en nlsistant aux erreurs qui la conduisaient à sa perte. M. Hyde de Neuville a Aionné trop dégages de son dévouement à ses souverains pour qu'on le jus- ^iî>e jamais d'une infidélité de cœur.
les ombrages mutuels, qui font tendre la main à la main, qui ouvrent es cœurs, qui inspirent le pardon, la bienveillance, la concorde,l a bonne volonté réciproque à tous les citoyens. Les hommes se sont moqués de moi à cause de cette disposition à la confiance ; ils m'ont appelé optimiste^ c'est à dire crédule et naïf! mais ma conscience et Dieu m'ont consolé. Inspirer la défiance et la colère aux citoyens dans les temps où l'union peut seule les sauver, c'est un mauvais acte; je dis plus, c'est une exécrable politique. 11 y a assez de bouches envenimées et assez de journaux agitateurs pour vous souffler les ombrages, les calomnies, les discordes, les accusations, les vertiges contre vos pouvoirs républicains : à chacun son rôle. Les vipères font du poison, et les abeilles font du miel. Les soupçons et les haines sont le poison des peuples. Laissons pétrir ce venin à d'autres.
Mais s'il ne faut pas, comme ces journaux et ces partis, réveiller sans cesse la République en sursaut en lui disant : « Prends garde, ne dors pas, ne travaille pas, ne vends pas, « n'achète pas, ne sème pas, ne moissonne pas ; voilà ton pou- <( voir exécutif qui conspire ! Voilà ton Président qui usurpe ! « voilà ton premier magistrat qui trahit ! voilà un |nom qui c gronde l'empire ! voilà un mot ambigu dans un discours ! (t voilà un geste suspect dans l'attitude d'un héritier de César! « voilà un cri mal sonnant sorti de la bouche d'un vétéran en <i voyant un profil napoléonien! voilà un sabre, un uniforme, « un dîner, une revue, un coup d'état! Que sais-je? » Il ne faut pas non plus endormir la République sur des dangers d'une autre espèce ; il ne faut pas que sous prétexte de surveiller YEmpire, le vieil empire posthume et impossible, l'empire lisible en 1852, il ne faut pas que le parti mal inspiré des républicains , uni par je ne sais quelle passion commune
avec le parti des agitateurs parlementaires, perde le peuple; la patrie, la société pour satisfaire ses ombrages ou pour assouvir son monopole de domination sur la République ! Il ne faut pas que ce parti substitue ses insatiables intérêts d'importance exclusive à l'intérêt de la nation ! Il ne faut pas qu'il se fasse le levier systématique de la division entre les deux pouvoirs ! Il ne faut pas que ce petit schisme puisse servir tour à tour tantôt les orléanistes, tantôt les démagogues, tantôt ceux-ci, tantôt ceux-là, toujours les ennemis de la concorde et de raffermissement des institutions! Il ne faut pas que, sous couleur de craindre l'Empire, il précipite la France dans une troisième anarchie.
Assez d'anarchie comme cela pour un demi-siècle! La République des honnêtes gens nous en a sauvés, restons-y et améliorons-la. Quant à moi le seul service que je puisse rendre encore à cette République, c'est de la défendre contre les agitations malfaisantes de ce petit groupe de despotes de la République. Ils ne comptent pas par le nombre, car ils ne sont pas dix dans leur bureau d'opinion ! Ils ne comptent pas par l'éclat, car ils n'ont pas produit un homme d'état ! Ils ne comptent pas par la polémique, car ils tranchent d'un mot les raisons ; ils ne comptent pas par les idées, car ils proscrivent la discussion et ils invoquent le bâillon sur les lèvres!... Ils ne comptent pas par le prestige, car on les a vus au pouvoir autour du second gouvernement de la République, hélas ! et qu'a-t-on vu de grand ? si ce n'est la perte en quinze jours de la grande situation que la République française avait prise au dehors?., la suppression de toutes les libertés sous un arbitraire de famille? leurs candidatures à la présidence si mal menées et si antipathiques par la forme à la susceptibilité publique qu'il en est sorti sous leurs auspices malheureux, quoi? lacan-
didature d'un prince! précisément ce qu'ils appellent, eux, Y empire !
Voilà ce que nous leur devons à eux, et ils nous reprochent à nous leur ouvrage ?... Un gouvernement sans vues! une politique à tâtons !.. Le beau titre pour se faire aujourd'hui les puritains de la République!... eux! qui n'ont su que conseiller, le jour de leur avènement, l'emprisonnement de leur collègue éminent en journalisme, M. deGirardin! eux! qui ont rivé le premier écrou de la liberté de la presse!...
Mais si cette école rogue et intolérante du journalisme dénigrant ne compte ni par le nombre , ni par le génie , ni par la discussion, ni par la presse, ni par la modestie, ni par l'abnégation, ni par la magnanimité, ce signe des hommes d'état , elle compte par l'importance, cette fausse grandeur de l'infériorité ! elle compte par la personnalité, cette contre-épreuve de la faiblesse ; elle compte par le dénigrement, cette passion de l'insuffisance ! elle compte par les alliances qu'elle noue avec tout ce qui la sert ; elle multiplie par le mouvement j^erpétuel et par les voltefaces de ses tactiques le nombre qui lui manque et l'autorité qu'elle voudrait avoir !
Eh bien , voilà ces puritains de la République dont il faut combattre les inspirations et le despotisme aujourd'hui en 8' exposant sans masque et la poitrine découverte à leurs coups pour sauver les institutions en danger.
Ils ne sont pas dix, nous dit-on, que voulez-vous qu'ils fassent? Mais les Girondins n'étaient pas dix, et ils ont perdu la République en la divisant ! mais les Terroristes n'étaient pas dix, et ils ont déshonoré la révolution en l'ensanglantant ! mais les conspirateurs orléanistes n'étaient pas dix, et ils ont perdu la monarchie de la Restauration en l'irritant jusqu'à la démence ! mais les Doctrinaires n'étaient pas dix, et ils ont perdu la monarchie de Juillet en se coalisant avec les Radicaux de la Chambre ! Qu'importe que la petite clientelle du National soit composée de dix ou de cent, si les Républicains
trompés ou intimidés la suivent dans une tactique funeste à la démocratie et au pays, et s'ils mènent la République au piège derrière eux? Que la République soit perdue par un, par dix ou par cent, en serait-elle moins perdue ? Et la nation en retombera-t-elle moins dans un abîme de révolutions sans issue?
Eh bien! oui, la République est dans un de ces dangers non encore apparents, mais suprêmes, qui forcent les hommes les plus muets, comme le fils de Crésus, à qui le danger de son père délie la langue, à parler, à désigner^ à accuser ! Le danger vient tout entier de la fausse manœuvre de ces hommes, il faut le leur dire en face. Nous avons fait tous les sacrifices de personnalité à la paix ; mais la guerre maintenant, puisqu'ils la veulent!... La guerre, puisqu'ils la font à la concorde!... la guerre, puisqu'ils disent guerre à tout ce qui n'est pas eux!... la guerre, puisqu'il n'y a plus de réticence ni de paix possible avec une si aveugle et si incorrigible opinion. Je dirai à cette faction de la République ce que Phocion disait à Antipater : « Je ne puis pas être à la fois ton flatteur et ton ami ! »
Oui, ce sont ces huit ou dix hommes qui font en ce moment tout le mal.
Qu'importe, en effet, que les dynasties de première, seconde et troisième races pétitionnent l'empire, la royauté traditionnelle, ou la royauté usurpée dans des programmes confidentiels ou publics, communiqués à la France par leurs correspondants à Paris? On parle de lettres arrivant ou devant arriver des divers conseils des prétendants à la couronne ? Depuis quand brigue-t-on un trône par correspondance et par fondés de pouvoir. Rendez grâces au bon esprit de la Répubhque, (^ui permet qu'on le brigue ainsi et qui défend qu'on le brigue
S'i LE CONSEILLER DU PEUPLE,
autrement? Quel progrès de tolérance et de bon sens public qu'un gouvernement qui permet à toutes les royautés écartées du trône de tendre la main par-dessus les frontières à la souveraineté de raison et de discussion du suffrage universel, de lui rendre hommage par cette reconnaissance tacite de sa toute -puissance , et de lui dire : «Examinez mes titres, (( voyez ma date, écoutez mes patrons, prêtez l'oreille à mes « orateurs, jugez ma cause, admettez ou rejetez mes préten- H tions et mes doctrines. »
Cela ne rappelle-t-il pas tout à fait les rois de Poiit ou de Bythinie venant ou envoyant plaider leur cause devant le sénat de Rome, dont ils se faisaient les clients, et demandant le trône par la voix d'Hortensius ou de Cicéron? Je me trompe, cela est bien plus beau et bien autrement généreux de la part de la République ; car ce trône que les prétendants sollicitent ainsi du suffrage universel de la France, c'est le trône même de la Fiance ! On l'estime assez cette souveraineté nationale pour lui dire à elle-même : « découronne-toi pour me couronner. »
Voilà du nouveau en civilisation et en liberté. 11 y a dix ans on aurait insulté, emprisonné, persécuté de pareils actes et de pareils pétionnaires ; aujourd'hui on lit, sans se troubler, ces messages de l'exil, qui seront bientôt, nous l'espérons, datés de France. On les loue, on les discute, on applaudit leurs orateurs. Le suffrage universel se sent si fort et si sûr de son droit qu'il ne se fâche de rien. Gloire au temps!
Oui, des regrets, des respects, desrapatriations à leur heure, des fortunes immenses et inviolables sur le sol, tout ce qu'ils voudront, tout ce que la France bien inspirée doit vouloir; mais des trônes, non! ils engloutissent.
Et qi;el danger y a-t-il même dans ces fusions des deux dynasiies t^ont on ne cesse de nous entretenir comme de la vie-
toire suprême selon les uns, comme de la catastrophe finale selon les autres ? Elle ne s'accomplira jamais cette fusion, car les dynasties ne s'amnistient jamais les unes les autres quand il y a un trône entre elles dans le passé et quand il y a, en remontant plus haut, le ressentiment de deux révolutions qui les sépare. Mais quand bien même cette fusion s'accomplirait pour un jour, et quand les deux dynasties confondraient leurs prétentions pour traiter de nous saiis nous et contre nous plus à l'aise, qu'en résulterait-il? Ce pacte de famille leur donnerait-il un droit ou un partisan de plus? Voulez-vous que je vous dise la vérité ? Eh bien ! non, cela diminuerait au contraire la force de chacune de ces deux dynasties séparées ; car les partisans de la légitimité pure et incorruptible ne lui pardonneraient pas de bon cœur ce commerce de droit et ce trafic de trône avec cette illégitimité, cette usurpation, cette révolution de 1792 et cette révolution de Juillet qu'ils ont appris à détester, à incriminer et à maudire en naissant ; le pacte de famille ne serait pas plus tôt conclu à l'étranger entre les princes qu'il serait contesté, exécré, maudit et lacéré à l'intérieur par les partisans jaloux, scandalisés et ombrageux des deux familles! Montrez-moi un pareil traité de paix dans l'histoire 1 La nature proteste, et les cœurs ne ratifient pas.
D'un autre côté, la royauté d'usurpation et d'illégitimité dans la maison d'Orléans perdrait à cette fusion son seul titre. C'est la royauté révolutionnaire ! c'est la royauté solidaire de 1792 et de 18301 ôtez-lui ces deux titres, qu'est-ce qui lui reste? Le jour où elle abdique la révolution, elle abdique son droit au trône et ses titres populaires à la faveur des ennemis de la légitimité! En revenant sous le drapeau de la branche aînée elle revient contrite, humiliée, repentante, dé-
popularisée, subalternisée pour un trône! elle a perdu son prestige et son pavois. Elle participe à l'impopularit'^ d'un principe et d'un entourage qui ont fait tomber trois fois la Restauration légitime.
Ces grands négociateurs de fusion croient fortifier les deux principes en les amalgamant: ils les neutralisent l'un par l'autre, voilà tout. Chacun des deux est plus fort de sa propre nature. Dormez en repos sur ces fusions ; elles n'ajoutent rien au danger.