‹ Le Conseiller du peuple (volume 2)Chapitre 98 sur 103 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

La destitution du président par l'Assemblée?

C'est tout simplement le renversement de la Constitution républicaine actuelle. Constitution où le pouvoir exécutif a été sagement séparé du pouvoir législatif. Constitution tempérée et pondérée comme un gouvernement, et non violente et immodérée comme une révolution. Ce serait le retour à la Convention. Ce serait, de plus, le détrônement du peuple par l'Assemblée ; car la Constitution, en cela vérita-

blement et fortement populaire , a dit au peuple : « Vous avez, sous la République, deux forces à faire j» sortir de vous, pour vous gouverner : la pensée et » Faction.

» La pensée, c'est votre Assemblée nationale. » L'action , c'est votre pouvoir exécutif : le prési- » dent.

» Vous les nommerez directement l'un et l'autre , » de peur que l'un des deux ne se prétende plus » national et plus omnipotent que l'autre. »

Et ainsi a été donnée au peuple la nomination du président.

Que deviendrait cette nomination, cette volonté personnifiée du peuple dans le président, si l'Assemblée nationale s'attribuait le droit de destituer le président? Ce serait bien pis que le veto de Louis XVI, usurpé contre la souveraineté du peuple par l'Assemblée législative; ce serait la volonté personnifiée du peuple nommé par la nation pour être le jouet de l'xVssemblée. Votre République à deux pouvoirs n'en aurait plus qu'un, et ce pouvoir serait la tyrannie parlementaire. Elle appellerait en six mois un autre Cromwell.

Page 1