‹ Le conseiller du peuple, journalChapitre 17 sur 40 · I.B CONSfilLLia DU flUPU · texte numérisé non relu

I.B CONSfilLLia DU flUPU

€6 mois sur Tétât de stnié 4a roi Loiiis*Piiilippc qae les joarnauz nn;;lnîs représentaient eonune désespM. MM. Tbiers, G«izot, de Broglic et quelques aneien» serf Heurs de la maison d^Or* léans HOiX allés , sous IMmprcssion de eeite mmvelle, rendre au roi qu*on disait mourant une ylsite suprême de fidélité et de re» eonnaissanee. On a touIu yeir dans eette asanifeslalion uo ren-> dcz-Tous d*intrigue$ et de eomplott eontre la république. De tels soupçons calomnient assurément eeux qu'ils attaquent. On ne conspire pas autour d^un lit de mort, on y prie, on y pleure ou on y eonsoic. L'aneien roi du reste 8*est relevé de Taffiiissement qui avait fait eraindre pour sf vie et il est en ee moment en pleine convalesocnee.

L'inauguration de rembraneberaent du ehemin fer du Nofd de Crcil h Saint-Quentin, a eu lieu le 9 juin* C'est une veine de plus rattachée è ce réseau de vie, de circulation et d'industrie, qui envelopperait bientôt la France entière, si la ligne de Paris à Lyon n'attendait encore sa soudure. Le président de la République assistait k eette féle industrielle; un passage de son discours aux ouvriers de 8aint-Quentin k soulevé dans la presse et dans le monde politique dos suseeptibiltiés et des émotions singulières* Le texte nous dispensera de rapporter les commentaires : Voici les paroles du Président.

» Je suis beureox de me trouver parmi vous, et je recherche avec plaisir ces occasions qui me mettent en contact avec le grand et géjiéreui peuple qui m'a élu. Car, voyez-vous mes amis les plus sincères, et les plus dévoués ne sont pas dans les palais , ib sont sous le chaume, lis ne sent pas sous les lambris dorés^ ils sont dans les atelim, sur les places publiques, dans les campagnes. •

Nous citerons encore le discours prononcé par le président de la République au banquet qui lui a été offOi par la vàle de Saint- Quentin :

« Messieurs,

» Si j'étais toujours libre d'accomplir ma volonté, je viendrais parmi vous sans faste, sans eérémenie* Je voudrais, inconnu, me mêler a vos travaux, comme à vos tètes, pour juger mieux par moi-même et de vos désirs et de vos sentiments i mais il me sem« ble que le sort met sans cesse une barrière entre vous et moi, et j'ai le regret de n'avoir jamais du être simple citoyen de mou pays.

» J'ai passé, vous le savez, six ans à quelques lieues de cette ville, mais des murs et des fossés me séparaient de vous ; aujourd'hui encore les devoirs d'une position officielle m'en éloignent. Aussi est-ce a peine si vous me connaisses, et sans cesse on cherche à dénaturer à vos yeux mes actes comme mes sentiments*

LS caMfSai.SA du P£WLB«

Par bonheur, le nom que je porte vous rassure^ et vous Mvez à quels hauts eiiseignemcnls j'ai puisé mes convictions.

» La mission que j'ai à remplir aujourd'hui n'est pas nouvelle; CD sait son origine et son but. Lorsqu'il y a quarante-huit ans, le premier consul vint en ces h'eux inaugurer le canal de Saint- Quentin, comme aujourd'hui je vi«as iuaugurcr le chemia de fer, il venait vous dire :

« Tranquilliscz*vous, les orages sont passés. Les grandes vérités de notre révolution, je les ferai triompher, mais je réprimerai avec une égale force les erreurs nouvelles et les préjugés anciens en ramenant la sécurité, en encourageant toutes les entreprises utiles. Je ferai naître de nouvelles industries, enrichir nos champs, améliorer le sort du Peuple. • 11 n*y a qu'à regarder autour de vous pour voir s'il a tenu parole.

■ Eh bien, encore aujourd'hui, ma lâche est la même, quoique plus facile. De la révolution , il faut prendre les bons iasliocU cL combattre hardiment les mauvais.

» Il faut enrichir le Peuple par toutes les institutions de prévoyance et d'assistance que la raison approuve , et bien le cou- Vûincre que l'ordre est la source première de prospérité.

»^ 3Iais l'ordre, pour moi, n'est pas un mot vide de sens que tout le monde interprète a sa façon ; pour moi, l'ordre c'est le maintien de ce qui a été librement élu et consenti par le Peuple. C'est la volonté nationale triomphante de toutes les factions.

» Courage donc, habitants de Saint-Quentin ! continuez à faire honneur à notre nation par vos produits industriels. Croyez à mes efforts et à ceux du gouvernement pour protéger vos entreprises et pour améliorer le sort des travailleurs. »

Les nouvelles de nos colonies sont désastreuses ; un nouveau sinistre est venu inffliger la Guadeloupe. La ville de la Poinle-h- Pilre, déjà visitée par tant de fléaux, a été ravagée le d2 mni par un horrible incendie; plus de GO maisons ont été consumées par les flammes. Le gouverneur général a cru devoir dans l'émotion et dans la ruine de cette catastrophe un péril de sécurité intérieure ] il a décrété l'état de siège de la Pointo-à-Pitre et suspendu la liberté de la presse.

V. Les journaux de Marseille du 22 juin annonçaient l'arrivée de M. de Lamartine dans cette ville et son embarquement sur VOronte^ à bord duquel il était parti la veille pour Constantinople. Nos lecteurs nous sauront gré de mettre sous leurs yeux le récit de l'accueil qu'a fait à rillustrc voyageur cette population de Marseille» qui lui a été de tout temps si hospitalière et si sympathique.

» JU, do Lamartine est arrive avant-hier à Marseille. L'kono*

L£ CONSBILLBE DU PEUPLS*

rable reprcsrntant se rend à Smyroe, où il va, diU)D, fonder, un vaste établissement agricole.

• Les membres de TAthenéc populaire lui ont élc présentes hier l*après-midi. Il ont exposé à M. de Lamartine le but et les tendances de la société littéraire et artistique, dont les efforts sont sartout dirigés vers Pinstruction populaire. L*illustre poète a accueilli ces explications avec des marques de sympathie et de bienveillance, et, a assuré les membres de TAthénée populaire de son dévouement à Tœuvre intellectuelle qu'ils ont entreprise et qu'ils poursuivent avec tant de persévérance.

• L*Athénée populaire a offert à M. de Lamartine le titre de membre honoraire, que Téloquent orateur a bien voulu accepter.

» M. de Lamartine était descendu à Thotel des Empereurs* il s*cst embarqué hier soir avec sa famille et ses amis sur le paque* bot de la compagnie Rostand » V Grotte » qui pari ce malin à 6 heures.

» Voici la lettre que M. de Lamartine a adressée au président

de TAthénée populaire :

• Monsieur, je n'avais pas besoin de rassumnce de souvenir que vous avez bien voulu m'apporter pour prendre un sincère et cordial intérêt à l'œuvre de moralisation populaire que vous avez créée. Quand on a ctc si souvent témoin, comme moi, des vertus et des égarements du peuple, on est de plus en plus convaincu qu'il n'y a qu'à lui montrer le bien pour qu'il s'y affectionne et à lui montrer le mal pour qu'il le prenne en dégoût et en horreur. La lumière est la conscience de l'esprit, notre belle et pieuse institution a pour but de la multiplier et de l'épurer en y élevant gratuitement Tcsprit des classes qui ne peuvent y atteindre à moins qu'on ne la leur donne.

» C'est la fraternité véritable des intelligences en action qui préparc celle des cœurs. A ce double tilre, monsieur le président, je suis heureux de vous offrir mon nom, pour être inscrit, d'intention au moins, sur la liste de vos adhérents; je vous remercie d'avoir permis qu'il fût ainsi encadré dans une bonne œuvre, et je VOUS prie d'en exprimer ma reconnaissance à vos collègues.

» Recevez, monsieur, Tassuranee de mes sentiments les plus distingués. LAMARTINE ,

n RepréseiUant du Peuple.

*) Marseille, le 20 juin 48î)0.

On lisait dans une autre lettre de Marseille , publiée par la Presse :

« Pendant que certains journaux de Paris dépeignent M. de Lanoline comme l'objet de rindifférencc ou de la répulsion

U GOlIftBILLSB DU PEUFLI

générale et oblige de fuir sa propre impopularité, nous venons d'clre témoin de tout autre chose. Il a passé dans notre ville la journée du 20. Aussitôt que le public à été informée de son arrivée, il n'a cessé de recevoir des visites des nombreux amis de toute classe et de toute opinion qu^il compte à Marseille plus que partout âilleurs.

tt Quand on a su qu'il devait s'embarquer dans la soirée, une masse considérable d'hommes de tous rangs s'est rassemblée spontanément dans la Cannebicre, sous les fenêtres de l'hôtel de? Empereurs; il a été obligé, pour se rendre au port, de fendre avec peine cette foule compacte de curieux et d'amis ; il a reçu, pondant tout le trajet, des marques du plus touchant intérêt. Il était accompagné de de Lamartine, de M. de Chamboraod et de M. Champeaux, ses deux compagnons de voyage.

» Ce n'est pas sans efforts que les voyageurs ont pu se faire jour à travers les flots du peuple et se jeter dans le canot de Ï^Orontc, Le quai était bordé de celte foule agitée de sentiments affectueux. Pas un cri ne s'est fait entendre. Un instinct remarquable semblait indiquer à cette foule qu'il ne fallait mêler au» cune manifestation politique h ce regret de voir éloigner un homme qui a rendu de si grands services méconnus à sou pays. Les gestes et les visages disaient seuls combien de vœux et de sympathies suivaient le voyageur et le rappelaient dans la patrie. »

VI. L'événement extérieur du mois est le retentissement du grand débat parlementaire qui vient d'agiîer et de passionner l'Angleterre. L'affaire grecque était le prétexte de cette lutte à outrance entre les tories et les whigs, entre le parti de la résistance et le parti du progrès ; mais cet étroit terrain s'est agrandi de lui-même aux proportions de la politique européenne. Lord Stanley avait proposé à la chambre des lords une motion de blâme énergique contre les mesures cocrcitives exercées sur la nation grecque par le ministère. Cette motion, sévère comme un arrêt et appuyée parles voix les plus éloquentes du parti tory est adoptée par la chambre des lords. Le ministère en appelle à la ehambrc des communes. Les deux partis rivaux s'y rencontrent dans toute l'âpreté de leur antagonisme. Bientôt ce n'est plus le blocus du Pirée et les créances de M. Pacifico qu'on discute, c'est l'histoire politique de l'Europe, c'est le rôle qu'y joue et l'esprit qu'y souffle depuis six ans le ministère whig. L'accusation et la défense luttent de passion et d'éloquence. Un discours de lord Palmerston décide la victoire.

Après avoir discuté à fond l'historique des négociations grec-r qujps, le ministre suit pied il pied ses adversaif^ en puisse, ei)

Portugal, €a Espagne, eo Ttali>, en Allemagne, en France, enfin ou ils Taceuaent do complidlé et dloaligttioB de la rénànHoa de Février. Nous rcproduiaons texiuellement ee passage de son discours. Cest à la fois on doeumenl historiqœ et une loyale déelaraiion de sympathie et d'amitié à la Franee.

«SirJ* Graham, dit lord Palmcrston, prétend qoe les mariages espngoflli ont engendré det diffiraids entre les gooTemeaeoU de Franee et d'Angleterre, qui eai amené la ehute de la meoarchic française. (Ecoutez)! Vont retronves encore ici celte passion qui jrédait à plaisir de grander qnesliaiis Mdîfioales aux proporUons de différends personnels secondaires* £b quoi f ce serait ma haine contre M. Guizot qui aurait renverse son minis* tère et avec lui le trône de France ?(Rires ironiques). Monsieur le président, que dira la nation française lorsqu'elle apprendra cette nooveUe? C'est une nation qui a Tcsprit élevé, c'est un peuple de cœur, rempli du sentiment de sa dignité et de sa valeur; que dira le peuple tançais, lof«itt*ii apprendra qu'il est au pouvoir d'un ministère anglais de renverser le gouvernement français ? (Applaud i ssem en ts)* Je dis que e^est calomnier la Dation fran* çaise de supposer que la haine personnelle d'un étranger contre son ministère aurait pn produire un tel effet.

» Les Français sont un peufde brave, généreux et ayant Tâmc noble; s'ils avaient pensé qu'une conspiration étrangère eût été formée contre l'un de leurs ministres... (applaudissements éner« giques), je répète que si le peuple français avait pensé qu^une poignée de conspirateurs étrangers cabalait contre un de ses ministres, et cabalait parce que ce ministère n^avait fait que soutenir la dignité et les intérêts du pays; s*il avait pensé, dis-je, que cette poignée de conspirateurs étrangers avait des coadjuteurs en France (applaudissements), eh bien, ce brave, ce noble, ce généreux peuple français aurait méprisé les chefs de ce parti, il se serait groupé étroitement pour le protéger autour de Tbomme contre qui celte ligue se formait. (Applaudissements).

» Si la nation.Crançaise avait pensé que moi, ou tout autre ministre étranger, nous cherchions à renverser M. Guizot, ce projet, loin de réussir, n'eût servi qu'à rendre ce ministre plus solide dans son poste officiel. Monsieur le président, le ministère fraoçais a été renversé par des causes bien différentes (applaudissements); beaucoup d'hommes, ici et ailleurs, eussent été en meilleure position s'ils avaient mieux profité des événements à propw du différend soulevé parles mariages espagnols ; je ne veux pas rappeler les griefs que nous avons eus contre des hommes qui ne sont plus au pouvoir.

» Mais puisque raeousation contre moi a porté sur ce point, il

MBsera peraiftdtf dira nota M délirai

aislie j'avais eu rbooMor de rmjîlaoer aux affiiiras élftngèns m^avaîl kMtië à Pclat dMcfaoset; il m^mU mi» ao Mi de promesses sdennellemeiil lûts» et mm olnenrées, ttUes, eonne jamais dans Pliistoire dal*£iiropeoa ai^en atail tu d*eieaiple8. Si les nariaises espagaols Boaa «»éeontcntèrent, assarémeal noire mécoBtentement élaii jaste et BOtoiie» L*iiitérèl etl^lKHiDeBr na» tioaaL exigeaient de aatre part l'èxpimioii de ee nécontentement. (Applaodisienieolt). La poUHque par nous suivie vis-à-rîs de la Fraoee est icUe que eommandeoi les intérêla de PAuffletflffe, et est nîgie par des principes de mare k sawegarder, csflBme ils Tout fait, la pais de r£arope. Je pense que la prompte cseonnaissaiiee do gonveraeaieBl établi en Pranee et les rdilioos amicales que nous avons aatiateaiifs sans ks eheft euesessifi de radmtnistration française^ preerent surabondamment qaeoons sommes raimés d'un sentiment amical via-è*vis de la Fmiee, et ^a*k notre avis àe maintien de reiations amicales avee la Fraoee n^est pas seulement compatible avec nos intérêts et notre bonaenr, mais que même elle forme la base solide de la pats de TEnrope. (Applaudissements)* Le très-honorable baron sir J. Graham a insiiuié qoe lord Normanby, dans la période qui a précédé Immédialcoinil les événements de 4 848, était en liaison trop étroite avee qitek|ttes-nnes des personnes qoe le très-booomble baronaet représatait eomme les destroetenrs d« trène en Franee. (EoouteK) !

a Je ne sais pas de qui le très Imnorable baron a voulu parler;

mats ee qne je sais, c'est que la personne avec qui lord Mermanby avait peut-être la plus étroite liaison, et qui était alors son plas intime ami, était le comte Molé, et il me reste h apprendre qoe* se soit là rhomme qui ait rien lut. avec on sans intention, pour renverser la monarchie en France. Mais si cette insinaation tendait à dire que lord Normanbp ait Sût quelque choae on entretenu des rdaliona qui n'eussent pas pu se eaneiller avec sa position d'ambassadeur près d'une puissance amie, cette imputation, je le déclare, est toat-à-fait sans fondement. (Applaudissements). •

Lord Falmewtonà la. fin de son diseoors aborde franchement les accusations de symfialhie et de propogande révolutionnaire que lui jettent ses adversaires. De telles paroles passent par-desfus le parlement anglais et s'adressent directement à l'Europe. Voici dans tonte son étendue eettc bante et éloquente déolaratîon de priaaipcs ;

« On nous a accuses d'élre les partisans, fauteurs et défensenrs de la révolution. Quand on soutient la cause de la rélbrme mo* dérée et de Tamélioralioneonslilntionnelle, on est toujours exposé

à être piis et désîgoé comme le champion de la révolotioD. (Ap* ptodieeement). C*est la formate ordinaire des psrtiaaiM des goa- ▼ernemenfs arbitraires. Les révolotionnaifes pour eux ae soa% pas dangereux ; il n*en est pas de même de Thonnéle réformateur, celui-là peut a?olr de Tinfluence par son caractère ; il faut crier siir*le»eliamp haro sur le rérokiUonnaire. (Oq rit). Les révolutionnaires, ce sont les hommes violents, les cerreaux brûlés, les gens sans réflexion qui sans tenir t;ompte des conséquenoes, sans mesurer les diffienltés, m frire la comparaison des forces respectives, renversent les goaraiiemeiitSf inondent de sang leur patrie et appellent sur leurs concitoyens les plus affreuses calamités.

» VoUà one catégorie de rérolutionnaires ; en voiei maialenaat une autre; ce sont les hommes qui, cédant à de vieux préjugés. Tondraient arrêter la marche de Tamélioration humaine, jusqu^a ee qve réian irrésistible du mécontentement brise les barrières et renverse à terre les institutions <ine certains moyens rénovateurs eussent perpétuées. Gettx<*là nous appellent révolutinnnaires. (Âpplaudissemcnts) .

• Pour la Turquie, eu égard à Tunanimité avec laquelle tout le monde a soutenu Tappcl de la Turquie, au sujet de la protection accordée contre la Russie aux réfugiés hongrois, nous devions faire accomiiagner notre dépêche à la Russie de renvoi d*ane flotte»

» Je croîs avoir repondu à toutes les accusations dont le cabinet anglais a été Tobjet. Les principes qui ont dirigé notre conduite sont ceux que professe la grande masse du peuple anglais < on applaudit ; autant que Tinfluence de TAngleterre peut s*exercer, quant aux destinées des aulres Etats, que je crois que oes principes tendent au bien-être et au bonheur du monde, au progrès de la civilisation, au maintien de la paix, an développement dea ressources et de la prospérité des autres nations et de la nôtre. Je ne me plains nullement des personnes qui ont fait de celte question une arme pour attaquer le gouvernement. Le gouvernement d*un aussi grand pays que l'Angleterre vaut, certes, la peine que toutes les nuances d^opinions se sentent stimulées pour l'attendre. C'est là un objet de belle et légitime émulation. C'est une noble mission^ à coup sûr, que celle consistant à diriger la politique et les destinées d'un pays tel que le nêtre« et si jamais ce poste fut digne d'une honorable ambitioni jamais il ne le fut plus qu'en ce moment.

» En effet, pendant que nous avons vu le tremblement de terre politique agitant l'Europe d'un bout à l'autre, tandis que nous avons vu des trônes ébranlés, brisés, renversés, des institutions bouleversées et détruites, tandis que dans presque tous les

U COMMlUilA DO wrnmMé'

pays de TEurope, il y a ea des ea^ls qui ont courert la tcmde nngi de rAUantiqae à la mer ffoira, dt la Balliqm k la Méditerranée, rAn^eterre B*a pas eessé d^offlrir uo speelaele qui Imh nore son peuple el qui est digae de radoiiratioii du monde entier. (Applaudissement).

» Nous, ADglaiSyiioiisavons démontré que la liberté est compatible avec Tordre et que la liberté individttèUe pent se coneilier avec Tobéissanee à la loi. ( Ecoutes). Noos avons donné le spectacle et Texemple d^une nation dans laquelle chaque classe de la société accepte avec empressement le lot que la P i eif îdc nce loi a assigné, et dans laquelle aossi tout individa de chaque classe travaille eonslaannent à 8*éle?er dans Téchelle sociale, non par rinjttstice, non par la violence et i*illégalité, mais par la persé' vénnce dans une bonne conduite et par remploi assidu énergique des facultés intellectuelles dont 11 a été doué à sa naissance par son créateur. (Applaudissements).

» Oui, gouverner un tel peuple, a certes de quoi tenter Tarobition du plus noble habitant de ce sol privil^é, et, quand à moi, je ne sais pos mauvais gré à ceux qui 8*efforcent de s^élever à une position si bonorable. Mais, Monsieur, le président, je soutiens que, dans notre politique étrangère, nous n^avons rien fait qui doive nous avoir fait perdre la confiance du pays. Sans doute. Il est difficile que tous les hommes soient toujours parlailement d*aeoerd quant aux faits et circonstances, et aux raisons et conditions qui mènent à inaction ; mais je sais et je soutiens que les principes qui ont été nos mobiles constants méritent Tapprobation du pays, et j'afi'ronlerat sans peur le verdict que la chambre pourra rendre sur la question qui lui est soumise comme pays politique, commerciul et constitutionnel , question qui consiste à savoir si les principes dominants de la politique étrangère du gouvernement de la reine, si le droit de protection active pour nos sujets à Tétranger sont des principes convenables pour les hommes chargés de gouverner rAngleterre et si, comme à Tépoque de Tbistoire ancienne, ou ce Romain se trouvait affranchi de toute insulte par ces seuls mots : Civut rsmonti^ 5um, aujourd'hui, un sujet anglais se trouvera à Tétranger aussi bien protégé par rœil vigilant et le bras fort de son geuvernemeol contre l'injustice et rofTonse. (Applaudissements prolonges), n

VII. Aprèi quatre jours de discussion, la chambre des comniunes casse le verdict de la chambre des lords, elle adopte à une majorité de 46 voix une motion de M. RœbudL qui déclare que « legonverncment a réglé sa politique étrangère sur des principes de nature à maintenir riionncur et la dignité du payS| et en mémo temps au milieu de difficultés sans exemple à conserver la paix entre TAngleterre et les diverses nations du monde. •

8ir Robert Peehi?iBil|iris fMrt ii cette gitiiide dîMMsioii, et (rois jours aprèS'Ie TOte q%i Tu terminée^ il moorftit presque soudàineinent des suites d'une ebùte de cheval. La iMrtioii entière a porté sou deuil» Ge n*est pas seulement une force qui se retire d*eiie c^cst encore une vertu et une providence. Elle perd en str Robert Peel une méditation respecté et souveraine entre les partis qui la divisent, un géniede conciliation et de concorde ptaeésur un point do Topinion si haut, si préci»et si juste, que les triples forces de son aristocratie, de sa propriété moyenne et de son peuple se personnifiaient en lui^ et quil représentait à la fois, impartialement, pour ainsi dire la conservation et le progrès de sa politique. L*lii8*' toire honorera la mémoire de ce grand homme d*état, qui a attaché son nom aux deux plus grands actes de TAngleterre contemporaine : rémancipation des cathoKques et Tabolition de la taxe sur les céréafôs, la liberté de croyance et la vie à- bon marché.

La France s*est associée solennellement ë cette grande douleur de l'Angleterre par k voix du président de son Assemblée. Cest un noble ojrmptôme d*acoord et de solidarité internationale que eet hommage de sympathies et de regrets décerné par la tribune française à sir Robert Pecl. Un tel nom méritait un tel honneur. Voici les paroles de M. Dupîn :

a An moment où un peuple voisin et ami vient de perdre Tun de ses hommes d*Etat les plus considérables, je crois que e*est honorer hi tribune française que de faire entendre dans cette enceinte Texpression de nos sympathiques n^ts et de manifester notre haute estime pour eet émiment orateur, qui, pendant le cours de sa longue et glorieuse carrière^ n^a jamais eu que des sentiments de justice et de bienveillance pour la France, que des paroles de courtoisie pour son gouvernement. •

VIII. Un lâche attentat u été commis le 27 juin contre In reine d'Angleterre. Au moment où sa voiture sortait de rhotel du duc de Cambridge, nn individu s'élança sur elle et la frappa au visage d*un coup de canne. Ce misérable a été immédiatement arrêté. C^est nn oflicier retraité nommé Robert Pate. Les attentats contre In reine es Angleterre ont pris toutes les formes de Taliénation menlole. Tout porte à croire que eet ignoble outrage n'caA encore que Taoeès d*niie démence et le geste d'un insensé.

La Prusse aussi a èii son régicide de monoreanie et de délire, i Le Si mai, un ancien sergent d'artillerie, nommé Max Sefcloge, qoe ses hallucinations avaient fait chasser de l'armée, n tiré un eoup de pistolet sur le roi au moment où il allait prendre le convoi du chemin de fer de Charlottcnbourg à Posidam. La balle, détournée par nn geste du roi, l'a frappé au bras ; mais la blessure est peu dangereuse, et quelques joura après il entrait on pleine convalescence.

LS CONSKILLRR OW PKUPLB.

Ces cxôcrablos attcntaU contre les roîs sont encore des crimes contre les peuples. Le sang qu^ils versent retombe presque tou* jours sur leurs droits et sur leurs libertés. Le ministère prussien a puni la presse du crime de Scfeloge : un décret du 7 juin supprime ou restreint la plupart de ses franchises.

IX. L'Amérique vient de se trouver reportée par Taudacicux coup de main d'un aventurier au temps de ses guerres de boueuniers et de pirates. Une expédition ou plutôt une conspiration à main armée contre le gouvernement espagnol a envahi i'ile de Cuba.

Le gênera! Lopez, aventurier militaire sorti des guerres eîviles de TAmériquedu sud, était à la (ctc de cette armée de flibustiers, recrutée au grand jour h la Nouvelle-Orléans et aux Etats-Unis^ où elle avait trouvé dans le parti d'ambition et de conquêtes une opinion publique, une propagande et une complicité ardente. Le i9 mai, le steamer Créole^ ayant h son bord le général Lopcz et environ 600 hommes, aborde à Cardenas, un des points de Cuba les plus rapprochés de New-Orléans. La bande de Lopez débarque, envahit la ville, défendue seulement par une poignée d'hommes, s*en empare, pille la caisse de la douane et sVnfuil précipitamment après cet exploit de flibustiers en laissant h terre une partie de sessoldats. Le steamer qui le portait est parvenu à échapper aux poursuites des vaisseaux espagnols, mais il n'était que l'avant-gardr de cette expédition de piraterie, et trois de ses navires ont été capturés h leur entrée dans les eaux de Cuba. Le général Lopez, arrêté à Savannah, a été presqu'immédiatement relAclié à la faveur d'une de ces questions de localité qui subdrvisent si étrangement la justice américaine. Aucun traité d'extradition n'existe entre l'Espagne et les Etals-Unis, mais le gouvernement de Washington a pris l'initiative du châtiment de cet odieux attentat contre le droit des gens. Il a ordonné l'arrestation immédiate sur le territoire de l'Union de tous les complices de l'invasion de Cuba.

UB

CONSEILLER Dl PEUPLE

JOUAMAL

PAR

M. A. DE LAMARTinC.

JUILLET iBHO.

BRUXELLES

KIESSLING ET COMPAGNIE,

SG, Montagne de la Cour.

BRUXELLES

Typ^vaphU d« i^A. Jootrmt, lnip.-i4. 85, CliMMét eC fanbourf de La«k«B.

PRCMitlIC PARTIC

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