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CHRONIQUE POLITIQUE

(septembre).

I. Le présidenta continué, ce mois-ci, ses voj'ages. Apres avoir visité VEsi de la Fraoce, il a voulu visiter TOuest. II est allé a Cherbourg passer la revue de la marîM* l/ascadre de la Méditerranée Vy attendait déjà depuis quelques semaines.

Le président a été accueilli partout avec le même respect pour sa personne, et le même dévoàement pour les institutions du pays. Il a parcouru les arsenaux du port de Cherbourg, visité les vaisseaui, inspecté Técole des canonniers, assisté au tir à boulet, aux évolutions de Fescadre, à des répétitions de bataille navale, à des bals, à des banquets, écouté et prononcé des discours.

Noos reproduisons seulement le toast que le Président a porté à la Tille de Cherbourg x

« Messieurs,

» Plus je parcours la France, et plus je m*aperçols qu^on at* tend beaucoup du gouvernement. Je ne traverse pas un département, une ville, un hameau, sans que les maires, les conseils généraux et même les représentants me demandent, ici desjvoies de communication, tels que canaux, chemins de fer, Tacbèvemenl de travaux entrepris, partout enfin des mesures qui puissent remédier aux soufoinces de Tagriculture, donner la vie à Tlndostrie et au commerce.

Rien de plus naturel que la manifestation de ces vœux; elle{ire frappe pas, croyex-le bien, une oreille inattontive ; mais à mon tour, je dois vous dire : Ces résultats tant désirés nes^obtiendroot que si vous donnes le moyen de les accomplir, et ce moyen est tout entier dans votre concours à fortifier le pouvoir et h écarter les dangers de revenir.

» Pourquoi Tempereor, malgré les guerres, a-t«il couvert la France de ces travaux impérissables qu^on retrouve à chaque pas, et nulle part plos remarquables qu^ici? Cest quMndépendamment de son g&ie, il vint à une époque où la nation, fatiguée des révolutions, lut donna le pouvoir nécessaire pour abattre l*anarchie, réprimer les làctions et faire triomphera rcxtérieur par la gloire, à rintérieur par une impulsion vigoureuse, les intéinêts généraux du pays.

• S*ii y a done une ville en France qui doive être napoléonienne et conservatrice, c*est Cherbourg; napoléonienne par reeonnaissAnce, conservatrice par la saine appréciation de ses véritables intérêts.

• Q*est-ee en effistqa^nn port créé comme le vôtre par de si gl-

LK C03ISB1LLBE DU PSOM.

gantesques efforts, sinon Téclatanl témoignage de cette unité fran* çaisc poursuivie à travers tant de siècles et de révolutions, unité qui fait de nous une grande nation ; mais une grande nation, ne Toublions pas, ne se maintient k la hauteur de ses destinées que lorsque les institutions elles-mêmes sont d*accordavee leseiigences de sa situation politique et de ses intérêts matériels* Les habitants de la Normandie savent apprécier de semblables intérêts et m*en ont donné la preuve; e*est avec orgueil que je porte aujourd'hui un toast à la ville de Cherbourg.

» Je porte ce toast en présence de cette flotte qui a porté si noblementen Orient le pavillon français, et qui est prête à lepor^ ter avec gloire partout o& Thonneur national Texigcrait ; en pré' sence de ces étrangers, aujourd'hui nos hôtes, ils peuvent.se eon* vaincre que si nous voulons la paix, ce n*èst pas par faiblesse, mais par cette communauté d'intérêts et par ces sentiments d'es^ time mutuelle qui lient entre elles les d^x nations les plus civilisées I

9 Au porlde Cherbourg. «

Un concours immense de population s'était donné rendez- vous à la fête navale de Cherbourg. L'Angleterre y assistait fraternellement par de nombreux navires* Enfin, après avoir déeoré plu-» sieurs marins de l'escadre, et avoir traité à la table du vaisseau amiral plusieurs officiers anglais, le Président est retourné k Paris.

Des scènes de désordre ont signalé son arrivée à la gare du chemin de fer de Rouen. Des hommes vêtus de blouse et armés de bâton, forçaient les passants à pousser le cri de Vive TEmpercur, et frappaient ceux qui refusaient de crier. La justice informe.

Ces tentatives de violences n^ont pas troublé un instant la tranquilité de Paris. Le commerce reprend ; la prospérité matérielle du pays ne cesse de croître. Les bruits de coup de téte politique se sont évanouis comme les fumées des feux d'artifices derrière les pas du président.

II. La presse en est réduite à se rejeter des désœuvrements sur le manifeste de Wiesbaden. Le parti légitimiste est divisé en deux écoles. Une première école demande Talliance de la souveraineté nationale avec la légitimité et sous le nom d'appel au peuple, elle met la monarchie aux voix dans le pays. C'est Vécolc de M. de Laroehej acquelei n .

Une seconde école, au contraire, prétend que la légitimité lient son droit de naissance, et n'a pas besoin du vote de la nation pour régner. Elle déclare le principe de la souveraineté notionale irréconciliable avec le principe de ligitimitc. Cette école est surtout représentée par M. Berrycr.

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