‹ Le conseiller du peuple, journalChapitre 5 sur 40 · XIV. — Ou se plaint qu'après une révolution si soudaine et · texte numérisé non relu

XIV. — Ou se plaint qu'après une révolution si soudaine et

tB GORSBltlBR DIT KCPLB. tSI

9t eomplète, on s^étonne qu'après la transfonnalkin d*iiiie moiiar* «bie ea république, il y ait de ces owillations ! On se réerie sor les grands mouvements populaires de mars, d*avr{l, de mai, de juin I8i8, mouvements modérés cependant éncrgiquemeni par la force morale du gouvernement et du peuple lui-même, contenus,- refoulés, combattus, vaincus par le gouvernement provisoire* par TAssemblée constituante, par la garde mobile et par Tarmée ! On affecte d'exagérer la gravité de ces scènes, les unes inoffensives, les autres déplorables, toutes avortées, comme si le monde n'avait jamais rien vu de pareil,'et comme si Torigine de toa<i les gonvernements nouveaux n'avait pas en partout et toujours des convulsions de cet enfantement laborieux des choses !

La République américaine vit et triomphe cependant; eh bien ! cette République américaine que vous voyez aujourd'hui consolidée et prospère, la plus grande démocratie de ravenir, a éprouvé è son origine des crises populaires aussi répétées et plus graves mille fois que celles que vous nous représentez en France comme la oondamnalion et comme rimpossibilité de la République !

L'Amérique, dans ses deux premières années, a eu des guerres d'indépendance et des guerres civiles.

Sa représentation nationale a été violée par le peuple, comme an 15 mal !

Ses séditions ont fait couler le sang des citoyens comme aux journées de juin et bien plus longtemps !

Son congrès a été dispersé par le peuple et a été obligé d'aller chercher un autre asile sur le territoire de l'Union.

Ses clubs ont divisé et anarchisé trois ans le pays !

Ses Ingratitudes ont calomnié et proscrit ses meilleurs citoyens I

Washington lui-même a été répudié et suspect à ces républicains!

Les démagogues ont ootr^ et menacé les hommes de bien !

La République américaine a-t-elle été déshonorée, a-t-elle péri pour cela ? Non, elle a triomphé à la fois, avec le temps, de la démagogie, de la domination étrangère et du royalisme intérieur; elle a reprimé les séditions par la main du peuple revenu au bon sens; elle a fermé les clubs d'où sortait réternel tocsin deTémeute; elle a fait place sûre et honorable à tous les partis, à tous les cultes, à toutes les opinions, à tous les intérêts; elle a dunnc Texcniple de la démocratie or<;nnîsce à l'incrédulité routinière de la vieille Europe; elle a enfanté le gouvernement moderne, — le gouvernement de la toléraocè.

Ainsi fora avec d'autres cléments et dans d'autres conditions la République française de 1848. Cctfx qui tremblent tous les matins

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82 LS CONSEILLER DU riVPLI.

pour elle ne se sont jamais rendu compte des motifs dp son rxîs' icnce et des impossibilités de la remplacer. Je vous Ta! dit le 29 février 1848 : u II faut une place pour pouvoir tomber; où ». est la place à côté de la Republique qui ne soit un abîme? Nous t» avons le bonheur d^étre un gouvernement de nécessite. •

Ne laissez donit pas se propager autour de vous ces paniques qui sont les déroutes des nations. Réfléchissez et faites r^éehir, et au lieu de parler sans cesse de la chute de la République, faites aet^ de foi dans sa durée.

XV. La République modérée a un autre élément de force et de solidité que l'Amérique elle-même n^avait pas à ses commcneements, c*est Parmée française. Cette année a été depuis 1S4S non-seulement la force, mais la sagesse personnifiée du pays ; généraux, offiders, sous-offiders, sol&is n*ont pas fait une faute en deux ans dans les eirconstanoes les plus diflieiles. Ils ont été resignes et sans murmure contre le peuple après le S4 février et dans leur éloîgnement temporaire et prudent du foyer tumultueux de Paris; ils ont été patriotiques et obéissanU à l'Assemblée constituante quand nous les avons rappelés au nom de la représentation nationale et autour d'elle pour défendre en elle la nation contre les factions; Ils ont été libres et citoyens sans cesser d'être

• disciplinés dans les élections; ils ont été Français et soldats dévoués quand on les a envoyés à Rome pour soutenir une cause qui leur répugnait : ils n'ont pas regarde à la cause, ils ont regardé au drapeau ; ils ont élé infatigables contre les émeutes et les désordres à l'inlérieur; ils ont été incorruptibles aux séductions ou aux provocations d'un petit nombre de démagogues; ils ont senti que la patrie et la République n*étaient pas là. L'histoire n'offre pas d'exemple d'une armée de quatre cent mille hommes traversant ainsi, sans s'y mêler et sans altérer son pa« Iriotismeet sa discipline, une crise révolutionnaire de deux ans. L'armée française de IK48 à 1880 a fait ta plus belle de ses campagnes pour la liberté en faisant cette perpétuelle campagne de l'ordre : c'est le ehime onfigue, la première gloire d'une armée. Cette incorruptibilité de l'armée française aux factions est le symptôme le plus vrai de l'étal réel du pays; si le peuple était aussi révolutionnaire que les alarmistes vous le répètent, l'armée qui sort du peuple et qui y rentre aurait été révolutionnaire, séditieuse et factieuse comme le peuple. La vertu du soMat prouve au fond la vertu du peuple; c'est la même famille et le même sang.

XVI. — L'armée doit occuper uiie grande place dans les destinées do notre République continentale.

Le gouvernement vient de prendre une mesure que l'on a dis-

LB CONSEILLER DU PKLPLE

cafée cl que je ne Mâmc pas, en faisant prendre position sur (juatrc points principaux du terriloire à de firanils corps de celte armée dont le coniniancienicnl se trouvera réuni dans les mains de quatre généraux. La stratégie est bonne en elle-même, elle ne deviendrait coupable que si rintcnlion du gouvernement était mauvaise. Je ne le crois pas.

Les gouvernements qui se fondent ont besoin de déployer souvent leur force contre les factions ou les mouvements désordonnés des populations surexcitées par Pesprit des révolutions. 11 est naturel, il est sage que ces j^ouvernemenls centralisent à ces époques les éléments de cette force dans quelques rassenjblemenfs militaires qui inspirent prudence aux partis, confiance aux bon? citoyens. El en rassurant ainsi l'œil, ils rassurent l'esprit public, ils donnent aplomb aux choses, autorité à la loi, respect aux institutions.

Cela < st plus nécessaire encore dans un temps où des doctrines menacent en apparence la propriété et la société, et où la société» et la propriété alarmées au delà du juste, aiment à voir le gouvernement en sentinelle, pour ainsi dire, à la porte de cbaque foyer. En 1789, en 1791, en 17Si2, en 1795, à toutes les dates agitées de nos révolutions, les gouvernements ont opéré de ces rassenïblements de troupes de précaution contre les résistances ou contre les troubles toujours fré()ucnls dans les crises révolutionnaires. L'armée de Versailles, le cnmj) de Compiègne, Parmée de Paris, le camp de vingt mille lioiimtcs des Girondins, l'aruH-e révolutionnaire dos montagnards, Tarmée de précaution de vendémiaire, les légions de la nîstauralion, les fédérés de 1SI5, la garde mobile, l'armée des Alpes et de Lyon et les vingt-cinq mille hommes du gouvernement provisoire, appelés à Paris pour proléger la Constituante, les quarante mille hommes du général Cavaignac, sont autant de mesures militaires prises saj^ement à ces diverses é|>oques pour proléger le gouvernement et le pays. Les commandemenls du gouvernement actuel ont apparemment le même but. S'ils en avaient un coupable, ils n'auraient sans doute pas été donnés au grand jour et prescrits d*avance comme pour avertir la liberté des pièges qu'on lui tendait. Les conspirations ne se publient pas au Moniteur. Nous n'avons aucun de ces soupçons.

Je serais moins fondé qu'un autre h les avoir, car. moi-même, pendant la dictature de février, j'ai toujours insisté pour armer fortement la Répub'ique au dedans pendant les premières années; c'est pour cela que nous avons créé la gncde mobile, armée provisoire de la place publique, objet de tant d*ingralilude et qui méritait tant de reronnaissance!

C'est pour cela que j'ai demandé les trois cents bataillons ât

S4 Ll CONSlILlSa 9U MCPU*

garilc mobile départemenUilc, votés enfin par l'Assemblée constituante et laissés imprudemment sans exécution depuis pur les deux gouvernenionts qui se sont succédé.

C*cst pour eeia que le générel Cavaignac et le général Ciiangarnier ont été successivement appelés et destinés au commandement de l*armce de Paris. L^armcc est un dos grands organes de la Frnnce; elle doit avoir sous la République, plus encore que sous la monarchie, une place imposante et un jeu légitime dans le mécanisme en action do nos institutions*

XVII. Je sais qu*ou dit : » Mais n'est-ce point Tarmcc d'un pré- • tendant ambitieux plus que l'armée de la république? Un pou- » voir exécutif conspirateur et usurpateur ne pourrait-il pas se » servir de ces quatre commandants généraux pour envoyer la y> se r\ i t udc militaire par le télégraphe bvoC quatre régions de l'em- » pire ? n

Je vous le répète, je ne crois pas aux conspirations des gouvernements contre cux-niêmcs,etquandjV croirais, je ne crois pas que la distribution de rarniée intérieure en cinq grands coniniandements soit un moyen bien adapté à des vues supposées de conspirations ntililaires contre le pays; il faudrait supposer cinq traîtres au lieu d'un dans les généraux commandant ces grands corps d'armée; cinq MonH au lieu d'un! quelle invraisenjblace ! cinq dictateurs au lieu d'un! quelle absurdité! IV'est-il pas mille fois plus naturel de penser que si la dcmcnee des dictatures et des usurpations prenait à l'un ou l'autre de ces généraux, les qualrc autres se trouveraient par leur situai ion même en mesure de contre-balancer ce mauvais dessein et de faire avorter par leur résistance une tentative isolée à Paris ou ailleurs? Je crains bien plus un dictateur que cinq instruments de dictature. L'armés dans une seule main peut être souvent une prudence, quehiuefois un danger. L'armée disséminée en cinq commandements est une garantie pour la conservation de la liberté !

Tant que les provinces romaines furent divisées avec les armées en commandements multiples et temporaires, la liberté fut assu- % rée à Rome par la division même de ci s ommandcments. Ce ne fut qu'après Marins et Sylla que ces coai mandements se concentrèrent et se prolongèrent, et que la république courut des dangers. Puis ils se divisèrent seulement en deux commandements sous Pompée et César, et la liberté subsista encore par cet équilibre. Le jour où César réimit tous les commandements en une seule main, I a liépublique ne fut plus qu'une dictature cl la liberté fut anéantie

XVIIf. De ce côté encore la panique qu'on se plaîtà répandre n'est donc qu'un fantôme sur lequel il sufUl de jeter un rayon de réflexion.

ut COIISBItl.BR 00 WmiM.

Enfin on vous annonçail des explosions de complots dctnagogi- <Iiies ajoarnés au 24 férricr, anniversaire de la République, el qn*arez-voos tu Mer ? un Peuple tranquille, serein, jouissant, dans une paix parfaite, de la sécurité qu'il reprend tous les jours sous une majorité incontestable d^ordre et sous un pouvoir exécutif bien servi par une îofee militaire bien disciplinée. Encore quelques nois et quelques années et quelques anniversaires comme celui-là, et la France reprendra son aplomb sur elle-même en reprenant eenfiance dans cette République de 4848, qui doit, pour subsister, prendre en tout le contre-pi^ de la République de 1795.

XIX, Vous me dites encore : « Mais la majorité et le gouver*

• Dément passent les borm*s de la réaction contre le désordre, et

• se laisseront entraîner ou emporter u a j our jusqu'à une réaction

• contre la République et contre la souveraineté régulière du Peu-

• pie* »

Non ; si quelqu^un devait avoir ces inquiétudes, ce serait moi peut-être ; peu d*hommes sont plus exposés que moi qui vous parle aux ombrages, aux injustices, aux défauts de mémoire, aux hostilités de paroles, aux sarcasmes des hommes excessifs ou irrités de ce parti.

Je n*y réponds pas ^ je ne m'en irrite pas; je ne m*en plains pas : c'est naturel* L'homme est homme ; il faut lui passer ses pissions,. il faut comprendre ses ressentiments et les subir. Le juge impartial des révolutions et des dictatures n'élève pas son tribunal au milieu de la lutte encore tiymultueuse des partis et au milieu de la poussière des événements à peine accomplis; ce juge* c'est le temps. Il n*y a que lui qui refroidit la raison des hommes et qui les rend capables d'être justes. D'ailleurs, tous les hommes ont besoin d^indulgence, et moi plus que personne. Je ne .ferai donc ja* mais à la majorité un crime ou même un reproche de quelques rancunes ou de quelques colères contre moi. Je ne répondrai que si la République elle-même est calomniée, car la République ce tt^est pas moi, e'est la France reprenant possession d'elle-même dans les raines d'une révolution faite par d'autres. Nous serions des témoins infidèles, si nous l'abandonnions aux calomnies ou aux mrcasmes des partis qu'elle a tous recueilUs et adoptés.

XX. Avant-hier, un homme que je me félicite de voir de plus en plus prendre une grande part dans l'action delà République, de la majorité et de la tribune, même quand ses doctrines ne sont pas les nôtres, un de ces hommes que les révolutions peuvent rénver- <er momentanément du pouvoir, mais qu'elles n'anéantissent pas parce que leur valeur est en eux, et non dans leur situation; un de ces esprits dont les républiques ont plus besoin encore que les monarchies, parce que les monarchies subsistent de leur droit, et

Il CONSBlLLBft DU PEUPLE

que les républiques subsistent de leurs forées; un de ces orateurs^disjc,s*cst laissé emporter, par renlrainement de la parole prononcée avant d^avoir été réfléchie, à une qualification injuste et téméraire des journées d*où la République est édosc. Il a parfaitement expliqué aussitôt après la signification qu*avait dans son esprit l*épiibète dejournéa fmetUa, donnée aux journées qui ont rendu à la nation une souveraineté qu^elle ne veut ni ne peut abdiquer sans honte* Je n*ai pu m*empôcher de monter à la tribune et de répondre, non par un misérable intérêt de vanité intéressée dans la question, mais, dans Pintérét de la justice et du témoignage à rendre k la magnanimité du peuple le lendemain de la Révolution de février. J*ai appelé ces journées glorieutes pour le peuple ; j'at eu tort, j*aurals dû les appeler uniqvei, çar e*est la seule fois que le peuple en révolution se désarme, se oontient, se modère lui-même et ne se permet ni une victime, ni une vengeance, ni une proscription, ni une injure; et je pourrais encore dire ni un sarcasme contre ses maîtres de la veille* Gela est trop beau ii laisser en exemple à Thistoirc, pour permettre quVn le dénature, au grand danger des révolutions futures, et du peuple à qui on enlèveraîl une partie de sa vertu, en lui enlevant Testime de lui-même* Voici mes paroles :

ni* DE LAMAETiiiB : Mcssicurs, je ne viens pas envenimer ce débat i je ne viens pas refouler, repousser, au nom de la République, les déclarations que rhonorable M* Thiers vient de faire toot à l*heure a cette tribune, et que j*aeoepte, pour ma part, avec la eonfianoe entière que ' j*ai dans la loyauté de son caractère, el avec les espéranees que le concours de .tous les bons citoyens, à quelque origine qu^ils appartiennent, à quelque sentiment, à quelque affection, & quelque regret qu'ils 8*bonorent d'appartenir encore, peut apporter k la patrie dans les circonstances où noos sommes*

Non, Messieurs, ce n'est pas là ma pensée ; niais j'ai regretté profondément, tout à Theure, qu'à propos d'une discussion si dtoignée du texte qui s'agite en ce moment à la tribune, on ait fait retentir, comme à plaisir, on ait ressassé, si je pub employer cette expression, on ait ressassé ces épigrammes sans péril que nous subissons ici si patiemment tous les jours. (Acclamations à gauche. — Très-bien !) Ouï, Alessieurs, ces épigrammes sans péril, et laisses-moi achever, j'allais dire*** et sans réponse (bravos), que nous entendons, que nous lisons tous les jours contre les institutions qui régissent en ce moment notre patrie*

Messieurs, la Republique est assez forte, la démocratie a asses dVivenir, si elle n*a pas assez de présent, pour dédaigner lessarcasmes* (Vives acclamations à gauche* — Très-bien! très-bien I)

Ll COMlIlLBa DU fBUPLB

Ce n'est pas avec les épigrammes qu'on renverse les f^onvcrnemcnls populaires; ec n'est pas avec des épigranimcs qu'on rcslaurc ou qu'on soutiennes monarehies renversées. (Acclamalions.) Les hommes d'esprit font des épigrammes. Messieurs ; les peuples font des révolutions... (Bravos à gauehc et au centre.)

Je ne sm's donc pas monte à cette tribune, je le répète, pour» repondre à ce genre d'argumentation indigne de l'honorable orateur, indigne de celle grande et auguste Assemblée ; mais je me serais considère moi-même comme le dernier et le plus indigne de tous les hommes, si, ayant eu le périlleux honneur, honneur que je n'avais ni conspiré, ni cherché (vive approbation à gauche], de me trouver un des premiers. ..( InterrupliOD à droite.) J'aurais déjh terminé si vous vouliez m'enlendre.

Je dis que je me serais regarde, devant vous et devant l'histoire, comme le plus lâche et le plus honteusement déserteur de tous les hommes chargés d'une grande responsabilité, si, ayant eu le périlleux fjonneur de me trouver ce jour-là sur la brèche même de la société française renversée, renversée sous d'autres drapeaux et par d'autres mains; si ayant cru pouvoir prendre sous la responsabilité de ma conscience cette crise terrible et imprévue, ces orages continus de trois mois, cette grande et mémorable révolution j si aujourd'hui, aujourd'hui, à la veille de cet anniversaire! (Applaudissements répétés et prolongés). Oui, à la veille même de cet anniversaire qui, s'il ne vous commande pas d'étouffer des regrets que j'honore, devrait vous commander, du moins, un respectueux silence! (Applaudissements.)

M. DE MONTALEMBEUT i C'cst VOUS qui devriez vous taire.

M. piscATORV : Je demande la parole.

M. DE LAMARTINE, à la droitc : Je vous attends à cette tribune. Ouf, vous me condamneriez justement vous-mêmes, vous qui me dites de me taire, si place dans une situafion comme celle que me font vos dénigrements contre la Constitution, si avec mes anléccdenls^qui sont les antécédents d'un grand peuple, sachez-le bien., (approbation unanime à gauche; violents murmures à droite) je dis qu'il me serait impossible, sans manquer à tous les devoirs que la Républiqué impose soit à ceux qui l'ont proclamée, soit à ceux qui l'ont acceptée... (Interrtiplion.)

A GALXHE : A l'ordre! à l'ordre!

M. DE LAMAHTiNE : Si jc luissais appliquer ce mol de funestes^ non pas à ces journées déplorables où le sang français coule sous la main des Français, celles-ci sont toujours funestes, quel que soit leur résultat... (marques d'approbation sur tous les bancs) mais si je laissais appliquer l'épithète de journées funestes, sans ciplicatiou et sans rétractation de sens, à ees journées, dont la

LB COiNSfilLLBR DU PBUPLB.

ilcQiocratic cl la République sont sorties! (Acclamations à gauche. )

No», je leur rendrai, avec le temps et avec Phisloirc, la seule épilhète qui leur appartiendra dans Pavenir. Je les appellerai, à la face du pays cl de vous de leur vrai nom, quand Thcure des rccriminalions et des injuslices sera passée; oui, je les appelle dès aujourd'hui glorieuses pour le peuple français. (Nombreux a[>- . plaudissemcnts à gauche et au milieu.)

El je dis à M. Thiers, avec la certitude de n'clrc pas désavoué même par lui : Savez-vous pourquoi j'appelle le lendemain de ees journées glorieux pour le peuple? C'est qu'après avoir remporté une victoire, ce peuple a couvert le lendemain ceux qu*ît regardait la veille comme ses ennemis, de sa force et de sa magnanimité. (Bravos çt applaudissements à gauche. Un grand nombre de représentants se précipitent de leurs bancs pour féliciter l'orateur et lui serrer les mains).

Les membres de la gauche se lèvent tous et, à trots reprises différentes, poussent le cri de : Vive la République !

LAMARTm£,

BepréienimU du Peuple,

ALMANACH POLITIQUE

FivRiBR 4850.

Une agîtatioD de hasard a troublé dans les premiers jours de ce mois un quartier de Paris j mais le pays n*eD est plus à s*ém- Aouir au moindre cri de la rue, et ees troubles, vagues, et passagers du reste comme des rumeurs, se sont dissipés dans la séré^ nité de Tesprit public. L'approche des élections, fixées au 10 mars, n^est pas pour le crédit une alerte de suspension et d*lnquiétude. Les réunions électorales s*organisettt, se rassemblent, délibèrent, discutent et votent leurs candidatures, sans laisser passer au de* hors un soûiOe de leurs agitations et de leurs discardes. Le pays entre de jour en jour davantage dans les mcBjars et dans les institutions lipublicaines. Les fonctions dé. sa souvminelé sont déjà pour lui des habitude de confiance et de sécurité.

La seconde délibération de la loi snr renseignement a rempli le mois parlementaire. Défendue par la commission avec one énerg^uo insistance, controversée çà et là par le minisire de nn«

LK COmiILLBK OU MOMJI.

struction publique dans ses innovalioDS adminisiraliTes, attaquée

de front par toutes les oppositions de foi, de principe ou de politique, qui la repoussent comme une alliance de déception de tiraillement ou (le mensonge, la loi n'en est pas moins sortie victorieuse de cette épreuve. La discussion a effleuré ses formes^ mais

û'a pas changé son esprit.

AIM. Arnaud (de rAriégc) et de Uiancoy ont ouvert les débats par deux discours qui traduisent à lu tribune la division du parti calholi(jue devant la loi. Cesl au nom de l'Eglise que M. Arnaud repousse une transaction qui ne lui apparaît que comme le traité de deux usurpations d'accord sur un cnipiélement réciproque. C'est au nom de TEgiise que M. deAiaoocy accepte une conciliation qu'il croit loyale et durable.

L'art. I*"" est la réforme capitale du projet de loi-, il enlève à rUnivcrsité le privilège exclusif du conseil su{)érieur, et il y introduit, avec des représentants delà magistrature, de Tadnn'nistration et des corps savants, quatre archevêques ou évcques vis-àvis d'un rabbin juif et de <leux ministres protestants. L'n prêtre catholique, M. l'abbé de Cazales. s'efTray(^ pour l'Eglise de cette part équivoque de souveraineté, il propose d'écarter des conseils tous les ministres des cultes. Ses raisons sont tirées du fond de ?a conscience de prêtre el de chrétien. Il conslale la minorité de l'église cntholifjue dans le conseil devant des églises rivales et devant une inajoriti" laïque j son impossibilité absolue de céder à Tinslruclion qu'elle sera ap|)elée à régir une seule lettre de sa foi et de ses dogmes ; il prévoit le cas où un dissentirnent religieux éclaterait entre les évéques et leurs collègues sur la direction philosophique des études, et où il ne resterait à l'Eglise qu'à sortir solennellement de renseignement officiel avec l'éclatct le scandale d'un schisme religieux. L'exemple de la restauration est là pour apprendre ù tous la fragilité et le péril de ces unions légales de l'Eglise et de l'Etat.

L'amendement de M. de Cazales^ combattu par M. ue Vatimesnil, est rejeté par l'Assemblée.

L'article 5, qui règle les attributions du conseil de l'instruction publique, amène M. l'évêque de Langres à la tribune. M. Jules Favre, qui l'avait précédé, se demandait comment les représentants du catholicisme, de l'hérésie et du jud«iïsmc, assis côte à côte, sur les bancs du même conseil, pourraient se partager à l'amiable l'esprit et les doctrines de l'enseignement. M. l'évêque de Langres proteste hautement contre toute pensée de transaction religieuse. Il déclare que l'cpiscopat entre dans le conseil pour y veiller de plus haut sur les droits et les intérêts du culte, mais qu*il n^. laissera pas une lettre de sa foi et de sa doctrine.

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LS COMSKILiSR OU PlUPLI

— \È février. — La nouvelle loi multiplie les accadéroics et les cooseils académiques. Elle les porte à 86 et les institue dans chaque chef-lieu de département. Cest comme une organisation de décentralisation intellectuelle qoe M. de Montalerobert présente et soutient cette innovation. Elle relèvera, diaprés lui, en rétendant, le niveau des études abaissées par renseignement universitaire. Bf. Barthélémy Saint-Hilaire oppose à ces accusations le progrès grandissant de ces études qui dominent aujourd*hui renseignement européen. Tout en reconnaissant que la centralisation intellectuelle est peut-être trop concentrée et trop impérieuse, il ne croit pas que l'âme du pays gagne à être éparpillée en parcelles. A ses yeux, il faut aux grandes nations une capitale intellectuelle comme une capitale politique.

M. Thiers vient le lendemain appuyer de sa parole la nouvelle institution. II croit, comme M. de Montalenibert, à une déchéance des études en France, mais il n'en accuse pas comme lui l'université. Il en accuse ce qu'il appelle la démocratie des esprits, l'ambition exagérée d'arriver et de parvenir sans passer par les intervalles de la lutte et du travail. M. Thiers voit dans la composition religieuse et municipale des conseils accadémiques une salutaire opposition d'influence à cette démocratie intellectuelle. L'Assemblée adopte à une grande majorité Tarticle des conseils académiques.

Une scission soudaine et qui, dans le premier moment, a fait le bruit d'une rupture, éclate dans la séance du 10, entre la commission et le ministre de l'instruction publique. Il s'agissait de la nomination des inspecteurs généraux et des inspecteurs d'académie j la commission prétendait restreindre le choix du ministre à une liste de (rois noms présentée par le conseil. Le ministre repousse cette prétention comme une atteinte à son libre arbitre; comme un contre-sens à sa rcs|>onsabilité. La commission insiste avec une animation passionnée. Par trois fois M. Thiers monte à la tribune pour arracher au ministre la concession de sa prérogative. M. Parrieu se maintient avec fermt tc sur la brèche qu'il vient de faire à la loi; il en appelle au vote Je l'Assemblée. Une majorité de 300 voix contre 266 donne gain de cause au ministère.

Une vive agitation succède à ce vote qui a divisé la majorité; elle se prolonge après la séance dans la réunion du Conseil d'Etat, où le ressentiment de la commission s*exhale, dit-on, en paroles et en récriminations amcres.

Mais le surlendemain, 21 février, une concession spontanée de déférence réconciliait oûicicllement la commission et le ministre. La commission proposait de réserver au conseil général de cba-

il GONSBIillA OU rSUVLI*

ai

que département le naîntîen ou la suppression des écoles normales primaires. Le ministre acceptait cette initiative, mais il demandait qu*cllc fût subordonnée à Papprobation du ministère. Une nouvelle collision sem(>lait imminente, quand au moment du vote M. de Parrieu déclare retirer son amendement et céder au vœu de la commission .

33 février. — Une séance de passion et d'orage a agité les derniers débats de la loi* L*anniversaire de la Révolution de Février, raillé et méconnue, a eu à la tribune sa fête de justice et de réhabilitation. M. fiourzat proposait a rÂssemblcc d'interdire renseignement aux congrégations religieuses. M* Thiers, en combattant celte proposition, s*était laissé entraîner comme p^r un faux àpropos de ressentiment, à des sarcasmes ironiques sur l'histoire et les hommes de la République. Ces sarcasmes n'étaient pas tombée à terre ; ils avaient été relevés avec une dignité calme par le général Cavaignac, avec une vivacité chaleureuse par MM. Arago et Jules Favre. M. Thiers, excité par la réplique, remonte à la tribune et il appelle funestes au pays les journées de Février. C'est alors que M. de ramartine a cru devoir élever la voix et resliluer son nom à la République. 11 l'a fait sans colère, passion, avec la scrcnilc d'un témoignage de conscience porté devant l'histoire. Son discours est couvert par ies acclamations redoublées de vtoe la Hépubliquel

L'Assemblée vole le 20 les derniers articles du projet de loi sur l'enseignement, et elle décide à la majorité de 436 voix contre 205 qu'elle passera à Iroisième délil)ération, dont l'ouverture sur la proposition de M. de Montalembert est fixée au i mars.

11. Le deuxième anniversaire du 2i février a été célébré dans Paris avec la dignité et le recueillement d'une commémoration religieuse. La cérémonie ofîicielle avait lieu à Notre-Dame. L'archevêque de Paris a ofîicié ponlificalement et fait l'absoute autour du simple cénolaphe élevé à la mémoire des viclimes des trois jours. Au dehors le peuple a rendu hommage à son anniversaire par le calme et la gravité de son attitude. Sa seule démonstration a élé une pluie de fleurs funéraires jetées par des milliers de mains au pied de la colonne de Juillet. Le lendemain, la tombe était dépouillée de ses couronnes enlevées furtivement pendant la nuit. La foule s'émut de cet outrage à la piété populaire; on répandait déjà des bruits de provocation sacrilège, quand on apprit que cet acte n'était que l'insolence d'une main subalterne. Le maire et le commissaire de l'arrondissement s'en) pressèrent de faire restituer au peuple sesoffrandes, et le jour même, le ministre de Tintéricur annonçait à l'Assemblée qu'il venait de frapper d'une destitution ragent coupable de cette profanation scandaleuse.

IB GOMSBIUBR DQ PBUPLB.

Une émeute, ou plutôt une émolion de sorfoce et de hasard * agité Paris sans l'inquiéter pendant deux jours.

Le prcfci de poliee avait ordonné d*abattre quelques arbres de la liberté plantes au spuil des rues populeuses et en travers de la circulation publique. L^xécution de eette mesure fut imprudente d'ostentation et de lenteur; elle put paraître abattre, dans les arbres de la liberté, le symbole politique plutôt que Tobstacle de ▼oirie. Quoi qu'il en soit, le 4 février, un rassemblement tumultueux se groupa autour de l*arbre du earré Saint- Martin qu'on signalait mal à propos comme condamné par la police. Ce ne fut d'abord qu'une faction de bruit, de chants et de cris de protestation montée par la foule au pied de l'arbre qu'elle croyait menacé ; mais le rassemblement grossissant d'heure en heure et s'exaltant. de son nombre même, déborda bientôt dans la rue Saint-Martin et dans les rues adjacentes en groupes bruyants et irrités. Une brigade de sergents de ville mareha sur les attroupements; ils se dispersaient à leurs sommations, quandquelquesluiteseorpsàcorps s*engagèrentdans le désordre de celte rencontre. Une petite troupe d*émeutiers fondit sur les sergents de ville à eoups de bâton et de marteaux; l'un d'etix tira l'épée sur son agresseur et le blessa grièvement* Cependant au bruit de la lutte, un fort détachement de troupes commandé par un général au pas de charge, dispersait les attroupements dans la rue Saint-Martin en la cernant jusqu'au boulevard. Le soir à huit heures, l'ordre était réiabli.

Mais cette journée de bruit plutôt que d'émeule a eu un triste et scandaleux épisode. Le général Lamoricière, engage par hasard dans les attroupements de la rue Saint-Martin, est reconnu par un groupe de furieux. Ils Tarrachent de sa voiture cl l'entraînent violemment dans la foule qu'ils ameutent et lancent sur lui à coups de vociférations et d'injures. Le général, livré sans défense h ce délire populaire, lutte contre lui avee une énergie qui ne sert qu'à l'exaspérer. îleureusemeut, un ancien zouave, é^aré dans le tumulte, aperçoit son général en péril ; il fend la foule, Tcnlèvc aux étreintes de la multitude, et parvient à le conduire jusqu'au boulevard Sl-Martin, où il le pousse dans un cabinet de lecture. La maison cernée par la foule n'avait d'autre issue que le toit. Le général y monte poursuivi par les clameurs. Il j)arvient, par la lucarne d'une mansarde, dans ime maison voisine, descend dans la rue du faubourg Saint-Martin où l'émeute faisait déjà irruption, et saute sur un cheval de rencontre qui l'emporte au galopa l'Assemblée nationale, d«'jà îivertie et inquiète de son dariger.

Le lendemain, la proclamation suivante était affichée sur tous les murs de Paris.

« Aux habitants de Paris.

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9 Aux termes d*ane circulaire du préfet de police, m certain nombre d'arbres ont été abattus dans IMnténH de la eirculalion publique. Les autres arbres de la liberté ont été respectes et doivent rester debout j mais s'ils devenaient une oecasîon de désordre* ils seraient immédiatement enlevés.

« Le gouvernement a confiance dans le bon sens et le pairie* tîsme de la population parisienne. »

Cependant les mêmes altroupcnienls se reformèrent autour des arbres de l'ancien ne rue Royale et du carré Saint-Martin, mais dans une attitude de surveillance plutôt que de menace. Un drapeau et un triangle entouiH3 de rubans rouges avaient été hissés sur leur cinio. Dans la soirée, les cris et les chants recommencèrent; quehpics hommes, postés en sentinelle sur la voie publique, forçaient les passants à sahier les emblèmes arborés. La police crut alors devoir suj)primer le désordre, supprimer ces enseignes et ces points de ralliement. A huit heures, la rue Royale et le carré Saint-Martin étaient oceupt's par les tirailleurs de Vince unes, el les arbres de la liberté abattus par la bâche des sapeurs.

Cette effervescence de place puhliijne s'est du reste évaporée avec son bruit et sa colère d'occasion. Elle n'a fermé ni un atelier, ni une boutique, elle n'a pas même distrait le travail des faubouigs. Le surlendemain, 5 février, toute trace d'a^tation avait disparu.

IH. — Le pai lement anglais a ouvert sa session le 51 janvier, dans le bruit d'au événement qui agite encore L'opinion publique européenne.

L'Angleterre vient de frapper en Grèce ce qu'on pourrait appeler un coup de diplomatie! militante. Le il) janvier, l'escadre anglaise, commandée par l'amiral Parker, de retour des Dardanelles, jetait l'ancre dans la haie de Salamine. Le lendemain, le ministfe ar)glais résidant à Athènes, M. W'ise, sommait le gouvernement gn c de faire dioit, dans les vingt-quatre heures, à d'anciennes l éelaniations eneore pendantes, et le menaçait, en cas de refus, de l'interveiihon de la flotte. Ces réclamations portent sur des indemnités pécuniain^s dues à dc'^ sujets anglais, et sur la cession des deux ilôts de Snpiriiza el iVELiphoiiisi^ que le cabinet de Londres prétend faire renlrerdans le groupe des îles Ioniennes, te gouvernement grec, pris à l'improviste par celte Svimmation à main aniiée, en appelle à l'arhiti age de la France et de la Russie. Le ministre (rAn^^Ieterre refuse de s'y soumettre. 11 exige une satisfaction irnmcdiate et absolue. Sur le refus du gouvernement grec de céder à un iiUimalurn présenté sous les canons d'une escadre, l'amiral Parker met en blocus le port du Pircc, et capture

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tons les bâtiments qai passent à portée de ses pavîHons. Le minbtre de France proteste au nom du droit des nations et de la sauve garde des puissances protectrices. Le ministre de Itussiese joint à sa protestation j mais les notes diplomatiques s'échangent d'heure en henre sans arrêter le blocus, qui enveloppe et ferme bientôt toutes les côtes.

La nation grecque supporte cette épreuve avec la noble résignation de la faiblesse qui cè<le à la force sans la reconnaître. Elle se resserre autour de son jeune roi comme autour du symbole de sa nationalité et de Potage de la sauve garde européenne.

L'opinion publique est unanime pour reprouver Tctrange eipédîtionde Tamiral Parker. La presse anglaise la discute et la condamne comme nne fantaisie d'intimidation et de violence* Dans le parlement même, des voix sévères se sont élevées pour demander compte au cabinet de ee coup de main diplomatique. La que;}lion s'est amoindrie en acprécisànt. Lord Palmersion a déclaré que la réclamation relative aux deux iles n'était point comprise dans la sommation adressée au gouvernement grec, et que la démonstratîon de Tescadrc britannique n'était qu'une contrainte exercée contre la Grèc<*. pour obtenir le payement d'indemnités individuelles. La médiation officielle de la France spontanément offerte par M. Thouvenel a, du reste, été acceptée par le cabinet anglais. C'est maintenant à la diplomatie à sauver une seconde fois cette nation adoptive de l'Europe. Mais le temps presse, car les voies de rigueur de l'Angleterre se poursuivent avec une persistance inflexible. Plus de mille gros navires sont séquestrés dans les différents ports de la Grèce, et le blocus est une guerre de ruine livrée à son coinmorce maritime.

IV. — La rcFitrée du Pape dans Rome est toujours Tespérance et la déception renaissante de notre diplomatie. Toutes les émotions qui agitent la villeéternelle onlleurcontrc coupde frayeuret de défiance à Gaële. L'acifuittement de l'officier républicain Cer-. nuschi, par un conseil de guerre français, l'évasion de l'ex-dominicain Achillini des prisons du St-Offîre avaient déjà, dit-on, suspendu le retour de Pie IX. Des événements plus graves vont probablement l'ajourner encore.

Rome a eu cette année un carnaval tragique. Quelques fanatiques ont fété l'anniversaire de la République romaine par l'assassinat. Des avis anonymes affichés sur les murs avaient, des les premiers jours, menacé du poignard les Romains qui troubleraient par les joies du carnaval la commémoration de deuil de la République. La population obéit le premier jour à celte sommation mystérieuse. La graïule rue du Corso, théâtre ordinaire des fétcs romaines, resta vide^ nue seule voiture, celle du jeune prince

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