‹ Le conseiller du peuple, journalChapitre 6 sur 40 · I.I COffSlIllBI »D FlUPLt · texte numérisé non relu

I.I COffSlIllBI »D FlUPLt

Bonaparte Gaoîno, osa la parcourir dans toute sa longueur. Le -ieodemaiii le parti pontifical reprit courage et remplit le Corso de travestissements, d'ithimioalioiis et de caralcades. Le prinee de Caninoy reparut encore. Au moment où il allait .^e retirer, une main inconnue lança dans sa voiture un bouquet de fleurs. Le prinee le ramassait pour Toffrir à sa sœur assise à ses côtés, quand une grenade en verre, eadiéeduns les fleurs, éclata dans sa main, atteignit la princesse au visage et le blessa lui-même grièvement. Comme si Tassassiiiat avait sa contagion, le soir même un sousoflicicr français était tué sur la voie publique, et le lendemain un officier était frappé d'un coup de poignard au seuil de sa maison. Le gémirai en chef, pour effrayer ces lâches vengeances, a eu recours aux plus terribles rigueurs de la loi martiale. Une proclamation publiée par sou ordre proscrit les couteaux, les poignards, les stylels et toutes les armes de Tassassinat. • Quiconque, dit la proclamation, sera trouvé porte^ir d*une arme semblable, sera immédiatement fusillé. »

Une énieute sans armes, étouffée h son premier cri dans le sang d'une exécution terrible, a consterné, à la fin du mois dernier, la population de Palerme. — 27 janvier. — Un rassemblement parcourait les rues de oetic ville entraînant dans ses rangs le peuple sur son passa«;c et criant : Vive In Conslilution I Vive la Sicile de iSAS ! 11 se débanda de lui-même devant un détncbcmcnt de troupes envoyé à sa rencontre. Mais il fallait une expuition à ce signe de vie nationale. Six jeunes gens arrêtés à la hâte comme chefs du mouvement furent jugés et condamnés dans la nuit. Le lendemain ils éUiicnl fusilles sur la place publique.

En Espagne, révénenienl politique est la grossesse de la reine Isabelle, dont la déclaration onicielle a été faite au congrès pur le duc de Valence. Le gouvernement espagnol dirige des troupes vers la frontière du Portugal, a^iilé par la lutleà outrance que soutient lecomlc de Tliomar, président du conseil, contre Topimsition de» deux chambres. Le ministre et ses adversaires se renvoient les accusations elles scandales. Lecomlc de riiomar, appuyé parla cour et par le vote des majorités, résiste énergiquement aux assauts de son impopularité. Mais Tirritatiou de Tupinion publique présage au Portugal de graves événements.

Une intervention militaire de deux grandes puissances a un moment menacé la Snis«;e ouverte depuis deux ans contmc un lieu d'asile à Ions les réfugiés des insurrections d'Allemagne et d'Italie. I/Autricbc et la Prusse ont adressé au gouvei nement français une note qui présente lu Suisse comme un club démagogique enclavé dans l'Europe et prêt à déborder sur leurs frontières. Les deux gouvernements déclarent que Talerte perpétuelle où les tient oetle

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conspiniUoQ campée è leurs portes et les armements exagérés qu*èlle leur impose ne lui permettent plus de reconnaître h la Suisse ce droit d^asllc insurrectionnel. Ils espèrent qu'elle fera droit à leurs réclamations ; mais, dans le cas contraire, ils sont décidés à foire en Suisse une invasion de police militaire et à procéder par les armes à Texpulsion des réfugiés.

Les dangers dont cette note, éncrgiquement commentée par les mouvements de troupes développées sures frontières, menaçaient la Suisse, ont été depuis en partie éc artés par la condescendance du conseil fédéral quia prescrit aux gouvernements des cantons réloignemcnt immédiat des chefs et des meneurs des réfugiés. Mais il reste entre la Prusse et la Suisse une querelle particulière k vider. Cest le droit de souveraineté sur le canton de Neucliatèl, que la Prusse s^attrîbne d'après le pacte fédéral de 4815, et que la Suisse prétend résilié de fait et de droit par sa Consiitution de IS48. Les hostilités diplomatiques ont déjà commencé. Le ministre pnissien areçu du cabinet de Berlin Tordre de quitter la Suisse.

La Prusse vient d*inaugurer sa Constitution revue et corrigée par la main royale. Le parlement et le roi ont librement débattu entre eux, Tun au nom du peuple^ Tautre au nom de la rojranté, les clauses de la nouvelle loi. Le roi envoyait aux chambres des propositions et des amendements personnels, les chambres les adoptaient ou les rejetaient après une discussion respectueuse. Le 6 février, Frédério-Guillaume prêtait à la Consiitution un serment do chevalier plutôt que de roi dans un discours débordant de loyanté et d'expansion ; ci*e3t une confidenoe intime de principes et d'intentions faite à son peuple sur le senii de la Constitution pour ainsi dire, et avant d*aller y prendre le r61e muet et irresponsable de la n^uté constitutionnelle. Il y dédare jurer de* vant Dieu le maintien inviolable de la Constitution. « Mais, ajoute- » t-il, la condition vitale est que je puisse gouverner avec cette

• loi, car le roi doit gouverner en Prusse ; et Dieu le sait, je gon* » verne, non parce que tel est mon bon plaisir, mais paroe que » c*est la volonté de Dieu. Un peuple libre sous un roi libre, tel

• est le but que je poursuis depuis dix ans et que je poursuivrai

• toute ma vie. •

Les armements extraordinaires de la Russie effrayent et in* quiètent PAlIcmagne, qui nous envoie chaque jour par ses journaux le bulletin de ses observations et de ses conjectures ; mais pour quiconque parcourt rEttroped*un œil impartial, le droit, sinon la place, manque à la guerre, et le droit est aujourd'hui la plu4 sûre inviolabilité des nations.

CONSEILLER Dl PEUPLE

JOURNAL

M. A. DC LAMARTIMC.

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