‹ Le conseiller du peuple, journalChapitre 8 sur 40 · XV. Réfléchissez pendant qu^il en est temps encorel Je n*ai · texte numérisé non relu

XV. Réfléchissez pendant qu^il en est temps encorel Je n*ai

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Il coNsntLn vu wnnM

adcon iotérét à vous tromper; je suis de voas d «m vous; mes loyers sont les vôtres; j*ai vu de plus près qoe vooSy par le hasard d*ane révolalîon qui in*avait jrté dans son cratère, ces

masses du peuple qui semblent aujourd'hui, dans vos journaux, n'avoir plus d*aotre droit que d'ctrc insultées par des plumes vénales; ces masses du peuple, mille fois plus pénétrées de bons Instincts, de lumières du cœur sinon de Tesprit, mille fois plus honnêtes, plus résignées, plus religieuses, plus dévouées, plus héroïques dans le dévouement h la société, que ceux qui les pervertissent en leur enlevant Pcstime d'elles-mêmes comme voua le faites tous les jours. Quand ces masses se sont égarées aux souffles confus des jours révolutionnaires, quand d'in perceptibles factions parmi elles ont essayé de les précipiter dans la démagogie et dans le sang dont on ne se lave jamais, quand les sectes absurdes ou perverses du socialisme chimérique ou envieux leuront soufflé momentanément des vertiges qui auraient fait chanceler le soi lui-même et rejeté la civilisation dans l'état sauvage, quand les cIuIm terroristes ont tenté de les entraîner dans ces tourbillons de paroles h travers lesquels on leur montrait la hache et réchafaud, ces outils du crime comme des outils de nivellement et de fraternité, j'ai osé leur dire en face la sévère et terrible vérité. J*ai donc le droit de tous la dire à vous-mêmes et je vous la dis aujourd'hui?

Si vous ne vous modérez pas, si vous ne réfrénez pas par le dégoût les ressentiments et les témérités qui signalent depuis six semaines vos journaux favoris; si vous continuez à inquiéter les populations sur votre acceptation de ce traite de paix et d'égalité entre les deux moitiés de la France, qui s'est appelé la Constitution et la République; si vous persévères à encourager les folies des incrédules à la démocratie dans la presse, dans les réunions, dans les conseils, dans les tribunes, dans les majorités impatientes; si TOUS allez plus loin et si vous triomphez par une surprise quelconque, militaire, parlementaire, personnelle ou autre de la République; vous ne saurez que faire le lendemain de votre triomphe; vous vous retrouverez avec étonnemcnt d'abord et avec terreur ensuite maîtres d'un gouvernement, isolés du peuple, avec quelques hommes d'état, quelques soldats et quelques salons autour de vous, et avec une nation de trente-six millions d'âmes en face. Vous vous regarderez quelque temps immobiles. Puis vous vous compterez et tout sera dit!... Vous disparaîtrez dans votre triomphe, et la République reviendra comme reviennent les reflux des éléments contre une digue trop faible, en la submergeant.

Oui, la République reviendra) mais comment reviendra-t-cUe?.,«

LE COHSfilLLSA DU PgUPI.£.

c'est là toute la question. Croyez-moi, pensez-y j c'est une voix amie qaî vous appelle à réfléchir. Ne tentez pas les secondes révolutions.

LAMARTINE, Hqpféteniani du peuple.

OBSERVATIONS sur

LA PROPOSITION DB M . Ofi LAR0CHBJAQUEL£1N.

Si la question préalable, volée par rAsscmblée dans sa scancedii 27 mars sur la proposilion de M. de Laroclicjaquclcin, n'avait pas interdit la tribune aux orateurs, j'aurais pris la parole pour répondre à quelques-unes de ses assertions. Témoin et acteur dans les faits cites par l'honorable auteur de la proposition, je dois a moi-même, à mes collègues absents, et surtout ù la République de rectifier ces faits en ce qui donne à l'origine de cette République, proclamée le 4 mai, un caractère qui ne doit pas planer sur une institution devenue nationale. Comment le Peuple respecterait-il une Constitution qu'on lui laisserait considérer eomnie roBOvre de la conspiration, de la violence et de la prettîon excffieéo contre sa représentation dans l'Assemblée constituante?

M. de Larochejaquelein estun homme de cœur; il ose tout dire, mais il ne Tondrail rien affirmer qui ne fùl vrai dans sa pensëei il me saura done gré à ce titre de remettre ses assertions dans la vérité. Cest un de ces hommes qol ne trompent que quand Ils sont euMnémes trompés.

ie eite quelques-uns de ses considérants présentés à Tappui de sa proposition.

c l« H. de Larochejaquelein dit: — ComMnmi que la prineipale cause des malheurs qui affligent depuis si longtemps la France provient de ce qu*aux différentes époques où, confondant k tort la souveraineté nationale avec le principe électif, la souveraineté nationale a été présentée comme la base nouvelle des Institutions politiques sans que la France ait été appelée à se prononcer librement sur le choix du gouvernement qu*elle préféraitf etc. »

Je réponds : que si cela est vrai pour la révolution du 10 août eu TAssemUée seule et le Peuple de Piris déclarèrent la

Li coRmirU» P0 mru*

SI

déchéance du trône; que si cela est vrai, pour le 18 brumaire oà quelques grenadiers et quelques généraux confisquèrent la rejurétation nationale) que si cela est vrai pour TEmpire où quelques corps politiques, à Paris, offrirent la souTcrainelé héréditaire, ratifiée seolemeiit, pour la forme, par des voles après coup; quo si cela est vrai ponr la RestauratioD de I SI 4 où des princiles et des chefs étrangers, assistés de qoelqaes hommes d^fital formés eu conciliabules ches M. de Talleyrand, rappelèrent la royauté légitime, que si cela est vrai en 1815 où les Bourbons se rappc* lèrent eux-mêmes par la déclaration de Soint-Ouen, que si cela est vrai en 1830 où quelques citoyens, à rH6tel-de-Vllle et quelques députés de Topposltion à la Chambre, donnèrent la couronne a la dynastie d*OrlÂns; cela est faux de la République sortie librement et presque unanimement des votes à deux degrés de la France, par Télcction de TAssemblée constituante d^abord, et par le vote de cette Assemblée nommée ad hœ par la France.

99 M* de Laroehejaqoeleln dit : Considérant que dans d'autres cas, la France n*a été consultée qu'après la substitution violente d'un gouvernement à un autre, etc* »

Je réponds : Que M* de Laroehejaquclein veuille bien nous dire! quel est le gouvernement qui n'ait pas été la conséquence de la destruction violente du gouvernement qui le précédait? Le 10 «oût fut un assaut du Peuple aux Tuileries. Le 18 brumaire fut l'assaut de quelques soldats entraînés et séduits par la gloire, contre la représentation nationale. 1814 fut le reflux de r£urope sur l'Empire et l'assaut donné par le monde à la patrie* 1815 fut l'assaut donné de nouveau à Paris par les vainqueurs de Waterloo, pour y foire rentrer la royauté légitime. 1830 fut l'assaut du Peuple de Paris sur les ministres de Charles X. Les journées de février forent l'assaut sans préméditation du Peuple et d'une partie de la garde civique, sur le palais des Tuileries et sur la Chambre des députés. Je ne connais pas de gouvernement qui se soit expulsé lui-même jusqu'ici. Or, toute expulsion est une violence. Si e'est une tache â l'origine d'un gouvernement, cette tache est commune à tous; ou plutôt ce n'est pas la faute des gouvernements, tous condamnés a naître d'une révolution, e'est la faute de la nature des choses. La Providence seule pourrait faire un amendement a eette loi. Ni M. de Larûchejaquelein, ni moi, ni le Peuple français, nous n'y pouvons rien. Qu'il s'adresse à la nature et quil la prie de se eorr^r. *

« M. de Larocht^aqueleindit : « Considérant, tout en tenant grand compte des difficultés conUre lesqudies ils avaient à lutter, que les hommes, qui le 34 février 1848 furent portés provisoirement au pouvoir, étaient dans l'opinion générale et fondé sans

«icun droit, pour imposer à la France une forme quelconque de gouvernement, etc. »>

Je réponds : « Cela est vrai. Aussi ces hommes obligés sous peine d'anarchie de proclamer un gouvernement quelconque^ quoi qu* en dise roratoiir, car Tabsence d'un gouvernement quelconque eût été le néant; ces hommes, dis-je, ne proclamcrent-iis la République provisoire comme tous leurs actes, qu'avec la réserve explicite et formelle de la souveraineté de la nation française, consultée aussitôt que possible et d'une Assemblée constituante nommée par le suffrage universel, sans partialité et sans exclusion d'un seul citoyen? » ( Lisez la proclamation originelle de la République sur la place de rHôtel-de-Ville, rédigée cl écrite par moi).

4><> M. de Larochejaquelein dit : « Considérant que tout fut combine par le gouvernement Provisoire pour enlever, même à la France, la spontanéité, la plénitude du libre arbitre, qui seules pouvaient donner à ces actes l'autorité morale d'où résultent la satisfaction des consciences et Tabdication des partis. »

Je réponds : « Ceci est erroné. Le Gouvernement Provisoire eut mille fois plus de peine k hitt consentir les masses dont il était enlODréè Paris, à la convoealioii do TAsserobléc constituante et à rinterrogation de la France par le sufTagc universel, qu'il ii*eii aurait ea à conserver la dictatare irrégulière mais urgente dont il était jostement impatient de remettre le l^rdean entre les mains seules sonveraines de la nation représentée. Ce fat son principal labeur et son csuvre la plus difficile. M. de Larochejaqudein est, a cet égard, dans une erreur hlslorii^ eompl^* Les grands soulèvements de deux cent mille hommes de mars et avril n'avaient d'autre objet que de contraindre le Gouvernement Provisoire à s'imposer à la nation au lieu de ta consulter et de lui obéir* L'avenir éclairé et plus juste, proclamera cette vérité à fabsolution du moins de ce gouvernement. Il avait plus de forées qu'il n'en ftllait pour fhira un coup d'Etat contre la nation; Il n'eut do hâte et d'ambition que pour lui restituer son drait dans toute sa plénitude. Plus II aimait la République, plus il voulait loi donner la base incontestée de la volonté du pays. •

8* M. de Larochejaquelein dit : « Considérant que, dans toute « la France, les fonetionnairesderordrapolitiquefurentremplacés « par les commissionnaires. »

Je réponds : « Comment M* de Laraehejaqudeln eomprand-il que des préfets ou des ambassadenra nommés par le gouvernement du rai eussent pu, sans se déshonorer, passer le lendemain ao mnwe d'un gouvernement contra le roi? et comment eomprandil qiie le gouvernement chargé par la révolution ëe veiller sur sa

COMSBlU.£a DU PEUPLE.

sûreté eût pu confîtT le lendemain celle sûreté de la révolution consomnicc aux pn'fcls qui vniaicnl de la conihallrc? et cominenl compren<l-il qwc le Peuple auiMil obéi à ces prélVls qu*il venait de vaincre et de remplacer révolntionnairemcitl Ini-mcmc? Un cri : A la trahison du g«Jiiverrn'meiit se serait élevé de toutes les villes et de tous les hameaux do In France. Trinln\ niais ou dcsohcis, le î^onverncnjent qui Munirait pas reniplaré les agents poliliques de la royaulc u'aurail eu que le choix eiilr t' l'odieux, le ridicule ou rioipuissancc. Il ne voulait ni i*ua ni l'autre de ces rôles. «

ô*» M. de Larocheiaquclcin dii : « Considérant que des pouvoirs illimités furent confiés à ces conuiu'ssaîres. «

Je réponds : « Non. La circulaire fameuse qui conlenaitces mots, ûBUvre de bureau d'un seul ministère, ayant été porlée à la connaissat;ccdu gouverncmeni, le j^ouvernrmenl et le minislrc même dont elle avait trompé les inlenlious la désavouèient a\cc éclal le lendemain, dans la proclamai ion au Peuple français, du 49 mars, rédigée par moi-même, et finissant par ces mois : w ne pesez pas sur les élection»; donnez au& électeurs la lil^erlé, ils vous rcuverronl la République î »

La garde nationale de Paris se souvient encore de rallocution qui lui fut adressée la veille par moi, dans la gran»le salle de rilôlel-dc-V'ille, cl où je lui dis à propos de celle circulaire : « Le gouver nement n'a chargé persofine de piirlcr c:i son noju. « (Lisez le Moniteur cl l'énergique f>roteslalion du gouvcnu'meul contre celte circulaire et contre celle où l'on faisait une sorte de casledes républicains au lieu de eonfomlre la Bépublique et la nation),

7*» M. de Larochejaquel(Mn dit : « (Considérant ()ue lors de la réunion de PAssemblée nationale à Paris, il n'existait dans cette vilic, à rexceplion de la garde nationale, aucune furce militaire pour protéger la libeité des délibérations de TAssemblée; que la garde nationale avait été composée <lans un but spécial, etc. «

Je réponds : • Cela est inexact. Le gouvernement, depuis le 24 février, avait dû éloigner monienlanément l'armée qui venait d'avoir une collision sanglante avec le Peuple. Il l'avait dû par deux motifs qu'on affecte de travestir aujourd'hui : premièrement, pour séparer les combattants et empêcher des collisions nouvelles; secondement, pour prévenir Pindiscipline, le ()illagedes armes dans les casernes et la promiscuité ii réparable en temps de sédition des soldats et du Peuple. C'était le respect ii Tarméc el non l'insulte, comme on a voulu de mauvaise foi qualifier cette prudence du gouvernement. Mais aussitôt après le triomphe de Tordre, le 16 avril, par le secours que la garde nationale vint apportera l'Hôlel-de-villc, le gouvernement provisoire s*occupa de faire rentre^

le CONSEILLIiR DU FlUFLC.

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' LB COMSKILLSE DU PBUrLB. 85

^ solde (lu socialisme, furent constaui nient pendant quatre mois, !• l'appui volonlaire du gouvernement qui défoiuhiit Tordre et les fi propriétés. Ils pesaient en effet, mais ils pesaient alors contre les et clubs exirêmes et contre les exigonees turbulentes des agitateurs 4 et des séditieux. I.e gouverncnient modéré les inspira seul et acecpla souvent leur concours dans des moments décisifs. Quand li Tindiscipline et la sédition éclatèrent aux Invalides, et qu'une ï poignée de soldats indignes de ce nom traînèrent le général Petit ; enchaîné dans les rues de la capitale, ce furent des détachements de ces ateliers qui prêtèrent leur secours à M. Ara;^o, ministre de i laguerre, pour aller réinstaller le gcoçral Petit, réprimer Fémcute t militaire, punir les coupables.

it II en fut ainsi jusiprau mois de juin, époque à laquelle Tapk proche du licenciemcul pressentie dans les ateliers nationaux les jeta dans la lernientalion et dans les mains des agitateurs. Mais ces agitateurs étaient si peu inspirés par le gouvernement que les : chefs de sectes du Luxembourg étaient déjà arrêtés ou en fuite alors; ce fut aux cris de mort à Lamartine et à Marie que le sou- ' lèvement des ateliers nationaux s'opéra le 22 juin au soir. La eomniisiion exécutive, à l'unanimité, était si loin de conserver ce rassemblement pour peser sur l'assemblée, que le gonvcrnement avait rassemblé lui-même 55,000 hommes appelés de loin el à temps pour les dissoudre, et qu'elle signa dans la nuit du 22 au 2ô l'ordre de repousser la sédition par la force. Un sang h jnni;iis déplorable fut r épandu, mais ce sang fut versé pour défendre TAssembléc nationale et non pour l'opprimer. Le gouvernement prévit Tinsurreclion, prépara, ordonna, commença la lutte, combattit luimême, offrit sa poitrine pour couvrir la représenlation, et ne se retira qu'après que la victoire recrutée par ses ordres ne laissa plus d'incertitude aux bons citoyens. Le général Cavaignac la poursuivit et l'acheva avec un douloureux mais intrépide dévouement à TAssemblée. C'est sous un rempart de baïonnettes formé par lui pour couvrir la liberté de la représentation, que la Constitution, qui proclama de nouveau et de sang-froid la République, fut votée.

« Ainsi le gouvernement réserve ses droits a la nation consultée, contre les masses de Paris au premier moment; il évoque la représentation par des élections libres et universelles du fond du pays; îl lui prépare une garde mobile, une garde civique protectrices et une armée nationale; il fait rentrer deux jours avant l'installation de TAssembléc cette armée de Paris et autour de Paris; il dissout, prénnaturcment peut-être, les ateliers nationaux qui Pinquiètent; il tire sur sa prétendue armée; il combat lui-même contre ses soidisant complices; il s*offre aux balles pour la cause de PAssembléc;

It COilSBILtBl DU FEUnif

U Pentoore de 55^000 hommes pendant qa^cllc délibère, el le met de République est le premier mol de la Con^litulîon, parce qu*elle est le dernier mot de la circonstance et l*onicle de la nécessité* Voilà la Torîté, voila la pression, voilà le machiavélisme da goavemement de la révolution pour dominer TAssemblée ! Certes la France est toujours libre de se démentir; mais s*il lui convient de se déjuger et de s*abaisser dmnt Thisloire par ce désaveu d^elte? même, qu*eile accuse son enthousiasme, quVIle accuse sa précipitation, qu*elle accuse sa versatilité; mais qu^elle nWuse pas son oppression, car ce serait accuser sa lâebolé et la France n*a jamais encore étonné le monde par la confession d\ine peur!

» Quant à la proposition de M. de Laroclicjaquclein, je ne la discuterai pas. On ne discute pas Tevidence, on ta sent oo on ne la sent pas; voilà toute la controverse. SI néanmoins j*avais à la discuter, je me bornerais à poser, à la manière de Socrate, cinq on six questions à Tauteur de la proposition, et de conséquence en conséquence, je leeonlraindrais d*aboQlir à Tanarehlequ*!! déteste autant que nous.

9 Ainsi, je suppose que ta proposition de M. de Laroehejaquelein eàt triomphé, et que la nation consultée sur ces deux mots mmwrefiie on r^tbUqw^ eàt répondu monaiiàkt^ le lendemain, M. de Larochejoquelein, qui est trop laconique dans sa première question, eût été obligé de provoquer une autre épreuve pour de« mander à la nation : Quelle motMr^ie f Appel au Peuple /

» Je suppose que la nation eAt répondu la moamthie de Vem^ pire, le lendemain M. de Larochejaquelein ou un partisan de la royauté de Juillet viendrait demander une troisièir«e épreuve en se fondant sur la preuion des souvenir de la gloire, de Parmée, dn gouvernement existant et dominant le scrulin. Appel nu Peuple !

« Je suppose qii^à la troisième épreuve la nation eut repondu par la monarchie de Juillet, le lendemain, une proposition signée par un impérialiste et un légitimiste aurait demande une quatrième épreuve, se fondant sur la pmeion des fonctionnaires de Juillet encore en place, de la eaptation récente, des affections non en(!ore éteintes, des habitudes non encore oubliées. A]^ an Peuple!

• Je suppose que la nation, a cette cinquième épreuve, rrponde par monarchie lêgHime, Le londcmnin, républicains, impérialistes, partisans de la royauté illégitime, signeraient une proposition pour de mander que le scrutin soit annulé, se fondant sur la pression de la noblesse, du clergé, de la grande propriété des arîr stocraties et des théocraties de tonte nature, influençant les campagnes et souillant le scrutin. Appel au Petiphl

• £t je suppose enfin que la nation fatiguée d^épreoves se divise

LB COMSSlLLEa DU PEUPLE.

à peu près en deux camps é;;<^iix, et iic donne à l'un ou l'aiilrc de CCS syslcmos qu'une mnjorilc d'uno ou deux voix sur douze millions de sufTniges? M. de Larochejîujucleiii pense-i il (]u'il y ait sous la voùle <lu ciel une nation de pliilosophes assez scr upuleux observait urs des arrcls niélaphy^iques du noadirc en nialièic aussi passiituucc (]ue les nialicres de gouvcrnenienl, pour s'arrêter devant une voix et pour ne pas demander Tannulalion du scrutin, se fondant sur viuc pression quelcoiique, car qui est-ce qui n'est pas pression ici-has'^ t. es nations sentent les pressionsdes circonstances, des événements, des paniques, des nii>èn's, des idées, couimc le mercuic s^'Ut la |)ression do Palïnosphère. Api/vl nu pi upfcl

• Et je suppose enfin qu'il n'y ail ni majoiilé ni ujiuorité cairactérisée, que les voles se balancent, que les nombres s'équilibrent, que les suffrages s'annulent? Appel aii Peujde alors? Non, mais appel aux armes et guerre civile! Voilà la nalion qui s'est posée à elle- même un cnsus /^//i contre cllc-mciue! Quelle logique, qu'une logique qui aboutit à du sang?

» La Uépiib!i(jiie nous en préserve. Ucstons-y et améliorons-la au lieu de la discuter sans cesse et de l'ébranler en la discutant. Je doute queccUe crise incessante dans laquelle nous plongerait la proposition de M. de Laroclicjaquelein, je doule que ce déménagement successif et organique de rois, de dynasties, d'emj)ire, ou de républiques fût un renïcde aus>i t'flicace à la crise des affaires, à la panique des capitaux, à rcufoui>si'meiit de l'or, au chômage des ouvrii rs que l'auteur des ro/<.«iVi(fn//J.s parait le croire j l'apiKîl à Tordre, l'appel au bon sens, l'appel au travail valent mieux, scion moi pour cela, que ces huit ou dix appels au Peuple.

En finissant une pensée me frappe, et me ferait pardonner à la Republique si j'étais du nombre de ceux qui s'impatientent contre le temps. Cette pensée, la voici : En 1790, une proposition eomme celle de M. de Larochejaquelein, aurait conduit le lendemain son auteur en prison; en 1795, clic Taurait conduit le len* demain à réchafaud; en 1810, elle Taurait conduit le lendemain à la plaine de Grenelle; en 1815 elle Taurait conduit le lendemain à la cour prévôtalc; en ^840,, elle Taurait conduit à la Gourdes pairs, et de là il une prison d*Etat. En 4850, la République libre lolérante et maj^nanimc, écoute sans se fâcher, discute .sans sea»* dale, et se borne, après avoir honoré le courage de logique de la proposition, à n*Qvoyer son auteur à quoi?... à la réflexion. Je ne puis m^empéelier de bien es|)éi'er d^une République qui a fait iiîre du premier coup ce progrès ao bon sens, à l'humanité et wn mmrt de mon pays.

LAMARTir^E.

Bepréteaitml du Peypk»

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