‹ Le conseiller du peuple ou Réflexions adressées aux Canadiens-français [microforme]Chapitre 22 sur 39 · LE | Ï · texte numérisé non relu

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cipes du catholicisine, recueillant leurs bienfaits, le peuple cunadien est porté à croire que toutes ces conditions de bien-être social sont inhérentes a toute société en général; il ne remonte pas à la source de ces bienfaits; il Le l’apprécie pas comme il serait désirable qu'il le fit. Pour comprendre de quoi nous sommes redevables à Ja Religion, il faut voir dans quel état elle a pris le monde ; il faut cela, pour se détromper d’une erreur bien commune, qui est celle de croire que la sagesse humaine est pour quelque chose dans le bonheur dontles peuples sont appelés à jouir. C’est en étudiant le pa: ganisme qu'on voit ce que peut attendre le peuple de la philosophie, de la science et des lettres. Consacrons quelques pages à cette étude intéressante ; voyons ce qu'étaient les peuples anciens sous le rapport religieux.

Les Egyptiens, le plus ancien des peuples, étaient très avancés sous certains rapports ; leurs lois, nous dit l’histoire, étaient pleines de sagesse ; ils cultivaient ‘les arts, et avaient rendu par là leur nom fameux. Eh bien ! en religion ils étaient d’une ignorance telle qu'on aurait peine à y croire, si l’histoire n était aussi positive sur ce point. Savez-vous d’où ils faisaient sortir le monde avec toutes ses merveilles ? D’un œuf de crocodile.— Le croco-

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Ce monstre des fleuves n'avait pourtant pas seul l'honneur d’être la divinité de ces peuples idolâtres ; ils adoraient encore, entre une multitude d’autres, le bœuf, le chat et le vautour. Les peuples avaient un tel respect pour ces animaux érigés en divinités qu'il n’était jamais permis, bien entendu, de les tuer :

et si la chose arrivait par mégarde, l’auteur de ce déicide était puni par les supplices les plus atroces. On croyait ne pouvoir jamais le faire souffrir assez pour apaiser la colère des dieux, pour la perte d’un de leurs collècues.

Ouvrez les Saintes Ecritures, et vous verrez les sacrifices affreux qu'offraient les Chananéens, les Phéniciens et les Carthaginoiïs au dieu Moloch, qui n'était autre chose qu’une statue de métal. On faisait rougir cette statue, et quand le fer était incandescent, des pères et des mères allaient déposer entre ses bras leurs

enfants. Dans certaines circonstances extraordinaires, on immolait de la sorte en nombre épouvantable, de malheureuses victimes.

Quand pour apaiser la colère du Dieu, au temps des grandes calamités, les victimes faisaient défaut, on punissait les parents de leur négli-

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gence à immoler leurs enfants, en les faisant précipiter eux-mêmes dans une fournaise.

À Rome et à Athènes, la philosophie ne faisait pas défaut, et cependant quelle idée avait-on de la divinité ? Les dieux de pierre et de métal régnaient sur l'Empire et recevaient les honneurs divins. Les vices même, les inclhinations les plus honteuses de la nature avaient leurs autels sur lesquels fumait l'encens. La religion était tellement identifiée avec la volupté, qu'on ne saurait convenablement la faire connaitre dans une brochure cemme celle-ci, destinée a être mise entre ies mains de tout le monde.

Les Gaulois avaient aussi leur religion bien digne de ces temps barbares. Dans leurs s0olennités religieuses, ils fabriquaient d'énormes statues d’osier, les remplissaient d'hommes et de femmes vivants, et y mettaient le feu pour honorer, par ces sacrifices, leurs divinités.

On ne saurait trouver incroyables ces stupi.

des superstitions et ces affreuses cruautés quand on considère les payens de nos jours, quand on étudie la situation de ces peuples sous le rapport religieux. Voyez, dans les Indes ; si par civilisation vous entendez le progrès matériel, l'avancement dans les arts et les sciences, certes ces peuples devraient être

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considérés comme ayant atteint un dégré éminent de civilisation. Allez leur demander leur cathéchisme, et vous serez ravis de leurs réponses, de la manière admirable dont il vous expliqueront la création de l'espèce humaine.

Le Dieu de leur pays s'appelle Brahma.

Après avoir été plongé dans le sommeil pendant des siècles, il voulut enfin produire des hommes. De sa tête sortirent les Brahmes, espèces de demi dieux qui sont l'objet d’une grande vénération ; de ses épaules sortit la caste des rois, des gouverneurs, des gens de guerre ; de son ventre et de ses pieds la caste des laboureurs, les gens de métier ec les négociants.

Vous voyez, mes amis, qu'il ne fit pas sortir les gens de votre classe de bien haut. Aussi dans ces pays ne serlez-vous pas très considérés, ni très heureux ; car si, par malheur, les gens du peuple entrent, même par mégarde, dans la maison des gens de condition, on les tue sans cérémonie.

Tandis qu’on a si peu d’égard pour l’espèce humaine, la religion de l’Inde veut qu'on ait la vache en grande vénération, que tous les jours on se frotte le corps avec sa fiente, qu’on en frotte aussi sa maison, qu'on ne donne jamais la mort à aucun animal, pas même à la

vermine dont on est dévoré; que la veuve se fasse brüler vivante sur le cadavre de son mari, et mille autres gentillesses de ce genre. Avec une telle religion, ou peut juger de l’état de la société dans ces pays.

Les mœuïis des payens étaient tellement dépravées qu'il n’est pas possible de les dépeindre ici, ce serait offenser la pudeur que la religion met au rang de ses vertus les plus délicates.

Leurs cruautés égalaient leurs débauches ; quand ies dieux se montraient s! avides de chair humaine, il est tout naturel que ceux qui se sentaient les plus forts, n'eussent pas grand respect pour ia vie de leurs semblables. Aussi rien de plus cruel que les guerres de ces temps barbares; le vainqueur croyait ne pouvoir jamais trop proliter de la victoire, pour exercer sur le vaincu les cruautés les plus atroces. On ne connaissait que le droit du plus fort; et ce que nous appelons aujourd'hui droit des gens, était chose qui eût fait sourire ces bons payens de pitié La perfidie, l'incendie, le pillage et les massacres les plus affreux étaient consacrés par l'usage du temps. Les principes de justice et d'humanité ne pouvaient guère prévaloir en temps de guerre, quant ils étaient méconnus et foulés aux pieds dans le temps de la paix. |

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Des rois vaincus étaient trainés, attachés au char du vainqueur. Les prisoniers de guerre étaient faits esclaves et souvent réservés pour l’'amphithéâtre. C’este ainsi qu'on justifiait ce mot de Jules César : “ l’espèce humaine est une proie jetée aux plus forts”.

Les cruautés de l'ancien paganisme viennent de revivre dans les massacres qui ont eu lieu, il n’y a que quelques mois, dans la Syrie. Les détails qu'en ont donnés les journaux font frémir ; après les avoir lus on n’a aucune peine à croire ce que nous rapporte l’histoire de la cruauté des payens de l'antiquité. Brüler des hommes tout vifs, les mutiler, arracher à une femme enceinte son enfant et le mettre en pièces devant ses yeux, voilà les tourments dont les chrétiens de la Syrie viennent d’être les victimes de la part des infidèles.

Aujourd'hui que le Christianisme a étendu son action civilisatrice à presque toutes les parties du monde, ces scènes affreuses ne se réitèrent qu’à des époques éloignées les unes des autres, au sein des sociétés payennes qui ont subi à un certain degré l'influence de cette civilisation par leur contact avec les peuples chrétiens ; mais dans le paganisme de lantiquité, cette barbare cruauté était l’état habituel de la société, comme nous allons le voir.

Nous venons de dire que les prisonniers de guerre étaient faits esclaves. Qu'était-ce que ces esclaves ? C'était des hommes regardés et reconnus comme moins vils que nuls. La loi ne leur reconnaissait aucuns droits ; ils étaient la propriété de leurs maîtres qui en disposaient selon leurs caprices. à

À Rome et à Athènes ils étaient dans la proportion de dix-neuf sur vingt. Dans la république de Sparte ils étaient encore dans une plus grande ‘proportion, et la manière dont ils étaient traités fait frémir d'horreur. Si un maître par un sentiment d'humanité, que disje ? ce mot est profané en l'appliquant à cette société ; si un maitre, par intérêt, nourrissait ses esclaves de manière « leur donner de la force ou une apparence de santé, 1l était condamné à l'amende, et on exterminait sesilotes ; (c'est ainsi qu'on appelait les esclaves dans cette république).

Les jeunes gens qui s'exerçalent au métier de la guerre étaient conduits à la chasse aux ilotes ; pour être réputé bon soldat, il fallait avoir tué, ou pour le moins estropié, un certain noïabre de ces êtres malheureux.

Nous avons vu qu'à Rome lesesciaves étaient nombreux ; des sénateurs, des chevaliers en avaient dans leurs palais jusqu’à quatre, et

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cinq cents. À la campagne ils étaient encore plus nombreux et leur sort était affreux. Durant le jour, on stimulait leur courage à l’aide du bâton ; le soir on les enchaïnait et on les enfermait dans des souterrains.

Quand leur nombre devenait assez grand pour inquiéter, pour faire craindre qu’ils se révoltassent contre leurs maîtres barbares, on ordonnait une battue, et la chasse aux esclaves devenait un objet d’amusement pour la jeunesse.

Les esclaves des villes, même ceux qui étaient au service des riches, des dames, n’étaient pas exempts des traitements les plus cruels. Pour des fautes très légères et purement involontaires, .pour avoir, par exemple, cassé un verre, on les jetait dans les rivières pour servir de pâture aux poissons. Il n’y a pas de cruautés que les dames n’exerçassent sur les pauvres esclaves qu’elles employaient pour leur toilette, pour les habiller et les coiffer ; le sang ruisselait pour une boucle de cheveux qui n’était pas arrangée à leur goût, ou pour une épingle mal mise. Ces horreurs paraîtraient incroyables, sans les tableaux que nous en ont laissés les historiens les plus graves de ces temps, qu'on n’a fait que recopier et dont nous extrayons ces détails.

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Le sort du peuple, des classes inférieures, était loin d’être digne d'envie. La société était partagée entre deux eastes, dont lune devait jouir et l’autre souffrir. Les richesses étaient accumulées entre les mains d’un très petit nombre, tandis une le reste des hommes n'avait que la misère et kes privations pour partage. D'un côté régnait le despotisme le plus absolu, de l’autre la servitnde sous Les formes les plus hideuses. C’est là le caractère distinctif des sociétés qui ne connaissaient pas le Dieucharité —l’égoïisme, l'amour exclusif de soimême.

Aussi voyons-nous qu'à Rome, les riches ne voulaient pas même supporter la vue de la misère, elle troublait leur bonheur; et pour n'être pas importunés au milieu de leur réjouissances et de leurs festins, par les cris et les lamentations de ceux qui périssaient de faim à leurs portes, pendant qu'eux se gorgeaient de mets exquis, ils envoyaient recueillir dans un chariot public ces malheureuses victimes, et les faisaient jetter dans le fleuve.

Nous avons dit que les prisonniers de guerre étaient souvent réservés pour l’amphithéâtre. Qu'’était-ce donc que cet amphithéâtre ? C'était un lieu de boucheries, mais de boucheries de chair humaine, un lieu où les esclaves et les

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prisonniers de guerre étaient forc's de s’entr'égorger, ou bien dans leqnel, après avoir lutté contre des animaux féroces, ils étaient déchirés et dévorés au milieu de ce bon peuple romain pour qui c'était le spectacle le plus agréable dont il pût jouir.

Ce genre d'amusement n’était pas chose qui n’arrivait que rarement ; il ne se passait guère de jour sans qu’il coutât la vie à une vingtaine de victimes. Mais bientôt on trouva fades et insipides ces petits massacres, tandis qu'ils y avait tant d’esclaves dont on pouvait disposer. Aussi voit-on que, dans certaines circonstances plus solennelles, on immola pour le seul plaisir des assistants, trois mille, quatre mille et jusqu’à dix-neuf mille victimes. Il n’y avait pas de fêtes pour ce peuple dépravé sans qu’on exterminât quelques milliers de ces malheureux.

On se rendait à ces spectacles avec plus d’attrait que n’en ont les peuples moderne pour le théâtre. Les femmes, les filles y assistaient et quand une victime tombait, quand on voyait ruisseler le sang, elles tressaillaient de joie et battaient des mains.

Quel était maintenant le sort de la femme et des enfants dans les sociétés payennes de l’antiquité ? Il était affreux : la loi reconnaissait dans l'homme qui était chef de famille, le maître absolu de la femme et des enfants; il avait sur

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eux droit de vie et de mort. Les Chananéens immolaient leurs enfants, les Syriens les précipitaient du haut d’une montagne en l’honneur de la déesse Junon. Chez les Parthes le meurtre de l'enfant et de l'épouse n'étaient pas censés criminels, tandis que l’homicide de l'étranger était ‘sévèrement puni par la loi. Chez les Bactriens, on se débarraissait des vieillards infirmes et des malades en les exposant à la voracité de chiens qu’on gardait pour cet usage; ailleurs on les laissait mourir de faim, sous le prétexte de mettre par là un terme à leurs souffrances.

Et dans la République de la Grèce, le sort de la famille était-il moins lamentable ? Les Lacédémoniens ne laissaient vivre que les enfants qui naissaient forts et robustes, qui promettaient de faire de vigoureux soldats ; pour ceux qu'on jugeait ne devoir pas être en état de supporter les fatigues de ia guerre, on les jetait dans une fondrière. À Athènes le trafic de la femme le plus honteux était autorisé par la loi. On y exposait les enfants et on les immolait aux dieux. À Rome le mari avait un droit absolu sur sa femme ; il la répudiait sans aucune raison légitime ; l'épouse aussi pouvait quitter son mari. Les enfants, exposés en grand nombre, mouraient par la misère et la faim, ou

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le peuple en s’entr'égorgeant ou en luttant contre les bêtes féroces.

Les payens ne reconnaissaient pas de loi morale supérieure à la volonté du souverain; pour eux l’état était le tribunal suprème qui ne reconnaissait aucun droit à l'individu. Investis d'un tel pouvoir, on peut imaginer jusqu’à quel point les souverains qui professaient le culte des passions les plus ignobles, devaient en abuser.

Aussi voit-on que les empereurs romains faisaient passer devant eux les pauvres victimes qui entraient à l'amphithéâtre pour être dévorées par les tigres, les lions et les panthères, ou bien être déchirées par des armes meurtrières, et qu'ils se faisaient saluer en ces termes: “César, ceux qui vont mourir te saluent!” Voit-on un Néron faire mettre le feu au quatre coins de la ville de Rome, pour ‘satisfaire la fantaisie qui lui était passée par la tête; le voit-on faire enduire des chrétiens de résine, les faire attacher à des poteaux auxquels on mettait le feu, pour qu'ileüt le plaisir de conduire ses chevaux

à la lueur de ces flambeaux, et dans la compagnie de femmes de mauvaise vie.

C'était un des caractères saillants du paganisme, de donner à l’état une autorité absolue, illimitée sur les individus: le christianisme a tendu à l'individu ses droits. Le catholicisme, qui seul a conservé ‘enseignement et lesprit du hristianisme, a seui aussi maintenu ces drois de l'individu; et vous devez remarquer que les sociétés qui se sont séparées de l'Eglise catholique ont aussi laissé fouler aux vieds les droits de l'individu par l'état dont ils font une divinité ; au point que le père renouce à ses droits les plus sacrés sur son enfant pour l’abandonner au contrôle du gouvernement, témoin, le système des écoles nationales.

Vous venez de contempier un triste spectacle, un spectacle qui fait rougir l'humanité, un spectacle qui fait mal au cœur. Voilà d’où la religion a retiré le monde. Détournez vos regards, portez les maintenant sur la société chrétienne, regardez autour de vous, admirez ce changement étonnant. admirez l’œuvre de la Religion et remerctez la divine Providence de vous avoir fait naitre dans le sein de cette Eglise qui assure, aux membres des sociétés qu'elle dirige, le bonheur social en attendant qu'elle leur procure le bonñeur de l’autre vie,

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Aujourd'hui le culte du vrai Dieu à fait dis: paraitre les monstrueuses divinités du paganisme, Celui qui règne dans les cieux, qui est le créateur de toutes choses visibles et invisibles, est connu et adoré d’une extrémité à l'autre du monde; les sacrifices cruels par lesquels on adorait ces fausses divinités, les honteuses débauches par lesquelles on célébrait leurs fetes, ont fait place au sacrifice adorable de l'autel, aux belles et touchantes cerémonies du catholicisme.

Sans parler ici de la grâce que donne ce sacrifice, de l'influence du cnite catholique dans l'ordre du salut, admirons l'influence de l’un et de l’autre sur la soc'été. Nulle part le princine de l'égalité des hommes n’est consacré et mis en pratique comme à la table où l'Eglise convie ses enfants, pour leur donner en nourriture Celui qu'ils adorent au ciel comme leur Dieu. Nulle part les hommes n’apprennent à se regarder et à se traiter en frères comme à ce baquet divin.

Le culte catholique par sa spieneur, par sa maiesté simple, élève les âmes, et adoucit les mœurs. Chaque cérémonie est un enseignement pour le peuple. Quelle leçon pour le riche d'entendre le chef visible de l'Eglise prendre le titre de serviteur des serviteurs, quelle leçon

de le voir, à l'exemple de celui qu'il présente ici-bas, laver les pieds des pauvres, et les servir à table! (1) Quel encouragement pour le pauvre d'entendre faire dans le temple l'éloge de sa condition ! quel motif pour lui de supporter avec patience ses privations, quand l'Eglise lui montre le Sauveur du monde appelant d’abord à son berceau de pauvres bergers ! Unedes conditions auxquelles l'Eglise promet au riche le salut, est la miséricorde envers le pauvre. Ainsi dans le Christianisme le joug qui, sous le paganisme, pesait sur les faibles et sur les indigents, disparait. Malgré l'inégalité indispensable des fortunes, on peut dire que lui seul réalise l’égahté des conditions, car lui seul s'occupe du pauvre, du faible comme du riche et du puis-

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sant. vi Les institutions civiles même sont tout im- re prégnées de cet esprit chrétien. Voyez cette a! admirable législation qui rayonne de toutes te parts, la Justice et l'équité. Voyez ces tribu- q naux réguliers où les causes s’instruisent avec p le soin le plus aticntit, Voyez la loi protégeant c le faible contre le fort, donnant à tous, même à 1 (1) On sait que le Pape, le Jeudi Saint, lave les pieds à treize nu PF : prêtres, ordinairement choisis parmi les missionnaires pauvres qui Le se trouvent à Rome pendant la semaine sainte. Le St, Père, après P la cérémonie, leur donne à dîner, et c’est lui-même qui les sort € à table. 1

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ceux qui sont accusés des plus grands crimes, tous les moyens de se justifier

L'esprit de charité, sous le règne du Christianisme, ne connait point de bornes; il s'étend à tous les lieux, à tous les temps, jusque sur le champ de bataille, en temps de guerre, il prescrit des lois à observer Comparez l'humanité avec laquelle se traitent réciproquement les parties belligérentes dans les pays chrétiens avec la barbarie que les payens vainqueurs exerçalent contre les vaincus.

Et dans les temps où la religion régnait avec empire sur les cœurs, ou l’on comprenait la véritable civilisation, savez-vous comment on terminait les différends en£’2 les peuples ou entre les souverains ? On vante aujourd’hui notre civilisation parcequ'on a trouvé le moyen de rendre les guerres plus meurtrières, de faire une affreuse boucherie de chair humaine en peu de temps, mais dans les siècles plus chrétiens, qu'une niaise et ignorante outrequidance se plaît à appeler âges obscurs, on avait mieux compris la véritable civilisation, on avait un peu plus d'humanité qu'on n’en a aujourd’hui. Au lieu de mettre sur pied des armées innombrables qui auraient coûté à l’état des sommes énormes, au lieu de sacrifier des milliers de vies, d’arracher à de pauvres mères leurs en-

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fants bien.aimés pour alle: les faire massacres sur le champ de bataille, au lieu de tous ces sacrifices dont le résultat le plus souvent est de satisfaire la vanité d'un usurpateur, on croyait avec raison qu'il était plus digne d’un peuple civilisé, de sociétés chrétiennes de régler les différends par arbitrage, Quand une difficulté s'élevait entre deux puissances, on en appelait au tribunal du père commun des fidèles qui pesait murement les raisons de part et d'autre, et prononcait entre le, parties contendantes. Aujourd'hui, cette manière pacifique de régler les différends ne saurait être praticable, depuis que le protestantisme est venu jeter le trouble dans le monde religieux, et effectuer une scission dont les constquences, au point de vue social, ne sauraient être plus funestes.

On peut juger du degré de civilisation qu'ur peuple a atteint par le degré d'honneur qu'eccupe la fermime dans la société. Ainsi chez les payens, qui étaient réduits au dernier degré de l'abrutissement, la femme était esclave, foulée aux pieds. Dans le catholicisme, qui est la plus haute expression de la civilisation, voyez le rang qu’occupe la femme. Partout elle est l’objet d’une protection particlière ; la feiblesse de son sexe est entouré de toutes les attentions ; son alliance avec celui qui doit être son sou-

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tien, son protecteur, est indissoluble, consacrée par la Religion. Chez les sectes en dehors du catholicisme, où le degré de civilisation doit être inférieur, vous trouvez la femme moins respectée, moins considérée ; le mariage n’est pas indissoluble, on souffre que ce lien sacré soit violé, que la femme soit laissée sans protection.

Et l'enfant, quel sort digne d'envie lui réserve la Religion, comparé aux malheurs dont il était victime dans le paganisme! La Religion et la loi le protègent des sa naissance. La Religion protège non seulement sa vie, sa santé, mais encore son innocence et ses mœurs.

Mais, demande-t-on, comment peut-on prouver que c’est la Religion qui a opéré tous ces merveilleux changements? N'est-ce pas plutôt le progrès, les sciences, les lettres qui ont civilisé les hommes? L’'ignorance n'était-elle pas la seule cause des maux affreux que vous venez de décrire ? Otez-nous la Religion, et certainement nous ne serons pas aussi pervers que les payens-

A cela je réponds que partout où la Religion a exercé son influence, on a vu disparaître les maux que nous venons de décrire ; tandis qu’on les trouve partout où elle ne peut pénétrer.

Rome qui était la capitale du paganisme, qui avait son amphithéâtre si souvent souillé par le

sang humain, avait à peine reçu l'Evangile qu'on vit tomber les idoles, disparaître l’esclavage ; et on y trouve aujourd’hui la civilisation développée à son plus haut degré, et telle qu'il convient de la trouver dans la capitale du monde catholique.

Parcourez toute l'Europe, et nulle part vous ne trouverez cette dégradante barbarie de l’antiquité ; jettez les veux sur votre propre pays si éminemment catholique, voyez la douceur des mœurs, la charité mutuelle, tout cela est un héritage de la religion.

De là passez chez les nations payennes, on vous a décrit leur condition au commencement decechapitre; avec tous les prétendus éléments de civilisation, privées des lumières de la révélation, elles font revivre la barbarie ancienne. La société de la Ste. Enfance vous fait voir les Chinois exposer encore les enfants par milliers. Un journal nous apprenait dernièrement que Sa Majesté Badahung, roi de Dohomey, était sur le point de sacrifier, de la manière la plusatroc, 2000 personnes en l'honneur de son père défunt, le roi (Gézo: il désire, dit:1l, surpasser tous les monarques aui l'ont précédé. Sans la religion, nous deviendrions, après quelques générations, quand les dernières traces et les derniers souvenirs de l’enseignement religieux se-

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“aient effacés, aussi dégradés, aussi barbares que les anciens

La science, l'instruction, la philosophie ne sont pas un antidote contre la barbarie, témoin Rome ancienne avec ses savants. On a le témoignage d’un philosophe éminent de l'antiquité qui disait: ‘ N'espérez pas de jamais réussir dans le dessein de réformer les mœurs des hommes, à moins qu'il ne plaise à Dieu de nous envoyer quelqu'un pour nous instruire de sa part.”

L'incontestable vérité de la régénération de la société par le Christianisme est avouée par les philosophes modernes les plus hostiles à la Religion ; l'évidence leur a arraché cet aveu. Ainsi parle J.J. Rousseau : “ Nos gouvernements modernes doivent incontestablement au Christianisme leur plus solide autorité et leurs révolutions moins fréquentes. Il les a rendus eux-mêmes moins sanguinaires : cela se prouve par le fait en les comparant aux gouvernements anciens. La Religion mieux connue, écartant le fanatisme, a donné plus de douceur aux mœurs chrétiennes. Ce changement n'est point l'ouvrage des lettres ; car partout où elles ont brillé, l'humanité n’a pas été plus respectée. Les cruautés des Atheniens, des Egyptiens, des Empereurs de Rome, des Chinois eu font foi.”

Certes, voici an beau témoignage, et qui

vient de la part d’un homme qu’on n’accusera pas de trop aimer la Religion. Voici comment sexprime un autre qui n'était certainement pas un dévot, Montesquieu : “ Pendant que les princes Mahométans donnent sans cesse la mort et la reçoivent, la Religion chez les chrétiens rend les princes moins timides er par conséquent moins cruels. Le premier compte sur ses sujets et ses sujets sur le premier. Chose admirable, la Religion chrétienne qui ne semble avoir d'objet que la félicité de l’autre vie, fait encore notre bonheur dans celle-c1...…. Que l'on se mette devant les yeux, d'un côté les massacres continuels des rois et des chefs Grecs et Romains, et de l’autre la destruction des peuples et des villes par ces mêmes chefs......et: nous verrons que nous devons au Christianisme et dans le gouvernement un certain droit politique et dans la guerre un certain droit des gens, que la rature humaine ne saurait assez reconnaître.”

“ C’est à la Religion chrétienne, dit un autre, qu'on doit ce système de gouvernement plus juste, plus libre, plus éclairé. On lui doit encore la vertu d'observer les lois de l'humanité au milieu des guerres les plus cruelles.”

La Religion, si on écoutait sa voix, ferait

Fi bien d’autres merveilles dans l’ordre social.

ent On ne fait que déplorer les maux qui afHigent

RATS l'humanité ; les charlatans politiques qüi ne

Les tendent qu'à exciter des commotions sociales

aort ne manquent jamais de dénoncer comme les

Lens auteurs de ces maux ceux qui traversent leurs

sé: desseins perfides et ambitieux, Le fait est, que

sur la plupart viennent de la propre faute des socié-

ose tés qui les subissent et de ce qu’elles foulent (.

am- aux pieds l'enseignement de la Religion. Il

a Non-seulement les maux qui aftligent la so- fl 1

due ciété, mais encore ceux qui pèsent sur les 1n- hi

les ; dividus seraient considérablement réduits si si

FES | nous étions invariablement fidèles à tous les et!

js devoirs qu’2Île nous impose. 2).

Et pour preuve de cette assertion, nous en pi

lie appelons à votre propre témoignage. La Reli- Al

La glon condamne l'orgueil, l'ambition, la. cupi- 41)

un dité, le libertinage, l'ivrognerie. Or les maux si que ces passions et ces désordres engendrent, UE | sont innombrables. il |

D'où vient le mépris q wendure le pauvre ? ll |

à | d'où viennent les injustices les persécutions et Mn |

D | l'usure qui l’écrasent ? si ce n'est de l’orgueil, LEA

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7 Et ces maladies qui clouent à un lit de dou-

leur un si grand nombre de ierues gens, et

160 Li CONSEILLER

cette honte, ce déshonneur qui empoisonnent le reste de leur vie, plongent dans le deuil les familles les: plus respectables, où en trouverezvous la cause ? n'est-ce pas dans le libertinage ?

Et ce dénument cà se trouvent tant de famnlles ; la faim, le froid qu’elles endurent ; et ce désespoir d'une mère, qui voit périr de misère sous ses yeux ses enfants qu’elle ne peut soulager, où encore en trouverez-vous la cause, n'est-ce pas le plus souvent dans l’ivrognerie ?

Et ces détentions dans les prisons, et ces châtiments que la justice humaine est obligée d’infliger pour protéger ia société; tout cela ne vient-il pas de la violation de la loi de Dieu, des mépris de l’enseignement de l'Eglise ?

Que de révolutions qui inondent des pays de sang ! à l’heure où nous traçons ces lignes que de familles plongées dans la douleur, qui pleurent la perte d’un fils, d’un père, d'un époux ! Quelle en est la cause ? Une sacrilége ambition, un orgueil effréné, une basse cupidité, pour tout dire, une guerre injuste et criminelle. Oui, toutes les horreurs de la guerre, tous les maux qu'elle traine à sa suite sont l’œuvre de la perversité du cœur de l’homme,

“4 Mais, direz-vous, il reste bien d’autres maux tout-à-fait indépenäants de nos fautes—les in-

mil.

li ce sère

cendys, la foudre, la disette, et mille autres” l} Vous eubliez que ces maux sont le pius souvent des chitiments. Aux yeux de l’homme sans foi, ces faits arrivent comme par hasard ; mais | aux yerx de l’homme éciairé par la foi, ils | sont la punition que méritent ses fautes.

Enfin 6e compte, vous voyez que les misères de la tie disparaitraient en grande partie si la religion prévalait entièrement, si elle exerçait sur la société et sur les individus l’influence dont elle est susceptible. Voilà, mes amis, il le remede si longtemps cherché, le remède infaillible contre la plupart des maux qui vous

Q 3 s Q . me” | affigent. Soyez fidèles aux devoirs que Dieu mt | vous a imposés, aux devoirs qui vous sont »

prescrits par la Religion que vous professez ; et u |

quand vos faux amis viendront vous leurrer en “il vous disant que vos misères sont grandes, qu'ils 4 vous portent beaucoup d'intérêt, qu’ils viennent vous enseigndt les moyens d'améliorer votre condition, répondez leur invariablement : ‘“ 11 y a longtemps que nous savons à quoi nous en tenir là-dessus: gardez pour vous votre pitié et vos services.”

Que n'avons nous ici le temps et l’espace qu'exigerait ce sujet pour être traité dignement, Comme ce serait wie étude intéressante que celle de la Religion dans le pays où elle se tra-

duit au sein de la société par tant d'admirables institutions qui répandent sur nous leurs bienfaits! [l nous faut nous contenter d'en dire quelques mots seulement.

Elle a présidé à l'étabhssement da pays; elle a suivi dans la personne de ses missionnaires les premiers colons qui vinrentdéfricher les bords du St. Laurent, Le sentiment religleux pouvait seul inspirer ce zele ; faire quitter à des hommes—qui, par leur talents, leur instruction pouvaient se promettre un bel avenir chez eux,—leur patrie, leurs fanlles, tout cequ'ilsavaient de plus cher, leur jaire franchir les mers pour venir s’enfoncer dans nos forêts. Que pouvait promettre à ces missionnaires, à ces religieuses ce pays nouveau? Aussi vous le savez, dans leurs efforts pour convertir et civiliser les sauvages, plusieurs trouvèrent la mort, répandirent leur sang, victimes de leur zèle. Voici comment la religion apprend à témoigner de son dévouement pour le peuple.

Après quelques années on esi surpris de voir ce pays arrivé à un haut degré de civilisation, digne d’un pays plus ancien ; c’est parceque la religion est à la tête de toutes les œuvres. L’action de celle-ci se traduit surtout par des œuvres de charité: elle ne laisse aucune misère, aucune souffrance sans secours. Entrez dans nos hopi-

— taux, voyez c: œrand nombre d'indigents affli- | Qu gés par la maladie. La Religion Jes accueille ; Îl "1 elle leur prodigue les secours que réclament Al leurs inlrmités en même temps qu’elle les con- | | sole.

" Dans les pays où le Catholicisme prévaut, le “si pauvre frappé par la maladie, n’est pas exposé ” à se voir sans à1syle ; la charité le prend sous sa protection. On le recueille, non pas pour que are la société ne soit pas importunée par ses plain- | us tes et ses gémissements, mais par l’anique mo- ji ue tif de soulager un frère. Aussi Les soins qu’on | out lui prodigue sont-ils dignes de la source d’où à | hir ils découlent. | du dE Vous avez vu comment on regardait l'enfant ÿ ! Ke chez les payens ; quel contraste avec la sollici- “il me tude du Catholicisme pour cet être si faible, al . : si digne de pitié ! Est:il abandonné par une ss mère dénaturée ? la religion ici le recueille dans des des asyles où il est élévé, où il trouve, dans des anges terrestres consacrés à Dieu, des mères ve tendres qui ne l’'abandonnent que quand il peut QE pourvoir à ses besoins Nous envoyons même vs nos aumônes jusqu'à l’autre extrémité du mon- > la € de pour secourir ces petits enfants délaissés,. . | Et quand une malheureuse créature s’est usée

au service du crime, quand une âme créée à l'image de Dieu, après avoir trainé cette image dans la boue de la prostitution, w’a plus rien à

attendre du monde, que le mépris et labandon, dans son désespoir c’est encore la religion qui lui offre un asyle ouvert au r‘ nent”

Et coux que la société est oblixé: :: ::ieter de soa sein, ceux qui, pour la grandeur: de leurs crimes, doivent satisfaire à la justice humaine sur l’'échafaud, quand ils n’ont plus rien à attendre du monde que le châtiment ; qui leur tend la main ? qui les console ? qui, quand le mot seul de vengeance résonne à leurs oreilles, vient leur faire entendre cette douce parole, miséricorde ? la Religion ; c’est sur l’échafaud qu’elle montre sa puissance de consolation ; plusieurs d’entre vous en ont été les témoins.

Et les pauvres, les indigens, que d'institutions nous avons pour les soulager ! Parmi les religieuses, les unes quittent le monde, se renferment pour ne jamais voir que les malades les autres les visitent à domicile, toutes passent des nuits entières au chevet de leurs lits, — Et ces pieux laïques de la St. Vincent de Paul, qui dira les misères qu'ils soulagent ! On ne saurait en vérité énumérer ce que la Religion : fait dans le pays pour les aflligés et pour les pauvres, elle ne laisse aucune misère sans la soulager, aucunes larmes sans les essuyer ;

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partout elle fait sntir son activn et répand ses bienfaits.

Ei que dirons-nous de nos nombreuses maisons d'éducation qui toutes sont le fruit de la charité qu’inspire la Religion. Supposons un instant nos ancêtres privés du b:nfait de l'instruction, n'ayant parmi eux personne pour défendre leurs droits ; supposons les Canadiens- Français dans cette triste condition d’ignorance après leur séparation d'avec la France, au milieu des rudes combats qu'ils eurent à soutenir pour conserver leur nationalité; songeons un peu à ce que serait aujourd'hui notre position, et nous comprendrons ce que nous devons au zèle qu'inspire la Religion. Et à l'heure qu'il est, est-il un pays au monde qui offre à la jeunesse plus de moyens de s'initier à la connaissence des lettres, d'étudier les hautes sciences ? en vérité, avouons-le, le dévouement religieux, le désir de faire le bien, produisent des merveilles. On n’a pas besoin d'autre preuve que ce que nous voyons sous nos yeux, le spectacle d'un pays tout nouveau doté de toutes les institutions qui font la gloire des vieux pays.

11 nous faut nous srrêter ici. En terminant ce chapitre, nous nous cro ns presque digne d'un reproche, celui d’avoir déprécié peut-être la Religion en voulant traiter un sujet aussi vaste dans un cadre aussi rétréci,

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