‹ Le conseiller du peuple ou Réflexions adressées aux Canadiens-français [microforme]Chapitre 29 sur 39 · PEER · texte numérisé non relu

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récompenses, et les engageaient à ouvrir davantage ces terres pour semer beaucoup plus l’année suivante. C'est ainsi qu'après trois ou quatre ans ces pauvres colons récoltaient assez pour nourrir leurs familles l'hiver suivant.

Quelle joie pour ces familles entières d’avoir un chez soi, une récolte abondante, de ne plus être obligéesde gagner leur pain par leur travail de tous les jours chez un étranger, obligées de se plier aux caprices des uns et des autres. Ces pères de familles ayant pris trois ou quatre cents acres de terre, ont ensuite établi leurs enfants, et se sont aussi assurés que ces deruiers ne les laisseraient pas. Quelle consolation pour leurs vieux jours! Dans toute ma mission, il y a au-dessus de cent familles venues pour s'établir, il n'y a que douze ou quinze ans, qui vivent maintenant à l'aise. Beaucoup ont payé leurs dettes, quelques-uns même, qui n’avaient absolument rien il y a douze à quinze ans, peuvent maintenant vivre avec la rente seule de leur argent .............. dep ent 0 ÉRR R T R REEr

“ Depuis le premier colon venu pour s'établir dans ma mission, en comptant ceux qui y résident aujourd'hui et ceux qui en sont partis, ce nombre peut s'élever à peu près à trois cents. Sur ces trois cents, il y a actuellement cent Canadiens et Irlandais qui vivent à l'aise, et

davanus l’anrois ou nt assez uivant, d’avoir ne plus travail ées de s. Ces 'e cents nfants, s ne les r leurs il y a établir, vivent é leurs t absoeuvent e leur

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certainement cinquante qui ont aussi un chez soi, mais qui ne sont pas aussi riches. Voilà, par conséquent cent cinquante familles, toutes, à l'exception d’une dizaine, venues très pauvres, la plupart avec des dettes, qui sont aujourd’hui très bien en état de vivre, quelques-unes même sont riches.

“ Maintenant qu'on prenne un nombre semblable, c'est-a-dire trois cents familles canadiennes, qui ont laissé leur cher Canada pour Jes Etats-Unis, et dans ce nombre qu’on n'en trouve cent, ou méme cinquante seulement qui vivent à l'aise, dont quelques-unes seraient bien riches.”

Ces citations établissent plusieurs faits importants, savoir :—que la condition morale des Canadiens qui émigrent aux Etats-Unis est déplorable, que leur condition sociale n’est guère plus digne d'envie ; ces deux faits sont plus que suffisants pour empêcher la jeunesse canadienne de diriger ses pas vers cette terre qui ne lui offre aucun avantage sous aucun rapport. Un autre fait qui ressort de ces citations, c'est que le Canada, quelque peu favorable qu'il soit pour l'établissement de nouvelle coloniss — comme le prétendent quelque-uns — offre cependant plus d'avantage au colon canadien que les Etats-Unis. La comparaison,

faite sous le seul rapport de l'intérêt matériel, donne la préférence au Canada.

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