‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 106 sur 115 · I. Liberté ! gloire à Dieu! gloire à la liberté! (C. L · texte numérisé non relu

I. Liberté ! gloire à Dieu! gloire à la liberté! (C. L

6* LIVRAISON. — littératurp: française. 3oi

second acte; le tyran paraît, c'est Tartufe en habit de guerrier. Laurent, serrez ma haire avec ma discipline :

90 Soldats! que nos drapeaux flottent dans la cité : Révélez par vos dons ma générosité.

Que, respecté de vous, nul habitant ne craigne. [220J

Dans les temples chrétiens que la sainteté règne, Et dites aux guerriers qui marchent sur mes pas,

gb D'aller de cQiie ville honorer les prélats.

Resté seul avec son confident, le tyran dévoile ses projets :

Tu sais quel est Glovis... Ma garde est dans ces murs. Mon nom d'avance y règne...

100 Quel prétexte appuierait votre injuste rigueur, Si, se montrant fidèle au nœud qui vous engage, Gondebaud de ce roi publiait le message?

CLOVIS

L'homme qu'il en chargea n'a pu le lui porter, Mes ordres dans le Rhin l'ont fait précipiter. io5 Cependant, Gondebaud, à sa première lettre, Répond par un traité que l'on doit me remettre ; Et ce gage vendu prouvant ses trahisons. De mon ressentiment fondera les raisons.

Ainsi, au milieu de la scène suivante, lorsque no Clovis accable le vieux Roi de protestations insidieuses, tout à coup on lui remet les lettres de Gondebaud. En ce moment il jette le masque; il fait charger de chaînes Sigebert, et il ordonne à ses troupes de s'emparer de la ville.

ii5 Jusqu'ici il n'y a que des éloges adonner au plan : l'action marche, elle est grande et simple; le style prête davantage à la critique, cependant il y a de beaux vers. On aura remarqué le morceau où M. Lemercier a voulu lutter avec le fameux

i2u passage de Mahomet. Mais il y a une bien grande différence entre Glovis faisant des confidences à son esclave, ce qui est contre son caractère, et le faux prophète osant dire à son ennemi :

Nous sommes seuls, écoute, 125 Je me sens assez grand pour ne pas t'abuser.

Cependant au troisième acte, l'action se noue ; [22i| Sigebert est en fuite; Clodoric a corrompu ses gardes; le peuple murmure et menace. Que va faire Clovis? Il conçoit un dessein digne de lui;

i3<) il va forcer Clodoric à tuer son père dont il doit connaître la retraite, en le menaçant, s'il refuse, de faire périr Édelinde; et ensuite, juste vengeur du parricide, il montera au trône sur le corps de ses ennemis massacrés l'un par l'autre. C'est,

i">^ comme l'on voit, toute l'intrigue de Mahomet; ce sont les mêmes moyens, il n'y a que les motifs de changés. Il ne faut pas en faire un crime à M. Lemercier; sa tâche n'en devenait que plus difficile.

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