XXII INTRODUCTION
Jîcier de forlu7ie de W. Scott, sur l'Histoire de France de Vély, sur la Marie Siuart de Lebrun) est découpé en une série de morceaux dispersés à dessein. Ailleurs, une retouche ingénieuse modifie de façon absolue le sens d'un développement. « Je n'aime pas qu'un historien soit cosmopolite », disait-il en 1821 *. Il corrige en 1834: « Bien que l'historien cosmopolite soit plus grand et plus à mon gré... » C'est ce qu'il appelle reproduire un article sans y rien changer^. D'une étude sur Ivanhoé, il reste un paragraphe sur la condition des Juifs au Moyen âge. L'éloge d'une traduction d'Homère se transforme en une diatribe contre les traducteurs. L'analyse du Phocion de Gorentin Royou devient un Plan de tragédie faite au collège : il a suffi de supprimer les citations et le nom de l'auteur. A quoi bon se mettre en frais pour un poète oublié? Mieux vaut se parer de ses dépouilles. Victor Hugo connaît les droits du génie et il en use — largement.
Va\ face de ces textes maquillés, coupés, antidatés, il n'est pas sans intérêt de rétablir la leçon primitive. La plus grande partie de ces articles, d'ailleurs, n'a jamais été reproduite et demeure ensevelie dans la collection, presque introuvable, du Conservateur.
Une note de la 8* livraison informe le public que « MM. Hugo frères ne sont pas les seuls auteurs de la Revue ». Ils comptent plusieurs collaborateurs dont les arficles ne sont soumis, comme les leurs, qu'à la censure du Conseil de rédaction composé de la réunion de tous les rédacteurs... » Voilà qui donne l'impression d'une revue solide et puissamment organisée. Mais, en vérité, ce grand conseil de rédaction ne doit pas tenir des assises bien solennelles et l'on a vite dressé le compte de tous les rédacteurs: ] .-J . Ader, un des collaborateurs d'Abel