Lettre du 17 avril, publiée par xM. Lafond, p
INTRODUCTION. XXXÎII
celles que nous professons nous ont fait accepter leur proposition avec autant d'empressement que de plaisir. Nous avons regretté que les rangs complets de notre rédaction ne nous permettent pas de donner dans les Annales à tous les émigrants du Conservateur littéraire la place qu'ils méritent d'y occuper. Nous espérons cependant ne pas être privés de toute coopération de leur part et nous comptons bien qu'ils nous aideront à jeter dans notre journal une variété de tons et de matières que les lecteurs ont le droit d'exiger dans un ouvrage qui n'a pour objet que de les distraire*. »
Quelques dissentiments ne tardèrent pas à se produire. C'est du moins ce qui ressort d'une lettre de Victor Hugo à son oncle Trébuchet, le 3 octobre 1821 : « Nous sommes, depuis deux mois, ouvertement brouillés avec les Annales dont le directeur a ouvertement abusé de notre bonne foi ; nos intérêts ont été froissés d'une manière criante et notre rupture va être enfin décidée par arbitrage"... » Mais les choses s'arrangèrent sans doute, puisque la collaboration, assez irrégulière d'abord, des deux frères, de Vigny, de Deschamps, de Saint- Valry se prolongea en 1S22 et 1823, — et jusqu'au moment où, le besoin se faisant à nouveau sentir pour Hugo d'avoir un organe bien à lui, la Muse française prit la place du Conservateur.
11 est malaisé de déterminer avec certitude la part qui
1. Cité par Ch.-M. Desgranges, La presse littéraire sous la Restauration, p. 100. — Les Annales avaient été fondées, le i*' octobre 1820, par Quatremère, Nodier, Ancelot, etc. En tête du troisième volume, les noms de V. Hugo, Malitourne, A. Hugo s'ajoutent, sur la feuille de titre, à ceux des fondateurs.
2. Pub. par M. Tourneux dans l'Amateur d'autographes, févr. 1902.