XXXIV INTRODUCTION
revient dans le recueil aux divers collaborateurs*. Or, c'est là le problème essentiel.
Les indications manuscrites laissées par P. Lacroix sont de pure fantaisie et peuvent être négligées. Beaucoup plus sérieuse, la notice écrite par M. Em. Paul pour le catalogue Noilly' ne risque aucune attribution hardie et a le mérite de préciser assez exactement l'apport de Victor Hugo. Elle a servi de base à tous les travaux postérieurs et n'a guère été discutée. Dans l'ensemble, d'ailleurs, elle mérite toute confiance. Pourtant, un document que je dois à l'obligeance de M. L. Barthou permet de la compléter sur certains points.
C'est un exemplaire du Conservateur donné par Victor Hugo à Juliette Drouet. Sur la feuille de garde, le poète A écrit quelques vers et une date :
Oh ! Je suis le regard et vous êtes l'étoile !
Je contemple et vous reluisez !
Je suis la barque errante et vous êtes la voile !
Je flotte et vous me conduisez !
Près de vous qui brillez, je marche triste et sombre, Car le jour radieux touche aux nuits sans clarté,
Et, comme après le corps vient l'ombre,
L'amour pensif suit la beauté !
20 août i833, minuit.
Au faux titre, cette dédicace :
Exemplaire unique A ma Juliette bien-aimée. V. H.
1. Voy. la note qui termine la 7* livraison : « Les rédacteurs du Conservateur littéraire, s'étant fait une loi de l'impartialité la plus rigoureuse, ont senti qu'il était nécessaire de garder l'anonyme pour éviter, non les menaces mais les politesses intéressées de MM. les auteurs... »
2. Paris, V" Labitte, 1886. — Voyez ensuite E. Dupuy, La Jeunesse des romantiques; M. Souriau, La Préface de Cromwell; Ch.-M. Desgranges, La Presse littéraire sous la Restauration ; abbé Dubois, Biobibliographie de V. Hugo.