INTRODUCTION. VII
maternel si profond, si dévoué, si vigilant*... » Dans cette éducation, un grand souci de l'ordre, mais point de contrainte. Elle ne fait aucun effort pour conduire ses enfants vers la carrière des armes. La poésie ne l'effraye pas; elle partage leurs goûts, encourage avec orgueil leurs premiers essais littéraires. Suivre le libre développement de ces jeunes esprits, à l'abri des exigences paternelles, c'est pour elle une consolation, et c'est aussi une manière de revanche à ses déceptions de femme.
D'ailleurs, le général semble se soucier assez peu d'exercer ses droits. A son passage à Paris, après la reddition de Thionville, il a exigé qu'Eugène et Victor entrent à la pension Cordier pour se préparer à l'École polytechnique; mais il s'en tient à cet acte d'autorité. Des soucis d'un autre ordre l'attendent à Blois, où il doit vivre désormais avec ses maigres ressources.de demisolde. C'est le temps où commence sa liaison avec M""^ d'Almeg, et il est occupé d'elle plus que de sa femme et de ses enfants. Enfin, le 3 février 1818, une séparation de corps, obtenue sur la demande de M'"* Hugo, lui rendra sa liberté complète-.
- Quels ont été, durant ces trois ans, les rapports du général avec sa famille, c'est ce que nous ne savons pas exactement. Le Victor Hugo raconté... s'en tient à des formules assez vagues. Voici quelques lettres cependant qui nous éclairent sur sa façon de comprendre le devoir paternel. La première est datée du 24 octobre 1816; elle est de la main d'Eugène et porte la signature des deux frères, ornée de paraphes savamment compliqués :
Mon cher papa.
Nous ne voulons pas t'importuner et, sans doute, nous n'en avons pas besoin : mais notre oncle nous a conseillé de