‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 5 sur 115 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

de chef de famille et il s'en acquitte avec un soin touchant :

Mon cher papa,

J'ai bien reçu ta lettre du lo courant, et les loo francs qu'elle m'annonçait pour le mois de mai me sont bien parvenus, ainsi que les 20 francs de supplément pour le mois de janvier. J'ai remis le tout à maman.

Mes frères doivent te répondre et te remercier des divers objets que tu leur as envoyés. Le traité de perspective ne pourra leur servir parce que les planches manquent. Voici bientôt deux ou trois mois qu'ils n'ont pas reçu l'argent que tu leur avais promis pour leurs petites dépenses mensuelles, et cependant il est impossible qu'ils n'aient pas besoin de quelques sous, ne fût-ce que pour payer leurs chaises à la messe, quelques livres de haute littérature qui leur sont nécessaires, etc. Je leur ai fait la petite avance dont ils ont eu besoin et qu'ils me doivent rembourser sur le premier argent qu'ils recevront. Si l'envoi de ces sommes partielles chaque mois te gênait quelque peu à cause de leur exiguïté, je te prierais de les joindre à l'argent que tu m'envoies tous les mois pour maman. Nous sommes maintenant dans la saison des bains en rivière, il serait bonque Victor en profitât pour apprendre à nager. Eugène pourrait bienlui donner des leçons, mais comment le faire si on ne les laisse pas sortir pour aller se baigner et s'ils n'ont pas d'argent pour payer les bains? Je te demanderais la permission de les aller chercher quelquefois le matin à 5 ou 6 heures pour les mener avec moi à l'école de natation. Tu me feras un grand plaisir en accédant à ma prière et en écrivant à M. Cordier pour le prévenir de ta détermination.

Le temps est magnifique et promet une abondante récolte... Paris n'a pas cessé d'être un moment tranquille. Tu ne me dis plus où en est ton ouvrage? Est-ce que tu l'aurais laissé de côté pour quelque temps? Il faut cependant te dépêcher et profiter du moment où les Chambres ne sont pas rassemblées. Autrement, il est bien difficile d'attirer sur soi l'attention publique.

M. Badia et sa famille, Théophile, notre respectable gouverneur des Pages M. Rancano, me chargent de leurs compliments pour toi. Théophile se recommande surtout à ton bon

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