‹ Le Conservateur littéraire. Edition critique publiéeChapitre 6 sur 115 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

souvenir. Il est employé à la Caisse d'amortissement, et au besoin ses services te sont tout dévoués.

Je t'embrasse de tout mon cœur et te prie de croire à l'inaltérable attachement de ton fils respectueux et dévoué.

Abel.

Si tu m'accordes la permission que je te demande, n'attends pas, je te prie, le mois prochain pour me répondre*.

Après le jugement de séparation, il semble bien que tous rapports directs soient interrompus entre le général Hugo et ses fils. Tout au plus daigne-t-il s'informer de leur travail. Dans une lettre du 28 avril 1820 au doyen de la Faculté de droit de Paris, il exprime la crainte « qu'une entreprise littéraire dont il a entendu parler [le Conservateur littéraire] ne fasse tort à leurs études et à leur bourse^ »... Mais sa sollicitude ne va pas plus loin. Il néglige même de leur faire connaître son second mariage, contracté le 6 septembre 1821, deux mois après la mort de sa première femme. C'est seulement en mars 1822 qu'ils en sont instruits, quand Victor, sur les instances de sa fiancée, se décide à communiquer à son père ses projets personnels. A cette date, d'ailleurs, la nouvelle ne surprend pas le jeune poète autant qu'on pourrait le croire. La même lettre lui a apporté le consentement qu'il sollicitait, et c'est l'essentiel. « C'est le bonheur qui vient, il n'y a qu'un nuage'... » Un nuage, ce n'est pas beaucoup dire. Mais il est tout à son amour et à ses rêves.

Le coup fut plus rude pour Eugène. Son cerveau de malade lui dicta même une démarche assez singulière, on dirait presque un acte de folie... Pendant un mois, il est hanté du souvenir de sa mère; puis, un jour, au début

ï. Inédit. De la main du général : « R. le 11 juillet. »

Page 1