INSTANCES DES MEMBRES DL CONSERVATOIRE
CCGXXXI. LES PROFESSEIRS ENVOIENT UNE NOTE SIR LES RESULTATS DE L'ENSEIGNEMENT; 'J 9 FEVRIER l8lG.
Nous sommes informes que rétablissement passe des attributions du Ministère de l'intérieur dans celles du Ministère de la maison du Roi. Nous vous prions de vouloir bien être l'interprète du Conservatoire auprès de M. le comte de l'radel, en le suppliant d'agréer l'hommage de nos respectueux sentiments et l'assurance de notre zèle.
Veuillez. Monsieur le Marquis, ajouter à celte marque de bonté celle de mettre sous les yeux de Son Excellence le résumé de nos services et des produits de l'établissement énoncés dans la note ci-jointe. Cette note offrira peut-être des motifs de considérations sur le parti qui sera pris envers plus de 5o artistes, dont le plus grand nombre n'a d'autres ressources que le traitement du Conservatoire. Nous sommes, avec respect, etc.
(ïossec, Sallaxtix, Guichard, Vintt, Bertox. Cherubixt. Roze, bibliothécaire, \\ uxdkrlich, Levasseur, Méhui. Veillard, L. Jadix, Kreutzer, Richer. Adam. Desi'réaix, F. Henry. Baudiot. Diret, Méric. Lafox. Eler, Grasset, Blangv, Gobert, Delcambre, X. Catei, , Lefèvre, Rogat. Plantade, Frédéric Duverxov. Ch. Duvernoï', Doport, \\iderkkiir, L. Pradher, A. Baptiste aîné, Klor. Gérard, Domxicii , Michelot. Saint-Prix, Saixt-Fal , Fasquet. , Habeneck.
Note sur le Conservatoire royal de musique: ag février 181 G.
Le Conservatoire est depuis vingt-cinq ans la seule école de musique qu'il y ait dans le royaume. Cette institution, réunissant tous les genres d'instruction dans l'art musical, fut, en 1793, le seul lien qui retint en France les artistes célèbres, qui, à cette malheureuse époque, se disposaient à quitter le territoire français. C'est au Conservatoire seul qu'est dû l'étal do perfectionnement auquel l'art musical est parvenu en France.
La Chapelle du Roi, les théâtres de Paris et ceux des départements sont alimentés de sujets tournis par le Conservatoire :
Chapelle. — Douze femmes et six hommes élèves du Conservatoire ont été admis à faire ce service.
Opéra. — Les premiers sujets en hommes et eu femmes, MM. Nourrit et Derivis, M"'" Branchu el Albert, sont élèves du Conservatoire; parmi les seconds rôles, MAI. Albert Bonet, Élov, Alexandre, Prévost, sont élèves de cette école: dans les coryphées et les chœurs, on en compte un grand nombre, MM. Roland, Begrez, Levasseur, M"" Clausse, Porte, Callault, qui ont débuté avec succès sur ce théâtre, étaient élèves du Conservatoire. M Grassari, sujet de la plus grande espérance, qui débute actuellement, est encore dans les classes de rétablissement.
Opéra-Cvmique. — Ce théâtre a trois cantatrices sorties du Conservatoire : M"" Duret, Boulanger el Palar; trois actrices pour le> seconds rôles, M"" Paul, Foulquieret Lecler, sont également élèves du Conservatoire. Six élèves hommes ont débuté sur ce théâtre : MM. Baptiste, Darancourt, Ponchard aine, Richebourg, y sont restés; MM. Derubelle et Despéramons sont en province.
ùpera huffa. — Le théâtre italien a eu cinq débuts de femmes élèves du Conservatoire : M Dalinani, Goria, Berevtler, Chaumel et Cinti-Monlalant ; à l'exception de la première, toutes sont encore à ce théâtre.
Théâtres des provinces. — Les théâtres de province sont soutenus par un grand nombre d'élèves hommes et femmes, parmi lesquels on remarque Mme Berteau, M"" Pelet, Lemaire, de Quinebaux, MM. Derubelle, Despéramons, Brice, Gœuriot, Cherel. Ponchard jeune, Damoreau, Cassel, Abadie et Cuyon.
Pays étranger*. — M' Beck, M"e Phdis jeune, M. Montlaur ont rempli eu Russie les premiers emplois. M. Lecomte, qui eût été un sujet de la plus grande espérance pour l'Opéra-Comique, pressé par le besoin, est passé à Londres et a contracté un engagement de 12,000 francs à Haymarket, où il remplit l'emploi de premier ténor. M. Levasseur remplit au même théâtre l'emploi de bassetaille, et M. Begrez celui de second ténor.
Enseignement. — Dans le nombre des élèves du Conservatoire qui n'ont pas suivi la carrière du théâtre el qui se sont voués à la pratique de leur art, les plus distingués sont : MM. Fabri-Garat, L.-F. Henry, Butignot, Boulanger, Roucourt; M""' Duchamp- Garat, Wunderlich, Vuarnier, de Sancy, Renaud, Dalein, Lelong, Georgeon, Gide et Kirchoff.
Sous ce rapport, le Conservatoire a été une école normale dans laquelle ses nombreux élèves se sont formés à l'enseignement pour propager l'art dans les principales villes du royaume.
En résultat, 237 élèves femmes et 90 hommes sont sortis des classes de chant du Conservatoire; la cause de cette différence dans le nombre existe d'abord dans la difficulté de trouver des voix d'hommes, mais plus encore dans la guerre, qui enlevait continuellement les élèves à leurs études.
La plus grande radie des exécutants dans Ions les orchestres de Paris est formée d'élèves de rétablissement el comprend ces artistes qui, an nombre de 80, composent l'orchestre renommé des exercices du Conservatoire. On n'exagère pas le nombre des élèves formés pour les orcbeslres des départements en le portant à /100, el celui des pianistes à plus de 100, tous talents distingués. Enfin, plus de 1,800 élèves instruments à vent ont affranchi nos régiments et nos orcbeslres de l'obligation où ils étaient de se recruter en Allemagne pour cette partie.
Les exercices publics du Conservatoire ont porté au plus liant degré la réputation de cet établissement dans toute l'Europe. Les souverains étrangers les ont honorés de leurs sullrages et ont demandé comn uiiiralion des moyens d'organisation pour BS établir de semblables dans leurs Etats.
Le Conservatoire a produit nu corps complet de méthodes pour toutes les parties de l'enseignement de l'art musical; ces ouvrages, estimés de toutes les nations qui cultivent la musique, ont été traduits dans toutes les langues de l'Europe.
L'école de déclamation réunie au Conservatoire a produit d excellents élèves, remarquables surlout par la pureté de la diction; tous les efforts de cette école ont été dirigés vers la restauration du bon goût, entièrement expulsé des théâtres de province par le genre de mélodrames et de comédies burlesques.
Le Conservatoire possède une bibliothèque de musique d'une grande valeur; c'est la plus riche collection de cette nature existant
e.i Europe.
[Arch. nat. , O3 1 799. ]
CCCXXXII. - LE MARQUS DE I.AROl ZIERE DEMANDE DES INSTRUCTIONS. UNE ORDONNANCE ROYALE POUVANT SEULE RAPPORTER LA LOI ORGANIQUE; 1 I MARS 1 8 t 6.
.1 M. le comte de Pradel, directeur général du Déparlciiieul de la Maison du Roi.
Monsieur le Comte, j'ai l'honneur de vous adresser la suite rie ma correspondance, comme directeur du Conservatoire, avec M. de la Ferlé", sous les n°* j . 2 , 3 , el trois pièces sous les n0' h , 5 , 6 , el de vous conjurer de me donner au plus lui des instructions à rel égard; ces démarches me sonl d'autant plus pénibles, que j'ai l'air de vouloir lutter contre les intentions de M. le duc d'Aumonl, ce qui est inlièrement rentre mon gré; cependant, il est de mon devoir de ne pas laisser sans vos ordres culbuter l'administralion qui m'est 'confiée, par la transgression arbitraire d'une loi qui n'a pas élé rapportée et qui ne peut l'être que par une ordonnance du Roi. Je suis. etc.
Le Marquis de la Rouzii m:.
| Arch. nat., O3 1799.]
CCCXXXIIL OPINION DU DIRECTEUR SIR LES MOBILES DE LA SI PPRESSION DU CONSERVATOIRE; 11 MARS l8l6.
I X.o[e écrite par le marquis de la Houziére a la suite d'uni' copie de la lettre de l.a Ferlé «lu 1" mars 1 81 5 ; pièce CCXCIX.)
Nota. D'après cette lettre, il est évident que le Conservatoire n'est sacrifié aujourd'hui que parée que ce n'est pas M. de la Ferlé qui en a la direction; cependant, cet établissement, créé par une loi et qui ne peut èlre supprimé sans une ordonnance du Roi, sérail difficilement remplacé, car 227 élèves femmes et seulement 90 élèves hommes, à cause des nombreuses conscriptions, sont sortis des classes de chanl du Conservatoire, el depuis plus de 20 ans Ions les théâtres de Paris et ceux des provinces n'onl puisé que dans celte Ecole normale tous les sujels qui y ont toujours brillé; le nombre en est grand et plus que suffisant, puisqu'on a laissé partir pour les théâtres île Londres M. Leromfe, qui j a contracte un engagement de 12,000 lianes, comme premier lénor; Béerez, second ténor, el Levasseur, basse-faïBe; oh ne peut donc, sans blesser la vérité, avancer qu'il est nécessaire de créer dans les Menus-Plaisirs une autre école pour tirer les théâtres royaux de la décadence \ers laquelle ils tendent, et M. de la Ferlé lui-même ne paraissait pas avoir une si mauvaise opinion du Conservatoire, lorsque par la lettre a-dessus il en désirait, sous une autre dénomination, la direction, dont on élevait en sa laveur le traitement à 10,000 francs; lorsque j'en fus nommé directeur, fe S décembre i8i5. je lui fis la proposition suivante, qu'il a refusée, d'après laquelle, sans avoir la charge de l'administration ni grever la liste civile du Roi, il aurait eu dans le Conservatoire toute l'influence qu'il pouvait désirer.
Proposition faite à M. de la Ferlé par le Directeur actuel du Conservatoire. Suit la teneur de la proposilion.
(Voir pièce 0CU.XXX1V.)
[Arch. nat.,03 1798.]