RESTITUTION DES BATIMENTS
gements, et que si j'eusse voulu accepter les offres que Ion me faisait sine qua non , vous n'eussiez pas obtenu une place à la(|iicll(> vous semblez, avec raison, tenir beaucoup et que j** désire de tout mon eœur que vous conserviez.
Ces détails vous prouveront, j'espère, M. le Marquis, que je n'envie nullement votre sort, et que ce n'est pas parce que je suis privé du traitement dont vous jouissez que je veux anéantir un établissement auquel, permettez-moi de le dire, je crois que vous donnez un peu trop d'importance, en citant le cri gênerai «lu public contre sa suppression.
Je suis loin de vouloir que le Conservatoire soil détruit; je désire, au contraire, qu'il subsiste et que vous en conserviez les rênes, mais j'ai, je vous l'avoue, demandé qu'il ne soil pas maintenu dans l'enceinte de L'administration qui m'est confiée, par le double motif que deux établissements ne peuvent sans quelques froissemens habiter un même lieu, et que. comme il est malheureusement trop prouvé que le Conservatoire n'étant passons l'autorité du surintendant des spectacles n'a jusqu'à ce jour presque pas alimenté les théâtres royaux, il m'a paru indispensable de solliciter le rétablissement de la modeste Ecole de chant et déclamation créée en 178 h par mon père, école dont il est sorti tant de sujets chers au public et qui pourra seule tirer les théâtres rovaux de la décadence vers laquelle ils tendent, tant dans la partie vocale (pie dans celle de la déclamation.
Je crois, M. le Marquis, être entré dans des détails assez grands pour que vous vouliez bien m'accorder l'estime à laquelle j'ai droit de prétendre; je n'ajouterai plus qu'on mot : j'ai reçu des ordres de M. le duc d'Aumont, j'ai eu l'honneur de vous les transmettre, je ne puis nie dispenser de les faire exécuter à l'époque prescrite et de la manière qui m'a été enjointe. Je suis. etc.
I'. DE LAFEBTE\
| Aicli. nat., <)•' 1 799. |
CCCLVIÏ. — LE DIRECTEUR INFORME L'INTENDANT QUE LE CONSERVATOIRE VYANT ÉTÉ CRÉÉ PAK UNE LOI, SA DISSOLUTION NE PEUT ETRE PRONONCEE QUE PAU ORDONNANCE ROYALE; 9 MIRS l8l6.
Le directeur du Conservatoire royal à M. Delaferté, in tendu ni général.
Vax ma qualité de directeur du Conservatoire royal de musique et de déclamation, j'ai l'honneur de répondre à voire lettre du 5 mars, présent mois, qu'étant dépendant de M. le comte de Pradel, directeur général du Département de la maison du Roi, je ne pouvais faire sortir l'établissement à la tête duquel je me trouve, sans ses ordres ni avant de savoir OÙ il veut qu'il soit transféré: je crois que celle réponse est conforme à la raison el qu'aucun administrateur ne peut \ faire la moindre objection. Votre seconde lettre du 8 me met dans la nécessité' d'y ajouter que le Conservatoire ayant élé créé par une loi du 3 août 1795, il ne peut être supprimé par une expulsion arbitraire de votre part, Monsieur, avani que l'autorité compétente lui ait -désigné un autre local convenable, mais uniquement par une ordonnance du Roi. En conséquence, veuillez trouver bon, Monsieur, que si le i5 à midi je n'ai pas reçu d'ordre de qui de droit, le Conservatoire n'ait pas agi et n'agisse pas suivant vos désirs. Je suis, etc.
Le marquis de la Rouziere.
| Arcli. du Conservatoire; copie: Arch. nat., ()3 1799. |
CCCLVIII. DE LA PERTE INFORME LE DIRECTEI R 1)1 CONSERVATOIRE Ql E L'ORDRE D'ÉVACUATION EMANE DU DUC D'A! MONT;
Q MARS I 8 1 (i.
Monsieur,
En réponse à la lettre que \011s m'avez fait l'honneur de m'adresser en date de ce jour, je ne puis que vous dire ilérativement que ce n'est pas par mon ordre que le Conservatoire doit sortir le 1 5 de ce mois du petit hôtel des Menus, mais par celui intimé par M. le duc d'Aumont , premier gentilhomme de la chimbre du Roi, qui a dans ses attributions l'administration ([lie j'ai l'honneur de diriger, et qui seul a le droit de disposer des bâtiments qui en dépendent.
Je ne saurais donc. Monsieur, prendre en considération les motifs énoncés dans votre lettre, et je dois avoir l'honneur
«le vous prévenir, au contraire, que j'ai transmis l'ordre formel de M. le premier gentilhomme à M. Bélanger, architecte des Menus-Plaisirs, afin qu'il le fasse exécuter sans modifications.
Si vous avez le désir, Monsieur, de prendre connaissance de l'original de cet ordre, j'aurai l'honneur de vous le confier. Vous verrez que je ne puis rien changer à la détermination de M. le duc d'Aumont à cet égard. Je suis, etc.
P. de Lafertk.
[ Arch. nat., O3 1799.]
(ICCLIX. PROCEDURE POUR LA FERMETURE DU CONSERVATOIRE; l3 MARS l8l6.
A M. le comte de Pradel.
En me rendant hier aux ordres de M. le duc d'Aumont, au sortir de l'audience que vous avez daigné m'accorder. je me suis empressé de l'informer que vous comptiez transmettre, de suite, à M. le marquis de la Rouzière, un ordre relatif au Conservatoire. M. le duc d'Aumont se borne à croire qu'un simple ordre de clôture et fermeture des portes le 1 5 de ce mois suffira, M. le Comte, pour le moment, et qu'd pourra être sursis au déménagement de M. dherubini et de deux ou trois employés subalternes, qui sont les séides personnes qui occupent des logements au Conservatoire.
M. le marquis de la Rouzière n'y a jamais établi son domicile, et il n'y a même pas un cabinet de travail: d est donc évident, M. le Comte, que l'ordre de M. le duc d'Aumont et celui qui émanera de votis ne le concerneront pas personnellement et n'auront d'effet que sur l'établissement, lequel n'existe plus dans le fait, puisque S. E. le Ministre de l'intérieur eu a fait annoncer la suppression aux administrateurs à dater du 1" janvier dernier et qu'aucun professeur ni employé ne touche d'appointements depuis cette époque. Je suis, etc.
Le Se<rélaire général de* Menut-Plaisirs .
D'Est.
| Arch. nat., 0:> 1799.]
CCCLX. — - LE DIRECTEUR ANNONCE QUE I/ORDRE D'EVACUATION DES BATIMENTS DU CONSERVATOIRE SERA EXECUTE;
1 5 MARS l8l6.
.1 .¥. de la Ferlé, intendant général des Menus-Plaisirs du Roi.
Monsieur, j'ai l'honneur de vous adresser copie de l'ordre qui m'a été donné par M. le comte de Pradel. Je l'ai sans retard mis à exécution en invitant toutes les personnes attachées au Conservatoire qui habitent dans l'hôtel des Menus- Plaisirs à l'évacuer pour l'époque prescrite
Le marquis de la Rouzière.
I Arch. du Conservatoire. I