CCCLXXV. NOMINATION DE CHERUBINI; !20 AVRIL l8a
Je no perds pas un moment, Monsieur, pour vous annoncer que, par décision en date du 19 de ce mois, S. E. le Ministre secrétaire d'Etat au Département de la Maison du Roi vous a nommé directeur de l'École royale de musique et de déclamation, et ordonné qu'à dater de ce jour vous cesserez de remplir les fonctions de professeur de composition.
Vous aurez pour attributions spéciales l'examen et la direction de l'enseignement, ainsi que la surveillance et la police des deux pensionnats, qui vont être incessamment l'établis, et. pour vous aider dans cette partie de vos fonctions en ce qui concerne la comptabilité et le matériel, M. d'Henneville vous est adjoint sous le titre de cbef du matériel de l'école.
Quant à M. Perne, dont les fonctions vont cesser, et dont la pension de retraite va être réglée d'après sa demande, S. E. a jugé convenable de lui confier la conservation de la Bibliothèque de l'Ecole royale, qui ne pourra qu'en tirer un très grand avantage en raison de ses rares connaissances.
L'Ecole royale se trouvera, vis-à-vis de moi, dans la même situation que les administrations des théâtres royaux. Le Ministre me charge d'y exercer la même surveillance, en restant l'intermédiaire de cet établissement avec son Ministère. C'est donc par moi que devront passer les propositions à faire dans son intérêt, ainsi que la correspondance relative tant au personnel qu'au matériel, ce qui me mettra à même d'éclairer le Ministre sur l'importance de ses résultats.
Je me félicite, Monsieur, que ces dispositions me procurent de nouvelles et plus fréquentes occasions d'avoir des rapports avec vous, et je vous prie d'agréer l'assurance de ma considération la plus distinguée.
[Arch. du Conservatoire.]
CCCLXXVI. DE LA FERTÉ FAIT CONNAITRE AU MINISTRE LE RESULTAT DE L'EXAMEN DES CLASSES
ET LES RÉFORMES PROPOSEES PAR CHERUBINI; '28 MAI l89 9.
M. Cherubini, directeur de l'Ecole royale de musique et de déclamation, dès son entrée en fonction, a fait un examen général des classes, et j'ai l'honneur d'adresser à V. E. , le résultat de ce travail : elle verra , par l'état détaillé ci-joint : i° la composition des classes lors de la nomination du directeur; 2° les réformes proposées; 3° la composition des classes, telle qu'elle doit être après les réformes opérées.
Il est urgent, Monseigneur, que V. E. veuille bien approuver ce nouvel ordre de choses, afin que le directeur [misse s'occuper du classement définitif des élèves et prévenir ceux qui ne doivent plus faire partie de l'Ecole.
J'ai l'honneur de faire observer à V. E. que parmi les réformes indiquées sur l'état, il en est qui indiquent la radiation absolue des classes, et que d'autres sont seulement réformés d'une classe, mais maintenus dans une autre. Je suis, etc.
[Arch. nat., <P i735.j
CCCLXXVII. RAPPORT SUR LE PROJET DE RÉORGANISATION PRÉSENTÉ PAR CHERUBINI; 3(> MAI l822.
M. le Directeur de l'Ecole royale de chant et de déclamation présente un projet de réorganisation de cet établissement. Selon ce projet, le personnel d'administration se composerait de 8 personnes, savoir: î directeur, î chef du matériel, î bibliothécaire, î secrétaire d'administration, î commis bibliothécaire, î garçon de bureau, î suisse.
Le personnel d'enseignement serait le même «pie celui de l'Ecole actuelle, sauf quelques variations comme suif : en plus, 1 professeur de violon , î professeur de piano ; en moins , 2 professeurs de composition , a professeurs de chant , •2 répétiteurs de chant, î professeur adjoint.
Ainsi, ce personnel serait effectivement diminué de 5 personnes, ce qui, en supposant les traitements maintenus aux
taux actuels, donnerait une réduction de dépense de 7,600 francs. Déjà la réforme d'un professeur de composition, porté aux étals pour 3,000 francs, est opérée par l'appel à d'autres fonctions de M. Cherubini. Quant aux autres, on propose de ne les faire qu'à mesure que viendra des vacances.
Enfîn pour ce qui concerne les pensionnats, qui sont une institution nouvelle, on propose, pour celui des hommes, 1 chef pris parmi les •> inspecteurs et qui sera surveillant . îa pensionnaires. 1 domestique.
Tous ces individus seront payés sur les fonds affectés à ce pensionnai. \ l'égard des autres dépenses , le pensionnai pourrai! èlre établi à l'instar de celui des pages de la musique du Hoi. c'est-à-dire qu'il faut donner au chef de ce pensionnat une somme de par pensionnaire, avec laquelle il nourrirait, entretiendrait et surveillerait le* élèves. On
fournirait an chefdn pensionnat le local, le mobilier des pensionnaires, du surveillant, du domestique, delà cuisine, du réfectoire et des salles d'études, plus le linge de lit. de laide et de cuisine, qui serait blanchi aux frais de l'établissement. Le blanchissage du linge des élèves, l'entretien dudil linge et du trousseau de chacun d'eux serait au compte du chef de la pension ainsi que la nourriture du surveillant et du domestique. La cuisinière ou le cuisinier sera également an compte du chef. Les salles d'éludés et le réfectoire soat les seules pièces chauffées et éclairées par l'administration. On peut, si Son E. le veut, en faire autant pour le chef. Le pensionnat sera sous la surveillance du directeur de l'école el les élèves seront instruits par les professeurs de l'établissement.
Le pensionnat des femmes! composé seulement de 6 élè\es. aurait à son étal du personnel une gouvernante, une surveillante et, s'il était jugé nécessaire, une domestique. Ces trois personnes seraient pavées par des fonds affectés à ce pensionnat. Quant aux autres dépenses, elles dépendraient des conventions qu'on aurait laites avec la maîtresse de la pension où les b" demoiselles seraient placées. Le directeur aurait la haute surveillance de ce pensionnai comme celle de l'autre, et les élèves seraient instruites de même par des maîtres pris parmi les professeurs do l'école.
Le projet dont il s'agit ne détermine le traitement d'aucun des nouveaux fonctionnaires ou employés donl il fait étal.
Pour ce qui concerne le personnel d'enseignement, vu la situation du fonds porté déjà au budget de l'Ecole royale et aussi parce (pie quelques mois de plus ne seront pas de trop pour méditer la matière. S. E. jugera peut-être qu'il faut ajourner loul changement à l'exercice prochain. Mais il est instant de statuer et sur l'organisation du personnel et sur celle des deux pensionnats.
Déjà S. E. nous a l'ail verbalement connaître ses intentions sur le personnel d'administration, et nous \o\ons que le projet ne diffère do ces intentions qu'en un seul point. M. le directeur demande la création d'un secrétaire d'administration et propose la réforme d'un commis de l'inspecteur. M. l'intendant des théâtres pense ([n'en conservant le commis on peut se passer de secrétaire; la différence n'est guère que sur les mots, et quoique le choix de ces mots ne soit pas. en effet, sans conséquence, nous pensons qu'on peut, du moins jusqu'à nouvel ordre, laisser les choses en l'état qu'elles sont.
Pour le présent donc, il suffirait de régler le sort du directeur, du chef du matériel et du bibliothécaire.
Déjà il a été question de fixer le traitement du directeur à 6.000 francs et celui du chef du matériel à •>.. '100 francs. Quant à la place de bibliothécaire, M. Peine, inspecteur à la retraité, exercerait les fonctions de cette place, à titre de bibliothécaire honoraire, en considération du supplément défaveur qui porterait la pension de retraite à a./ioo francs, et moyennant une gratification annuelle de Goo francs non portée a l'état du personnel, pour ne point fausser les règlements, qui réprouvant la cumulation de sa pension et un traitement d'activité.
Sur l'organisation du pensionnai des hommes, nous remarquons : 1° que le titre de gouverneur semble trop pompeux, celui de chef suffit, et encore en n'\ attachant d'autre idée que celle de maître de pension: 2" que si ce chef est tel qu'il puisse lui-même remplir les fonctions de surveillant ou gardien, il lui sera dû pour cela un traitement personnel, mais que s'il se borne à la tenue du pensionnat et qu'il faille, en outre, un BUTVeillanl ou gardien des élèves, il devra s'en tenir au petit bénéfice de maître de pension, et il ne sera, dans aucun cas. porté aux états du personnel. Quant au domestique, nous pensons qu'il n'en est pas besoin ou du moins que ce sera au maître de pension à y pourvoir, mais déjà on nous a informé qu'il faudrait un portier aux gages de 000 francs.
Pour le prix de la pension, vu les fournitures de linges, bois et lumière que 1 on propose d'allouer en nature, ce serait assez, je pense, de 1,000 francs par tête d'élève, avec garantie qu'ils seraient toujours au nombre de dix an moins. De
plus, il serait l'ait état de -?oo francs par élève pour l'habillement et les menus frais. La dépense du pensionnat des hommes s'établirait donc comme suit :
Traitement soit du chef du pensionnat, soit d'un surveillant des élèves i,5oo francs.
Pensions de 19 élèves et, s'il y a lieu, du surveillant, à 1,000 francs par (Ole i3,ooo
Habillement d^s élèves. . .• 9,600
Ensemble 16,900
Le pensionnat des femmes, qui serait placé hors de l'enceinte, exigerait une siu-veillante spéciale, mais ces fonctions peuvent fort bien se confondre aves celle de gouvernante, et ici encore d n'y aurait, faisant dépense à l'état du personnel . qu'un seul sujet. La maîtresse de pension se bornerait au bénéfice de son pensionnat . et la dépense du pensionnat des femmes s'établirait comme suit :
l ne gouvernante surveillante 600 francs.
Pension des 6 élèves et de la surveillante à 800 francs par tête 5, 600
Entretien des élèves à aoo francs par télé 1,900
Ensemble 7/100
Ainsi, toutes choses d'ailleurs demeurant en l'état où elles sont au budget des théâtres, article École royale, arrêté par délibération de S. E. du 10 avril dernier, il \ aurait à faire cadrer au budget particulier de l'Ecole les nouvelles dispositions suivantes :
6,ooof
,yoo
1 directeur
1 inspecteur du matériel ,
1 survi'illanl du pensionnat des hommes. i,5oo 1 gouvernante surveillante au pensionnat
des femmes 600
1 portier du pensionnat des hommes .... 3oof
Frais du pensionnat des hommes i5,4oo
Frais du pensionnat des femmes 6,800
Ensemble 33,oot
Alais, d'une part, ces nouvelles dispositions ne sont guère qu'un virement de parties, lequel laisse disponible une
somme de 7,5oof
D'autre part, il est déjà fait compte au budget, pour la tenue des deux pensionnats, d'un fonds de s>3,8oo
3i,3oo
D'où il résulte qu'il n'y aurait à ajouter à la somme totale déjà allouée pour le bugdet de l'École qu'un excédent de crédit de 1 ,700'
Enfin, quelle que soif l'exiguïté des ressources pour cette année, on peut subvenir encore à la dépense des dispositions ci-dessus énoncées, s'il plaît à S. E. d'en ordonner ainsi.
[Arch. nat., O3 173.J.]
Nota. A partir de 1899, l'historique de l'École (dont l'existence ne fut plus mise en question et qui reprit en 1 83 1 le titre de Conservatoire), devient entièrement administratif et artistique. Les documents se rapportent en grande partie à des modifications diverses dans l'organisation générale et dans le régime de l'enseignement. Ils consistent en règlements, rapports, projets, programmes d'études, résultats de concours, prix et examens, constitution de conseils, commissions et comités, tableaux du personnel, résumés des travaux, statistiques, elc, qu'il convient de grouper dans un ordre méthodique et non plus chronologiquement. (C. P.)
ACTES ORGANIQUES
1° REGLEMENTS GENERAI X.
CGGLXXVUf. RÈGLEMENT PROPOSE POUR LE CONSERVATOIRE DE MUSIQUE PAR LE COMMISSAIRE CHARGE DE SON
ORGANISATION, ADOPTÉ PAU LE DIRECTOIRE EXECUTIF. LE 1 ïi MESSIDOR AN IV DE LA REPUBLIQUE FRANÇUSE, UNE ET