XXXI. COMPTE RENDU DE L'EXERCICE DES ELEVES, EXTRAIT DES AFFICHES
Examen et exercice des classes de l'Ecole royale de chant sur le théâtre de l'Hôtel des Menus.
Si, comme il y a tout lieu de le croire, c'est aux Conservatoires établis dans les différentes villes de l'Italie qu'on doit attribuer la faveur dont jouit partout la musique ultramontaine , l'administration ne pouvait imaginer rien de mieux pour faire également prospérer cet art en France, que de créer une Ecole à la tête de laquelle se trouvent MM. Gossec, Piccini , Langlé, Guichard, La Suze, Rigel, Saint-Amans, Méon, Gobert, Rodolphe , Guénin, Nochez, Mole pour la déclamation théâtrale, Pdot pour celle du chant et Deshayes maître de ballets. Un pareil établissement semble devoir assurer pour jamais, de bons sujets tant à la musique du Roi qu'à l'Opéra et au Théâtre Italien. C'est pour éprouver les élèves et pour juger de leurs progrès qu'il a été fait hier l'exercice dont nous avons k rendre compte : ils ont représenté l'opéra Roland avec tous ses divertissements.
L'assemblée, qui était aussi brillante que nombreuse, à paru très satisfaite de l'exécution de ce bel ouvrage, dans lequel M"' Mulot jouait le rôle d'Angélique, qui a déployé une grande sensibilité, jointe à une voix pure, flexible, ('tendue, a une manière de chanter facile et expressive. Ou a aussi trouvé de l'âme, de l'intelligence et une belle qualité de voix à \1. Dessaules qui a fait Roland. M. Le Fèvre a rendu avec intérêt le rôle de Médor. Chacun des autres élèves a obtenu , dans 1 es diflén nls personnages de cet opéra , des encouragements mérités. On a singulièrement été frappé de la justesse avec laquelle ils ont tous exécuté les morceaux d'ensemble, ainsi que les ballets, et toute celte représentation a fait grand plaisir.
Comme il n'y a que dix-huit mois que ces jeunes gens sont attachés à l'Ecole, que plusieurs même y sont entrés depuis bien moins de temps et qu'il a fallu d'abord leur apprendre les éléments de la musique, on conçoit aisément que le degré d'habileté auquel ils atteignent déjà est le fruit du travail le plus opiniâtre, tant de leur part que de la part des maîtres. Ceux-ci ont trop de goût et sont trop jaloux de leur gloire pour se hâter de produire au grand jour des talents qui ont encore besoin d'être perfectionnés, mais il \ a tel de ces élèves qui leur fait dès à présent assez d'honneur pour pouvoir espérer que l'année prochaine il figurera avantageusement sur le théâtre de l'Académie royale de musique. Ce sera alors pour le public une satisfaction réelle, de voir des sujets formés, au sein même de la capitale, par d'habiles maîtres, contribuer plus sûrement à ses plaisirs, que beaucoup de ceux qui, tirés de la provenance de pays étrangers, s'annoncent avec des prétentions illusoires et qu'il faudrait quelquefois renvoyer a l'école.
[Affiches, annonces, etc., 5 avril 1786, p. 870; Bilil. nat., Inv. V a83i3.]
XXXII. COMPTE REND! DE L'EXERCICE DES ELEVES, EXTRAIT DUS MEMOIRES SECl'.ETS.
On appelle Examen et exercice des élèves de l'Ecole royale de chant la représentation donnée par eux sur !e théâtre de l'hôtel des Menus le !\ de ce mois. L'assemblée était brillante et nombreuse. Les trois sujets qui ont été les plus applaudis sont M"' Mullot jouant le rôle d'Angélique, qui a déployé une grande sensibilité, jointe à une voix pure, flexible, étendue et à une manière de chanter facile et expressive. On a trouvé aussi de l'âme, de l'intelligence et une bonne qualité de voix au s' Dessaule, qui a fait Roland: enfin le sr Fèvre a rendu avec intérêt le rôle de Médor. On a singulièrement été frappé de la justesse avec laquelle ils ont tous exécuté les morceaux d'ensemble, ainsi que les ballets. Enfin il \ a de ces élèves qu'on croit pouvoir figurer dès l'année prochaine avantageusement sur de grands théâtres.
[Mémoires xecreis, 1786, 10 avril.]
XXXIII. ARTICLE DE LE PREVOT D-EX!HES SUR L'EXERCICE DES ELEVES DE L'ÉCOLE ROYALE,