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chapitre lxxxvii

Prusse, celles, relatives à sa défection, un rapport du ministre des relations extérieures, et fit présenter deux sénatus-consultes. Par le premier, une force de cent quatre-vingt mille hommes était mise à la disposition du ministre de la guerre , savoir : quatrevingt mille appelés sur le premier ban de la garde nationale; quatre-vingt-dix mille de la conscription de i8i4, destinés à la défense des frontières de l’ouest et du midi, et spécialement des chantiers ' d’Anvers , de Cherbourg , de Brest, de Lorient, de Rochefort et de Toulon.

Il était créé dix mille gardes d’honneur à cheval , composant quatre régimens, pour la formation desquels il était assigné des contingens aux départemens de l’Empire. Les hommes devaient s’habiller, s’équiper et se monter à leurs frais. Ils avaient la solde des chasseurs de la garde, et, après douze mois de service, le grade de sous-lieutenant. Après la campagne, lorsqu’il serait procédé à la formation de quatre compagnies de gardes-du-corps, ime partie de ces compagnies serait choisie parmi les gardes d’honneur qui se seraient le plus distingués. Les membres de la Légion-d’Honneur ou leurs fils pourraient, à défaut de fortune, être équipés et montés aux frais de la Légion.

Les quatre-vingt mille hommes de la conscription des- années 1807, 1808, 1809, 1810, 1811 et 1812, pris dans le premier ban de la garde nationale, étaient destinés au recrutement de l’armée active et à la formation d’une armée de réserve.

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Pour rendre disponibles les quatre-vfngt*dix taille hommes de la conscription de i8»4, de^nés à la défense des ports militaires, elle fut confiée au courage et à riionneui’ des gardes nationales des départemens formant les six' arrondissemens maritimes organisées en compagnies de grenadiers et chasseurs, de manière à présenter, dans chaqne arrondisseinenl, une force de quinze à trente mille hommes effectifs présens et toujours disponibles, dont un contingent de quinze cents à trois mille serait en activité. Six sénateurs présidaient à l’organisation de ces compagnies et en prenaient le commandement.

L’orateur du gouvernement, Deferimon, évaluait les forces de l’Empire en troupes de ligne et e» gardes nationales actives, en France, en Espagne, en Italie, en Mlemagne, à un million" cent cinquantesix mille hommes, et disait que cette lutte était la dernière.

Pour motiver la création des gardes d’honneur, on supposa que les départemens avaient demandé la formation de compagnies de gardes-du-corps, institution nécessaire au trône, à réaliser progressivement. On ne doutait pas que cette perspective ne portât les enfons des membres des collèges électoraux de départemens et d’arrondissemens , des conseils municipaux, lès fils des plus imposés des départemens et des communes , de tous les dépositaires de l’autorité publique à se faire inscrire dans les gardes d’honneur.

Pour sa sûreté et l’éclat du trône, Napoléon avait

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une garde impériale, nombreuse, éprouvée, e^ il pensait à placer entre elle et lui des gardes-du-corps. Les gardes d’honneur n’étaient que la pépinière de ce corps privilégié, qui aurait été formé de fils de l’ancienne noblesse, boudeurs ou hostiles! La vanité ’ aurait-elle à ce point aveuglé l’Empereur? Quelques courtisans , admirateurs serviles de la cour des Bourbons, pouvaient desirer le rétablissement des gardesdu-corps , ce ne fut jamais le vœu des départemens. . Une autre pensée présida à la création des gardes d’honneur. Au moment où il allait recommencer la lutte avec toute l’Europe, et entraîner sur les champs de bataille , pour ainsi dire , les dernières forces de la France, Napoléon voulait la purger de tous les élémens de trouble , et lier à sa destinée tout ce qui avait jusqu’alors refusé de s’y associer. Les gardes d’honneur étaient des otages qui lui répondaient que leurs familles ne comploteraient pas dans l’intérieur de l’Empire; enfin c’étaient dix mille hommes de plus dans les rangs de l’armée. Ce renfort n’était pas à dédaigner, lorsque les ennemis prêchaient une croisade contre lui , et soulevaient les populations en masse pour les lancer sur la France et faire une guerre d’extermination.

L’Allemagne continuait à être inondée de proclamations des généraux russes et prussiens. Blücher, Kutüsof, Wittgenstein étaient les apôtres de la liberté et de l’égalité. Les nobles renonçaient A leurs privilèges, et fraternisaient avec le bourgeois et le paysan. Les rois se mettaient aux pieds des

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peuples, et leur promettaient de payer par de larges concessions le sang qu’ils verseraient pour l’indépendance des trônes. Que les rôles étaient changés ! L’ennemi marchait enflammant toutes les passions * généreuses, armé de toutes les ressources révolutionnaires. La France ne se présentait au combat que pour défendre, avec des moyens réguliers, une monarchie fondée sur les ruines de sa liberté , une domination qui n’avait été, pour la plupart des peuples alliés ou conquis, qu’une source d’humiliations, de tributs onéreux, qu’un changement de maîtres. Les promesses des rois quoique trompeuses produisaient leur effet. Après tout, les Allemands préféraient leur joug à celui de l’étranger. La France n’aurait point été réduite à cette dure extrémité, si l’homme auquel elle avait confié sa révolution eût respecté ce dépôt, et entretenu la sympathie de la liberté entre la nation française et les autres peuples, en la leur offrant comme modèle.

Les revers de Napoléon et les projets des puissances coalisées ranimèrent les espérances des Bour-i bons. Après neuf ans de silence, le comte de Lille lança d’Hartwell, le février, une déclaration contre \ instrument de la colère de la providence , l’usurpateur du tréne de saint Louis, le dévastateur de l’Europe. Il invitait les Français à se jeter dans les bras de leur roi légitime, seul gage de la paix. Il promettait le maintien des fonctionnaires dans leurs places, l’oubli du passé, la conservation du code civil, purgé des dispositions contraires aux

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