‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 102 sur 300 · CHAPITRE LXXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXVII

dogmes religieux, une destinée glorieuse au sénat, à l’armée ses grades, l’abolition de la conscription. Cette déclaration avait été, publiée à Londres, et jetée par les croisières anglaises sur les côtes de France. La surveillance de la police l’avait empêché de pénétrer dans l’intérieur. La publication de cette pièce, avait suscité une discussion dans le parlement anglais ( 1 2 mars ). Interpellé par Withbread de déclarer si elle avait été publiée avec le concours des ministres, Castelrèagh s’était contenté de répondre qu’elle l’avait été sans leur sanction.

Jusqu’au 24 février, les autorités françaises avaient été respectées, et s’étaient maintenues à Hambourg et à Lubeck : l’insurrection y éclata et se répandit dans les campagnes. Toutes les autorités, toutes les troupes, cantonnées sur les côtes de la Baltique, et entre Berlin et Hambourg, se réfugièrent dans cette ville. Sur le bruit de l’approche des troupes russes et prussiennes, le général Carra Saint- Cyr ne se crut pas en état de s’y maintenir, l’évacua, le 12 mars, rejoignit le général Morand, sur la rive gauche de l’Elbe, et se retira à Brême. Carra Saint- Cyr fut accusé de trop de précipitation. La réaction des Hambourgeois contre les Français fut extrêmement ardente. Ils reçurent avec un fol enthousiasme Tettenborn et ses cosaques, qui les pillèrent et dévastèrent le pays. <

Par un sénatus-consulte , du 4 avril , le régime constitutionnel fut suspendu pendant trois mois dans les départemens de l’Ems-Supérieur, des Bou-

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clies-tlu-Weser et des Bouches-de-l’Elbe, composant la 32* division militaire. Des pouvoirs extraordinaires, une grande dictature, fiirent attribués au général commandant en chef l’armée dans cette division. Le prince Eugène transmit, le i6 avril, au maréchal Davoiist l’ordre de l’Empereur d’en prendre le commandement en chef ainsi que de l’armée destinée à agir sur Hambourg.

Les circonstances étaient trop pressantes pour s’occuper du couronnement de l’Impératrice et du roi de Rome; ces futiles cérémonies furent ajournées. Le sénatus-consulte du a février avait statué sur la régence en cas de minorité; rien n’avait été prévu en cas d’absence de l’Empereur régnant. Pendant les campagnes de Napoléon, les ministres administraient, chacun dans son département ou réunis quand il y avait lieu, sous la présidence d’un grand dignitaire par lui désigné. Tout était soumis à son approbation, quelque part qu’il fût, en voyage ou à la tète de ses armées, à Vienne, à Berlin, à Madrid, à Moscou. Avant d’entrer en campagne, il jugea cette fois devoir nommer l’Impératrice régente. Elle présidait le sénat, le conseil d’état, le conseil des ministres et le conseil privé, notamment pour l’examen des recours en grâce, sur lesquels elle était autorisée à prononcer. Elle ne pouvait autoriser, par sa signature, la présentation d’aucun sénatusconsulte ou proclamer aucune loi Cette régence

* I.ie(tres patentes du 3o mars.

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