‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 103 sur 300 · CHAPITRE LXXXVII. 'll · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXVII. 'll

n était que nominale et honorifique. Dans un grand conseil de cabinet, l’Impératrice jura fidélité à l’Empereur, de se conformer aux actes des constitutions , et d’observer les dispositions faites ou à faire par l’Empereur, son époux , dans l'exercice de l’autorité qu’il lui plairait de lui confier pendant son absence. Napoléon donna à la régente l’archi-chancelier pour conseil, Champagny comme secrétaire de la régence, le général Caffarelli pour commandant de sa garde.

A mesure que son étoile pâlissait. Napoléon sentait le besoin de ranimer la confiance, de réchauffer les esprits et de se populariser pour obtenir des sacrilfces. Le premier trimestre de cette année, il se montra beaucoup dans les lieux et les établissemens publics, aux Invalides, aux orphelines de la Légiond’Honneur, aux théâtres, aux marchés, dans divers ateliers, dans les faubourgs. Il se laissait approcher, il conversait avec des ouvriers. Le peuple, auquel il ne donnait rien, ni places ni rubans, voyant en lui le symbole de la-gloire et de la grandetn- de' la France, lui montrait du respect, de la sympathie, du dévoùment. - ^ ■

Le 6 mars, accompagné de llmpératrice, il passa en revue les invalides, visita tout l’hôtel, entendit un Te Deum dans la chapelle, se fit présenter quatre centenaires , vétérans de Fontenoy, accorda des croix de la Légion-d’Honneur et vingt dotations.

Pour satisfaire les fonctionnaires et les gens de cour, il en coûtait un peu plus que pour plaire au peuple. Sur le point de quitter Paris, Napoléon dis-

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tribua des faveurs dans le militaire et le civil. Il nomma sénateurs Champagny, Duroc, Montesquieu, Ségur, Caulaincourt; les généraux Legrand, Chas- ^ seloup-Laubat, Gassendy; le comte Saint-Marsan, Barbé-Marbois, le comte de Croix; deux inspecteursgénéraux des côtes, Werhuel, de la mer du Nord, Emériau, de la' Ligurie; duc, le ministre Decrès;le ministre Mollien, grand-aigle de la Légion; Cambacérès, grand-dignitaire de la couronne de fer; enfin, cinquante-cinq grands-croix de l’ordre de la Réunion.

Arrivé à Vienne, Narbonne avait démasqué la politique tortueuse de la cour de Vienne, et s’Hait convaincu que les Russes et les Anglais y avaient repris toute leur influence; il ne s’agissait plus d’intervention, tout annonçait que c’était le rôle de médiateur armé que l’Autriche voudrait prendre, ou plutôt qu’elle abandonnait la France pour se lier avec ses ennemis. Si jamais Napoléon avait eu quelque confiance dans les belles protestations de son beau-père, les révélations de Narbonne n’étaient pas propres à la maintenir; mais il lui importait d’éviter une rupture et de conserver au moins tous les de hors de l’alliance, jusqu’au moment où la victoire lui permettrait de provoquer des explications. U congédia le général Bubna le 1 2 avril , et lui remit une lettre par laquelle il proposait à rempereur François les moyens les plus propres à établir une négociation véritable et sérieuse.

Schwantenberg, annoncé depuis le mois de fé-

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