CHAPITRE LXXXVn
vrier, arriva enfin, apportant une lettre de son maître, comme ambassadeur chargé de mission. Napoléon évita toute discussion diplomatique, et, affectant de ne voir en lui que le général en chef du corps auxiliaire, lui dit ; « Je pars, et probablement, du a a au a 5 avril, j’enverrai à votre lieutenant, le général Frimont, l’ordre de dénoncer l’armistice que vous avez consenti. Je serai de ma personne, dans les premiers jours de mai, sur la rive droite de l’Elbe, avec trois cent mille hommes. L’Autriche pourrait porter à cent cinquante mille hommes votre armée de Cracovie, en même temps quelle en rassemblerait trente à quarante mille en Bohême’, et le jour que j’arriverais sur l’Elbe, nous déboucherions tous à-la-fois contre les Russes; c’est ainsi que nous parviendrons à pacifier l’Europe. Schwarzenberg se borna à répondre que si les instructions du major-général étaient envoyées au général Frimont, il ne doutait point qu’on y obéît aussitôt.
Le ministre Maret fit connaître à Narbonne les intentions manifestées par Napoléon à Schwarzenberg relativement au corps auxiliaire , et le chargea d’en prévenir Metternich, et de s’expliquer sans détour avec lui pour s’assurer positivement que les ordres de l’Empereur seraient exécutés sans discussion , et de l’inviter à avertir le général Frimont, afin d’ôter toute possibilité à un malentendu dont les conséquences seraient très fâcheuses.
Le moment était venu pour Napoléon de se mettre .
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à la tète de son armée. Il dicta à Dam deux notes çpntenant les détails les plus minutieux pour l’administration, principalement pour les hôpitaux, pour la division de l’armée en celle de l’Elbe et de celle du Mein, leurs lignes d’opération, etc. Le i5 avril, il partit de Saint-Cloud, et le i6, à minuit, il était à Mayence.
Le roi de Saxe avait repoussé la proposition du roi de Prusse d’accéder à la coalition, mais en quittant ses états, il s’était livré à la direction de l’Autriche, non qu’il la crût bien fidèle à son alliance avec la France, mais espérant, dans le cas où Napoléon ne pourrait pas lui rendre son royaume, l’obtenir par la protection de la cour de Vienne. Cette dernière conjecture est justifiée par des actes. Elle ne nuit point à la réputation de probité du roi. Ce serait trop exiger du prince le plus honnête homme, q.u il poussât la fidélité jusqu’à risquer de perdre sa couronne. Il fnt donc facile à l’Autriche d’ahnser de sa position , de le mettre dans sa dépendance et de le lier à sa politique. Par une convention du 8 avril, 1 empereur François permit aux corps sous les ordres du général Çablentz et du prince Poniatowski, qui avaient suivi Schwarzenberg dans sa retraite, de quitter le duché de Varsovie et de traverser la Gallicie, la Moravie et la Bohême, avec des précautions fort peu honorables , telles que le transport des armes à feu sur des charriots. Le bataillon français qui se trouvait avec ces troupes fut soumis à la même humiliation. Une convention ayant été signée à