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CHAPITRE LXXXVIII

peut se dire victorieuse. Napoléon n’y avait combattu qu’avec la moitié de ses forces , quatre-vingtcinq mille hommes contre cent cinq mille. Forcer à la retraite un ennemi qui s’avançait enorgueilli du résultat de la dernière campagne et plein de confiance, c’était un beau début.

Napoléon adressa, à l’armée la proclamation suivante :

«Soldats, je suis content de vous! vous avez rempli mon attente! Vous avez suppléé à tout par votre bonne volonté et par votre bravoure. Vous avez, dans la célèbre journée du a mai, défait et mis en déroute l’armée russe et prussienne , commandée par l’empereur Alexandre et le roi de Prusse. Vous avez ajouté un nouveau lustre à la gloire de vos aigles ; vous avez montré tout ce dont est capable le sang français. La bataille de liUtzen sera mise au-dessus des batailles d’Austerlitz, d’Iéna, de Friedland et de la Moskowa! Dans la campagné passée, l’ennemi n’a trouvé de refuge contre nos armes qu’en suivant la méthode féroce des barbares ses ancêtres. Des armées de Tartaresont incendié ses campagnes , ses villes, la sainte Moscou elle-même! Aujourd’hui, ils arrivaient dans nos contrées, précédés de tout ce que l’Allemagne, la France et lltalie, ont de mau-* vais sujets et de déserteurs, pour y prêcher la révolte, l’anarchie, la guerre civile, le meurtre. Ils se sont faits les apôtres de tous les crimes; c’est un incendie moral qu’ils voulaient allumer entre la Vistule et le Rhin , pour , selon l’usage des gouverne-

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mei»s despotiques, mettre des déserts entre nous et eux. Les insensés ! ils connaissaieDt peu l’attachement à leurs souverains, la sagesse, l’esprit d’ordre et le bon sens des Allemands. Ils connaksaient peu la puissance et la bravoure des Fr^çais!

«Dans une seule journée, vous avez déjoué tous ces complots parricides.... Nous rejetterons ces Tartares dans leurs affreux climats, qu’ils ne doivent pas franchir. Qu’ils restent dans leurs déserts glacés, séjour d’esclavage, de barbarie et de corruption, où l’homme est ravalé à l’égal de la brute. Vous avez bien mérité de l’Europe civilisée. Soldats! l’Italie, la France, l’Allemagne, vous rendent des actions de grâces! »

Napoléon était maître de toute la rive gauche de •

1 Elbe , depuis la Bohême jusqu’à Hambourg. Mais il ' n-y avait rien eu de décisif. Il avait espéré recommencer le lendemain. Wittgenstein n’attendit pas, il profita de la nuit pour repasser l’Elster. Le 3 mai,

1 armée française se mit à sa poursuite. Le 5, le prince Eugène atteignit l’arrièr&garde prussienne,

1 attaqua et la culbuta au passage de la Mulde. Le corps de Miloradowich prit sa place pour couvrir la retraite. Il n’avait pas donné à la bataille de Lutzen. Le prince Eugmie l’attaqua et le poussa vivement, avec perte, trois jours de suite, les 5, 6 et 7, à Ekdorf, Nossen et Wilsdruf. Les Russes repassèrent lElbe, le 7, à Dresde, et les Prussiens à Meissen après avoir perdu quelques mille prisonniers et déti’iiit un nombre de voitures et- de bagages. Leiin»

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