CHAPITRE LXXXVIII
convois de blessés s’échappèrent en Bohême, où l’Autriche leur donna refuge.
En marchant sur Dresde, l’Empereur faisait de grandes combinaisons. Il avait laissé le corps de Ney sur le champ de bataille de Lutzen, afin de prendre un peu de repos, de se porter sur Torgau^ pour se rallier avec le maréchal Victor, qui amenait le a* corps de Magdebourg sur Wittenberg , et de faire ensuite ime expédition sur Berlin.
^ De son quartier général de Waldheim , Napoléon fit ordonner au maréchal Davoust de se porter à Hambourg, de s’emparer de cette ville, et de diriger sur-le-champ le général Yandamme dans le Mecklenhourg. La conduite qu’avait à tenir le maréchal, lui fut ainsi tracée : faire arrêter survlechamp tous les sujets de Hambourg qui avaient pris du service sous le titre de sénateurs; mettre le séquestre sur leurs hiens et les déclarer çonfisqués ; désarmer la ville; mettre une contribution de 5o millions sur Hambourg et Lubeck; désarmer le pays; arrêter les gendarmes, canonniers, gardes-côtes , officiers, soldats ou employés qui, étant au service, auraient trahi; confisquer leurs propriétés; armer la place de Hambourg, établir des ponts-levis aux portes, des canons sur les remparts, releçver les parapets, construire une citadelle du côté de Naarbourg, pour y mette quatre ou cinq mille hommes à l’abri de la population et de toute incursion; armer également Lubeck, pour que cette ville fut aussi à l’a- * bri d'uiî coup ‘de main ; réorganiser Cuxhaven ;
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toutes ces mesures étaient de rigueur, l'Empereur ne laissait à Davoust la liberté d’en modifier aucune. ' Les opérations militaires allaient plus vite que les négociations avec l’Autriche. Dans sa réponse du a6 avril à la note de Narbonne du ai , Metternich se référa aux instructions envoyées à Schwarzenberg, et communiquées par cet ambassadeur au ministre Maret. Il tira parti d’une circonstance survenue depuis , la dénonciation de l’armistice par les Russes, probablement concertée avec l’Autriche, qui avait complètement changé l’ordre de choses dans le duché de Varsovie. Ce n’était pas avec trente raille hommes qu’elle pouvait appuyer sa médiation; les moyens les plus efficaces de négociation se trouvaient dans le développement de forces plus imposantes , qui ne laisseraient aucun doute que la puissance médiatrice serait prête à paraître en scène comme partie principale , et à donner à ses paroles (le paix l’appui nécessaire.
Napoléon avait reçu à Erfurt les dépêches (pii lui annonçaient les étranges changemens survenus dans le langage du cabinet autrichien; ce que disait Metternich contrastait tellement avec ses protestations de fidélité à l’alliance , et les assurances données par Schwarzenberg, que , pour asseoir son opinion sur la politicpie de la cour de Vienne, Napoléon manda à son ambassadeur qu’il avait besoin d éclaircissemens. Il voulait la paix , mais non une
* Lettre de Berihier du 7 mai.