‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 110 sur 300 · CHAPITRE LXXXVIlf · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXVIlf

^ix offerte comme une capitulation; il la voulait sur des bases qu’il comprit , et qui ménageassent les intérêts permanens de la France.'

Ces éclaircissemens ne se firent pas long-temps attendre. Napoléon reçut la note de Narbonne, du la réponse de Metternich , du a6. La médiation armée ne faisait plus une question, l’Autriche l’avait tranchée. Sans admettre ni combattre le principe , Napoléon chercha à en éloigner le plus possible les conséquences. Il reçut aussi le rapport d’une audience que son ambassadeur avait obtenue de l’empereur' d’Autriche. Narbonne s’était exprimé très vivement ; Napoléon en fut contrarié.

- Il voyait clairement que, si les évènemens étaient contraires à la France, l’opinion des peuples entraînerait le gouvernement autrichien et le rangerait contre elle; tandis que l’armée française, étant victorieuse comme elle l’avait été, il serait de l’intérêt de l’Autriche de rester avec la France. L’explication précipitée de Narbonne semblait affranchir l’Autriche de ses engagemens; il eût été à desirer-que l’ambassadeur se fût épargné ce faux pas. Il devait donc se borner à tout observer, ne préjuger aucune question , et se tenir dans ime grande réserve. -Napoléon le chargea de dire à Metternich qu’il préférait que le bataillon français se battît et fût envoyé en Sibérie , plutôt que d’étre désarmé pour traverser les états autrichiens; c’était la plus importante des

‘ Lettre à Narbonne du »6 arril.

EMPIRE. AN l8l3.

affaires, puisqu’elle touchait à l’honneur. Sur ce point, l’Empereur admettrait plutôt une discussion pour la cession de trois provinces, que la pensée que ce bataillon, attaché au corps auxiliaire de son allié, de son beau-père, fut désarmé pour traverser un pays ami. La prétention d’une médiation armée était trop ridicule pour que l’empereur d’Autriche ne le sentit pas; car il fallait le dire net, c’était mettre les intérêts de la France à la disposition de l’impératrice d’Autriche et de Stadion. ‘ irinwmi?

Dans ses relations avec Maret, Schwarzenberg s’efforçait de lui persuader que la médiation armée, loin d’être alarmante pour la France, était la mesure la plus conforme à ses intérêts. D’ailleurs , la situation des rois vis-à-vis des peuples leur imposait le devoir de tout faire pour la paix et rien pour la guerre. Si la guerre se prolongeait, ou si elle se terminait de lassitude et sans qu’il' en résultât un état tel que les rois, toujours incertains de l’avenir, ne pussent consacrer toute leur attention et tous leurs efforts à étouffer le ferment jacobin qui se développait journellement davantage , l’existence même des trônes ne tarderait pas à être menacée. L’empereur François ne séparerait pas ses intérêts de ceiu; de la monarchie fondée en France; il n’y avait dans sa politique ni subtilité ni arrière-pensée. Il ne voulait rien dans les combinaisons nouvelles qui pouvaient se présenter pour l’agrandissement

' Lettre à Nerboiine, l’egau, 4 mai.

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