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CHAPITRE LXXXVUI

de l’Autriche ou l’amélioratioH de sa position actuelle.

Ce ferment jacobin, qui menaçait læ trônes, ne pouvait avoir quelque sens que <x>mrae allusion à la révolution française et à l’Empereur sorti de son sein, et aux jeux des r<^ légitimes son représentant. C’était la pensée fondamentale et persistante de toutes leurs coalitions. Ce ferment jacobin, s’il existait «i Alkmagne, c’étaient les coalisés qui le créaient en soulevant les peuples par de trompeuses promesses.

Quant au désintéressement de l’Autridie, c’était une insigne fausseté, car il eût été absurde à elle de ne pas tirer parti d’une circonstance favorable pour réparer ses pertes.

Dans tous les cas , il lui restait à s’expliquer sur deux questions importantes que suscitait la médiation armée, savoir: le maintien de l’alUance et le corps auxiliaire. Suivant Schwarzenberg, l’alliance subsistait, elle était basée sur des intérêt». trop identiques, trop inhérens k la nature des choses, trop invariables pour que ni les revers ni les succès fussent d’aucune influence sur elle. Quant au corps auxiliaire, son concours n’était ni désavoué, ni reftiséj il n’était que suspendu. Maret parut abonder dans le sens de l’ambassadeur, et croire que la sincérité de l’Autriche était garantie par les liens de famille qui unissaient les deux empereurs. Schwar- , zenberg laissa échapper ces paroles significatives que Maret parut n’avoir pas entendues : La poli-

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tique a fait le mariage , la politique pourrait le défaire.

Quelques jours après , Schwarzenberg communiqua des dépêches de Weissemberg, annonçant que les ouvertures par lui faites à Londres n’avaient pas réussi. « L’Autriche, disait-il, était bien loin de subordonner la paix continentale aux lubies de l’Angleterre; le zèle du cabinet de Vienne n’en serait pas ralenti, et, avant peu, il ferait connaître la marche très péremptoire qu’il comptait suivre visà-vis des puissances alliées pour les amener à des explications finales. Ainsi se termina la mission de .Schwarzenberg : il quitta Paris. Là s’arrêta la négociation avec l’Autriche; tout désormais fut soumis au sort des batailles.

Napoléon voulait-il sincèrement la paix? Il n’était pas dans son caractère d’en traiter après de grands revers; du moins il en exprima le désir en demandant l’intervention de l’Autriche; ce ne fut pas sa faute si cette intervention fut sans résultat. La guerre continuant , il dut chercher à retenir l’Autriche dans les termes de l’alliance , même à en obtenir un plus fort contingent , enfin , à l’empêcher de céder à son penchant pour la coalition , jusqu’à ce qu’il eût rétabli son ascendant par un retour de la fortune. U n’y avait rien de blâmable dans cette politique; on n’en peut pas dire autant de celle de l’Autriche; elle ne présenta que faiblesse, fausseté et déception. Arbitre de la paix de l’Europe, elle laissa rallumer la guerre pour n’y jouer qu’un rôle secondaire, finir

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par trahir son allié et se joindre à ses ennemis. Tout porte à croire que, même avant la bataille de Lutzen, elle avait pris des engagemens avec eux; le roi de Prusse le donna à entendre dans une proclamation du 8 mai.

Ce même jour, l’avant-garde de l’armée parut devant Dresde; l’empereur Alexandre et le roi de Prusse quittèrent cette capitale. A midi, le prince Eugène prit possession de la vieille ville; Napoléon descendit dans la vallée de l’Elbe. Miloradowich avait fait sauter les ponts, brûler les magasins, et s’apprêtait à défendre la ville neuve , située à la droite de l’Elbe.

A quelque distance des barrières de Dresde , Napoléon trouva une députation de la municipalité, a Vous mériteriez, lui dit-il, que je vous traitasse en pays conquis; je sais tout ce que vous avez fait pendant que les alliés occupaient votre ville. » Il le récapitula. C’était ni plus ni moins que' ce qui arrive partout en pareil cas, des* démonstrations d’allégresse dans l’espoir d’un meilleur sort. Celle des habitans de Dresde avait été courte, accablés qu’ils avaient été par les exigences brutales des Russes et des Prussiens, et l’insolence des derniers. 11 les ren- V voya à leur roi, en faveur duquel il leur pardonnait, et leur annonça que, pour gage de sa clémence, il nommait le général Durosnel gouverneur de Dresde.

Napoléon reconnut les rives de l’Elbe, choisit le point de Priesnitz pour y jeter un pont, et revint loger dans le palais du roi, exposé à la fusillade et

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au canon des Russes, qui tiraient de l’autre côté du fleuve. Il expédia différens ordres, et porta tonte son attention sur les affaires de la Saxe. Le roi était toujours à Prague sous l’influencefle l’Autriche, et le général Thielniann, gouverneur de Torgau, lefusait d’en ouvrir les portes aux Français. Pendant le séjour de l’empermr de Russie et du roi de Prusse à Dresde, il y était venu leur faire sa cour. L’aidedecamp de Rerthier, Montesquieu, fut envc^é à Prague avec une lettre pour le ministre de France. Il était chargé d’exiger que le roi de Saxe , dans le délai de six heures, se mit en mesure de remplir tous ses engagemens comme membre de la confédération, de fournir ses troupes, etc., faute de quoi l’Empereur déclarait le roi félon, hors de sa protection, et qu’en conséquence il avait cessé de régner.

Le 9, à la pointe du jour, Napoléon, à cheval, se rendit à Priesnitz pour présider au passage. Il s’engagea une terrible canonnade; les Russes foudroyés abandonnèrent le terrain. A l’aide d’échelles, desvoltigeurs franchirent l’intervalle entre les piles de l’arche du pont qui avait été rompue : le cokaicl du génie, Bernard, jeta luie arche provisoire.

Le 10 au matin, Indivision Charpentier prit possession de la ville neuve. Les pcaits de Priesnitz forent achevés ; deux ponts de bateaux furent établis au-dessus et au-dessous du grand pont de Dresdç. L’armée passa sur la rive droite , et, le 1 1 , se mit à la pouruiite de l’ennemi qui se retirait par la route de Bautzen sur la Lusace et la Silésie.

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