‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 112 sur 300 · CHAPITRE LXXXVIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXVIH

L’Empereur resta à Dresde : les doutes qu’il avait pu avoir sur le parti que prendrait le roi, s’étaient dissipés. L’Autriche ne voulant pas encore se démas> quer, avait permis à ce prince de satisfaire à tout ce qu’on avait exigé de lui, et de retourner dans ses états. Napoléon lui prépara une réception solennelle. Le I a , à dix heures du matin , l’Empereur passait une revue de la garde impériale; le roi de Saxe arriva : ils descendirent de cheval, s’embrassèrent, et entrèrent à la tête de la garde dans Dresde, au bruit du canon, au son des cloches, et aux acclamations des troupes et de la population. Une députation de la ville reçut les deux monarques à l’entrée de la ville; l’Empereur lui répéta qu’il la traitait avec ménagement en considération du retour du roi. C’était un évènement important ; il donnait à l’armée française onze mille Saxons qui étaient à Torgau, quatre mille cavaliers que ramenait le roi. Son retour avait une grande influence sur les autres princes de la confédération , sur la tranquillité de la Saxe et de toute l’Allemagne.

Le roi avoua franchement à l’Empereur tout ce qui s’était passé entre lui et la cour de Vienne, et lui communiqua la correspondance des deux cabinets. L’Empereur pardonna au roi, persuadé , comme tout le monde, que ce prince avait été séduit, mais qu’il était resté le meilleur et le plus fidèle de ses amis.

La duplicité, la perfidie de Metternich et la trahison de l’Autriche étaient évidentes. Elles avaient

37a EMPIRE. AN l8l3.

été révélées avant les aveux du roi, par des lettres interceptées de Stackelberg, ex-ambassadeur de Russie à Vienne à Nesselrode. Le ministre autrichien proraeitait à celui de Russie de le réveiller pendant la nuit s’il avait des nouvelles , et lui donnait des détaib sur l’armée française. Ces découvertes furent communiquées à Narbonne, et motivèrent des instructions sur la conduite qu’il aurait à tenir. En l’absence du ministre Maret , Caulaincourt était chargé de la correspondance. A toutes les cachoteries, il fallait opposer de la froideur, et que le cabinet de Vienne s’aperçût qu’on l’observait. Tant qu’on avait été allié , on avait pu se parler avec confiance; à présent qu’on ne l’était plus , c’était le tour des formes officielles. Metternich prenait l’intrigue pour la politique. Napoléon recommandait la froideur, parce qu’il ne voulait pas tromper. Le mensonge n’était bon à rien , il ne trompait qu’une fois; laisser croire à l’Autriche que les rapports étaient toujours les mêmes , ce serait perfidie. ‘

L’attitude de cette puissance obligeait à prendre des précautions en Italie. Les ordres les plus pressans avaient été donnés pour y remplacer les troupes françaises qu’on en avait tirées, et recréer l’armée italienne, que ses pertes en Catalogne et en Russie avaient presque anéantie. L’Empereur y renvoya le prince Eugène. Pour lui donner une preuve éclatante et signalée de sa satisfaction , il érigea so»

Caulaincourt à Narbonne du ta mal.

Page 1