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CHAPITRE LXXXIX

un armistice, et m’entendre avec les Russes pour me débarrasser des Autrichiens. Si nous étions d’un mois plus vieux, je ne demanderais jamais une plus belle occasion pour finir les armes à la main les affaires du monde. Car, j’aurais de la cavalerie , sans cela je ne leur proposerais pas d’armistice, ils sont loin de s’attendre à ce qui va leur tomber sur le corps ( la marche rétrograde de Ney ) , jamais je n’ai eu une plus belle chance de succès. Ce serait sur les bords de la Vistule que je leur dicterais mes conditions, et que mon beau-père me supplierait d’oublier le pa$séu »

La nuit vintj on ne reçut point de réponse : il fallut se préparer à combattre.

Le iq^mai. Napoléon arriva à dix heures du matin devant Bautzen , et employa toute la journée à reconnaître l’armée combinée, forte de cent cinquante à cent soixante mille hommes. Elle était couverte de retranchemens , dans la superbe position de Bautzen et Hochkirch, célèbre dans la guerre de Sept ans, et où Frédéric-le-Grand avait bravé les Autrichiens.

^ L’ennemi ayant appris qu’un corps considérable arrivait par Hoyerswerda, se douta que le projet de Napoléon était de tourner la position par la droite, de changer le champ de bataille , et de faire tomber tous ces retranchemens élevés avec tant de peine. Ce n’était encore que Ijauriston auquel on ne supposait que dix-huit ou vingt mille hommes. Le 19, à quatre heures du matin , Yorck se porta contre lui au village de Weissig, avec douze mille Prus-

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EMPIRE. AN l8l3.

siensÿ et Barelay de ToUy avec dix-huk mille Riisses, au village de KHx.

Bertrand avait envoyé le général Péry avec la division italienne à Kœnigswartha , pour maintenir la communication de l’armée avec les corps détachés. Cette division ayant négligé de s’éclairer^ (ut surprise et assaillie par Barclay de ToUy^ culbutée et dispersée. Le général Kellermann vint avec de la cavalerie, rallia la division italienne, et refait le village de Kœnigswartha. Lauriston prit sa revanche de cet échec, il arriva sur Weissig, trouva le général Yorck, l’attaqua, aj^ès trois heures de combat emporta le village , et rejeta l’ennemi de l’autre côté de la Sprée, avec perte de cinq mille hommes. Mey coucha à Mankersdorf, Reynier à une Üeue «n arrière. La droite de la position de l’ennemi se trouvait débordée.

On avait attendu pendant toute oette journée une réponse à la mission pacifique de Galllaincourt; elle ne parvint qu’à la nuit ; on r^usait verbalement de le recevoir. Tout fut remis au sort des armes.

Le ao, à huit ^ures du matin. Napoléon se porta sur la hauteur en arrière de Bautzen. Il s’agissait de passer la Sprée sur différentes directions. L’ordre en fut donné aux divers corps. A midi, la canonnade s’engagea : tous les obstacles fiirent vaincus; la li* gne de la Sprée fut forcée; k division Gompans, que Marmont avait jetée à droite sur Bautzen, enleva la ville; la dirâiôn Bonnet emporta le village de Nietikayn et un plateau qui le rendit maître de

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