‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 12 sur 300 · CHAPITRE LXXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXX

mille hommes, se portait de Varsovie sur Grodno; le prince Eugène, avec soixante-dix mille hommes, (levait empêcher la réunion de Bagration à Barclay (leTolly; enfin Napoléon, à la tête de deux cent mille hommes, s’avançait pour passer le Niémen à Kowno, percer le centre de la ligne ennemie, et pousser vivement à Wilna.

Il reconnut les rives du fleuve et y fit jeter trois ponts; l’armée passa sans opposition le a4 juin.

De Kowno Napoléon s’avança sur la route de Wilna et Troki, à la tête du corps de Davonst, de la cavalerie de Murat et de la garde.

En apprenant le passage du Niémen, Barclay de Tolly, sentant qu’il n’avait pas un instant à perdre pour concentrer son armée, envoya sur-le-champ l’ordre aux chefs de corps de se mettre en retraite. Par un ordre du jour, l’empereur Alexandre annonça la guerre à ses troupes. « Guerriers, disait-il, vous défendez la religion, la patrie, la liberté. Je suis avec vous : Dieu est contre l’agresseur. »

On pouvait croire que l’ennemi défendrait Wilna. Le a8, à la pointe du jour, Murat se mit en mouvement avec l’avant-garde et la cavalerie légère du général Bruyères, appuyé par le corps de Davoust. Après avoir échangé quelques coups de canon, les Russes se reployèrent partout, repassèrent la Wilia, brûlèrent le pont, détruisirent leurs magasins, et abandonnèrent la ville, emportant les archives, et emmenant les fonctionnaires publics. Ils se retirèrent par Swenziany sur Drissa, pour s’y rallier à

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la faveur du camp l’etranché. Précédé et suivi de régimens polonais, Napoléon entra dans Wilna aux cris d’admiration et de reconnaissance des habitans. Le pont fut de suite rétabli; on se tnit à la poursuite de l’ennemi.

Le mouvement des Français sur Wilna avait été si rapide et sa retraite si précipitée, qu’il avait laissé à l’abandon plusieurs corps éloignés se dirigeant sur' cette ville.

Witgenstein, commandant le i*' corps de l’armée russe, parti de Keidani, donna sur le maréchal Oudinot, qui tomba sur lui à Develtowo, et le força à évacuer toute la Samogitie et le pays situé entre Rowno et la mer. ,

Le corps de Doctorow, et Bagration avec son armée, étaient obligés de changer de direction, et de se frayer de nouvelles routes pour s’échapper, et se rallier à l’armée principale.

Ainsi dès le début, un grand désordre régnait parmi les Russes. Leurs magasins étaient perdus ou détruits; il fallait en former de nouveaux. Les provinces du centre étaient déclarées en état de guerre.

Tandis que Murat marchait sur les pas de Barclay de Tolly, Napoléon faisait poursuivre les colonnes russes restées en arrière sur sa droite. Il s’agissait de recevoir celles qui viendraient sur Wilna, de couper de la Dwina celles qui tenteraient de s’y rendre, enfin de tomber sur tout ce qu’on pourrait atteindre. Le roi de Westphalie, le maréchal Davoust, le prince Eugène, fiirent chargés de traquer Bagration.

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