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CHAPITRE IXXXIX

« Toui à demain». Duroc ne survécut que douze heures au coup qui l’avait frappé. Napoléon l’avait trouvé au siège de Toulon ; ils ne s’étaient pas quittés depuis. Duroc était l’homme le plus avancé dans sa confiance, peut-être le seul pour qui l’Empereur n’eût pas de secrets. Il ne fit qu’un bon usage de son influence. Chargé de missions militaires, politiques, administratives importantes, il s’y distingua par de la mesure , de la modestie, du sang-froid, de ^l’habileté et du désintéressement. Napoléon perdit un ami véritable , un ami généralement estimé." Il conféra la place de grand-maréchal du palais au général Bertrand, digne de succéder à Duroc.

Tant de pertes douloureuses suggérèrent à l’Empereur un ordre du jour dont l’objet était de rendre moins périlleux le service de ceux qui étaient attachés à sa personne, en le réduisant au plus petit nombre possible.

Le a3, à neuf heures du matin, le général Reynier entra dans Gœrlitz. Des ponts furent jetés sur la Neiss et la Queiss, pour le passage de l’armée. L’ennemi se retirait en Silésie; la Saxe était délivrée. Le quartier impérial fut porté à Gœrlitz ; l’Emper reur distribua des récompenses, et travailla avec le ministre Maret arrivé de Paris depuis deux jours. Il ordonna que le corps de Duroc serait transporté û Paris , et déposé dans l’église des Invalides. Il acheta la maison où le grand-maréchal était mort , et chai-geale pasteur du village de faire poser à la place du lit où il avait expiré une pierre avec cette inscription 3

EMFIRE. AN l8l3.

« Ici le général Duroc, duc de Frioul, grand>maréclial du palais de l’Empereur Napoléon, frappé d’un boulet , a expiré dans les bras de son empereur et de son ami. » '■

Quelques jours après ( 7 juin ) , voulant donner à la mémoire du duc de Frioul, décédé sans laisser d’héritiers mâles, une preuve éclatante du souvenir qu’il conservait de ses services, l’Empereur transmit à sa fille le duché de Frioul, et nomma le conseiller d’état Molé , tuteur spécial pour la conservation des biens de la dotatk>n , et l’emploi le plusutile des revenus.

La mort de Bessières, au début de la campagne, celle de Bruyères, de Rirgener, de Duroc, le même jour, inspirèrent des réflexions décourageantes, surtout aux généraux dont l’Empereur avait fait la fortune , et qui préféraient à la gloire les jouissances de la capitale.

• Un parlementaire apporta une réponse de Nesselrode, en date du ao, à l’ouverture faite, le 18, pour la mission de Caulaincourt. Alexandre, en termes fort obligeans , refusait de le recevoir. Quant aux communications dont il pourrait être chargé, on le renvoyait au cabinet de Vienne, l’empereur de Russie ne voulant en recevoir aucune que par cet intermédiaire. A cette lettre était joint un billet en date du a i , le soir de la bataille de Wurtchen,

’ Le i"' avril i8i4, le baron de Rosen, eu vertu d’ua ordredu prince

Repuin, fit saisir entre les mains du ministre Ifermaiiu la somme de zoo napoléons d'or pavés pour cette fondation.

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