CHAPITRE LXXXIX. 2(JJ
par lequel Nesselrode mandait qu’au moment où il allait la faire partir, le combat s’était engagé; qu’il n’avait pu par conséquent l’adresser que le lendemain. Quoique la réponse fût peu satisfaisante, il était clair qu’on n’aurait pas répondu si l’on avait été victorieux.
La lettre de Nesselrode ne laissait plus de doutes sur l’intelligence de l’Autriche avec les alliés. Pour contenir Alexandre et l’empêcher de s’entendre avec Napoléon, Metternich avait envoyé Stadion dans leur camp. Saisissant les ouvertures pacifiques faites à Bubna, il écrivit à Berthier (le aa): L’empereur de Russie et le roi de Prusse étaient disposés à un armistice , et à envoyer aux avant-postes des officiers munis de pouvoirs. Napoléon fit répondre qu’on les recevrait quand ils se présenteraient.
En attendant le résultat de ces ouvertures, il continuait sa marche et poursuivait ses avantages. Le a3, l’armée avait passé la Neiss à Gœrlitz; le a4, elle passa la Queiss et entra en Silésie.
Napoléon coucha à Codlitz. Le 2 5, il fit répondre, de cette ville, par Caulaincourt à Nesselrode : le but de sa mission avait été, si Alexandre eût voulu éviter la bataille, de lui proposer un armistice, et maintenant il osait se flatter qu’il n’y avait plus d’objection à ce que l’Empereur lui accordât l’honneur de lui faire sa cour.
Le a5 , l’armée passa la Bober , le 27, la Ratzbach. Les alliés ne disputaient plus aucune position, abandonnaient toutes les routes qui comluisaient dans
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leurs possessions , même celle de Berlin , pour se tenir près de la Bohême évidemment devenue leur point d’appui.
A Buntzlau, où il séjourna le 26, Napoléon dicta à Daru, dans les plus petits détails, le projet d’organisation d’un bataillon d’équipage militaire d’ambulance destiné à retirer les blessés du champ de bataille.
Les inouvemens militaires offraient peu de circonstances remarquables. Cependant le 26, entre Ilaynau et Liegnitz, le maréchal Ney s’avançait vivement à.latête du 5* corps. I^aurlston ayant négligé de s’éclairer par sa cavalerie, son infanterie fut surprise par trois mille chevaux. Les généraux Maison et Puthod formèrent leurs troupes eu carrés; un bataillon fut sabré , on perdit de l’artillerie et des prisonniers. Le lendemain , le général Sébastian! , à Sprottau, enleva aux alliés vingt-deux pièces de canon et cinq cents hommes.
Nesselrode répondit à Caulaincourt : l’empereur Alexandre éludait encore l’entrevue, et trouvait plus expéditif pour l’armistice, d’envoyer un officier. En conséquence, le commandant en chef des armées avait donné les pouvoirs nécessaires au général comte de Schouwaloff , et au général prussien Kleist, pour négocier et conclure.
Le 27, le quartier général impérial fut porté à Liegnitz, Napoléon y passa la journée du lendemain.
Le 29, le 2' corps de l’armée délivra la place de Glogau et sa brave garnison de quatre mille hommes. ,