‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 122 sur 300 · CHAPITRE I.XXXIX. tigy · texte numérisé non relu

CHAPITRE I.XXXIX. tigy

Mannont, Macdonald et Bertrand arrivèrent sous les murs de Schwednitz; Ney, Lauriston et Reynier s’avançaient sur la route de Breslau; Napoléon passa la nuit dans la petite ferme de Bossing. Le 3o, avant qu’il ne la quittât, le feu prit à une métairie voisine dans la cour de laquelle se trouvaient quinze fourgons. L’incendie consuma des objets précieux et toute sa garde-robe. Le i juin , Lauriston entra à Breslau. Dans un mois, l’armée française avait délivré la Saxe, conquis la moitié de la Silésie, et était arrivée sur l’Oder.

Les commissaires des alliés envoyèrent à Caulaincourt copie de leurs pleins pouvoirs et attendirent aux avan^UpStéis russes. Il était dit, dans cette pièce, que l’empBÉreur et le roi s’étaient décidés à conclure un armistice pendant lequel la puissance qui s’était chargée de la médiation de la paix ferait entendre les propositions qui devaient servir de base à cette oeuvre salutaire. Ainsi cette médiation, que Napoléon avait toujours éloignée, lui était maintenant imposée.

Les instructions de Caulaincourt se référaient à la lettre close du i8 mai; l’armistice y était subordonné à l’établissement d’un congrès.

Bubna revint de Vienne, et entra en conférence, à Liegnitz, avec Maret; l’envoyé autrichien répéta toutes les protestations amicales de sa cour. Elle ne doutait pas de l’ouverture d’un congrès sous sa médiation; elle allait employer ses bons offices pour y parvenir.

EMPIRE. — AN l8l3.

Lu grande question restait toujours, celle de l’alliance. Pressé de s’expliquer à ce sujet, Bubna se dit autorisé à assurer que sa cour était disposée à passer un acte qui , en reconnaissant que le traité de Paris n’avait pas cessé de lier les deux puissances, renfermerait une réserve sur les stipulations qui ne seraient pas d’accord avec les circonstances. Il y avait aussi , pour accepter la médiation de l’Autriche, à discuter et consentir une convention. Bubna assura que sa cour n’avait jamais eu la pensée de procéder différemment. Mais quand il fallut entrer en négociation réglée sur ces divers objets , il se trouva qu’il n’avait pas de pouvoirs : il repartit pour aller en chercher. * ‘

Caulaincourt et les plénipotentiaires ennemis se réunirent à l’abbaye de Wahlstadt, entre Liegnitz et Jauer. Les plénipotentiaires rejetèrent toute idée de congrès, leur mission étant purement militaire; ils renvoyaient tout à la médiation de l’Autriche, qu’ils avaient rendue maîtresse de la question de la paix. Par la démarcation qu’ils proposaient, ils demandaient l’évacuation de toute la Silésie. Ik accordèrent par grâce Glogau, où l’armée française était entrée; ils excluaient Breslau où elle entrait; ils refusaient Hambourg, qu’au moment même allait occuper Davoust; ils ne voulaient l’armistice que pour six semaines, disant qu’il n’était qu’à l’avantage des Français. Du reste, les plénipotentiaires se surveillaient ou étaient tellement liés entre eux, qu’il fut impossible à Caulaincourt, ainsi qu’il lui avait été

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