‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 123 sur 300 · CHAPITRE LXXXIX. 2Q · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXXXIX. 2Q

recomiHandé, d’entretenir particulièrement le comte Scbouwaloff.

Les alliés ayant refusé d’admettre la lettre close de l’Empereur comme pouvoirs, il en fut envoyé de nouveaux à Caulaincourt, qui embrassaient la négociation de la paix et celle de l’armistice. La base de l’armistice était la position qu’occupaient les diverses armées au moment de l’échange des pouvoirs.

Il se divisait en trois parties : 1“ l’armée à la tête de laquelle était Napoléon; 2“ l’armée d’Oudinot vis-à-vis de celle de Bulow; 3“ les partis sur la rive droite de l’Elbe et de l’Oder. Quant à la Sa* division militaire, Hambourg, aucune paix ne pouvait être faite aux dépens du territoire constitutionnel de l’Empire. Il serait déshonorant et contraire aux principes des constitutions de stipuler aucun armistice qui laissât l’ennemi sur le territoire français , tandis ' que l’armée se trouvait sur le territoire étranger. Il y avait un moyen d’éviter toute discussion sur ce point, c’était de faire finir l’armistice aux limites de la 3a* division militaire, entre Lunebourg et Boitzembourg , et de laisser aller les choses sur le Bas-Elbe. Quant à la durée de l’armistice, il était nécessaire qu’elle fût de deux mois pour qu’on eût le temps de négocier la paix.

.V ces instructions transmises par Berthier, Napoléon , cinq heures après, ajoutait quelques explications ainsi terminées: «Je vous recommande toujours de préparer quelque ouverture directe. Je desire la

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paix, je la desire solide, mais il faut qu’elle soit négociée et honorable. C’est spécialement sous ce point de vue que j’attache de l’importance à un armistice. Je n’ai rien à vous répéter sur sa longueur; je le voudrais de deux mois afin d’avoir un temps raisonnable pour discuter et signer la paix. » *

La recommandation d’une ouverture directe, concernait la Russie, avec laquelle Napoléon ne perdait pas l’espoir de traiter à l’insu de l’Autriche dont la médiation n’était même plus par lui mentionnée.

On échangea les pleins pouvoirs et on neutralisa le village de Plessvsritz pour les conférences. Les plénipotentiaires se montrèrent très récalcitrans et persistèrent dans toutes leurs prétentions.

Napoléon insista sur une plus longue durée de l’armistice par le motif qu’un mois était insuffisant, et qu’en France où l’on raisonnait beaucoup, on pourrait trouver extraordinaire qu’on eût l’espoir dans ce délai , de commencer, de suivre, de mener à bien une négociation, qui, comme un drame, avait ses divers actes, son exposition, son nœud, son dénoùment. La fixation de l’expiration de l’armistice au ao juillet était de la plus haute importance, pour que cela n’eùt pas l’air d’une capitulation ou d’une affaire mal réfléchie. Napoléon était disposé à céder sur Hambourg, avec des ménagemens tels qu’il ne prît jamais l’engagement d’é-

^ LçUfe du 1**^ juin , trois heures après midi.

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