‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 126 sur 300 · CHAPITRE XC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XC

EfTeu de l’armistice. — Hambourg repris par Davoust. — For-. tiGcations, mesures de rigueur. — Négociations avec Bubna. — Opérations militaires, plans divers. — Napoléon adopte la ligne de l’Elbe. — Théâtre français à Dresde. — Arrivée de Fouché, nommé gouverneur de l’illyrie. — Traités de Reichenbach entre^ les coalisés. — Metternich à Dresde. — Explication entre lui et Napoléon. — Médiation de l’Autriche acceptée ; prolongation d’armistice. — Évènemens en Espagne, bataille de Vittoria. — Napoléon envoie Soult aux Pyrénées.' — Précautions relatives au roi Joseph. — Intérieur de la France , intrigues. — ' Napoléon réprimande le ministre de la police.

L’opinion générale est que l’armistice fut une faute. Il donnait à l’armée française le temps de se refaire , de se renforcer, d’assurer ses communications. Ce n’était pas un avantage, dès qu’il était commun à l’ennemi. Mais il avait un inconvénient majeur; il donnaità l’Autriche les deux mois dont elle avait encore besoin pour compléter ses armemens, rompre ouvertement l’alliance et s’unira la coalition. Napoléon le pressentait; la fatalité l’entraina. En faisant les premières ouverture.s, lui victorieux, il

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semblait clouter de la constance de sa fortune, et autoriser ses ennemis à ne plus y croire. En quittant Neumark , il dit : a Si les alliés ne veulent pas de bonne foi la paix, cet armistice peut nous devenir bien fatal ». 11 disait, à Sainte-Hélène : « J’eus tort de consentir à l'armistice, car si j’eusse continué de marcher en avant, comme je le pouvais, l’Empereur, mon beau-père, n’eùt pas pris parti contre moi.»

Il était loin de s’abuser sur la crise qui menaçait la France; dès son retour de Moscou, il avait vu le danger. A l’ouverture de la campagne, il le jugeait bien. Pour le conjurer, il était décidé aux plus grands sacrifices; mais il avait à conserver sa puissance d’opinion ; il était obligé d’user d’une grande circonspection et d’affecter une grande confiance dans sa puissance matérielle, encore respectable. Il soupçonnait bien les alliés de chercher à profiter de la circonstance pour se procurer de grands avantages , il ne pouvait se persuader qu’ils voulussent le renverser, surtout l’Autriche et même la Prusse, tant il croyait qu’il leur était nécessaii*e, ou plutôt qu’ils n’en auraient pas l’audace, et qu’il était aussi sacré qu’eux. ‘

La situation militaire se trouva ainsi fixée par l’armistice :

Le maréchal Oudinot, parti le afimai du champ de bataille de Bautzen pour descendre le cours de la Sprée, avait battu l’avant-garde de Bulow, marché

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sur Luckau, échoué dans ufie attaque sur cette place; le 5 juin ses avant-postes s’étàbKrénf sut*' là frontière de la Prusse, à envirdii quinze lieues de Berlin.

Les généraux russes Woronzow et Czemicheff avaient quitté leurs postés d’observatidh dés garnisons de Magdebourg, WtttenbeTg et TorgaU, pour' se porter sué la ligne de conWnunication de Farntée avec Èrfiirt et la France ,• et avaient d'abord réuési à enlever des convois et des détachertiens. DeS nrtésures étaient prises pour faire cesser les exctirSiortS , de ces âVentnriers, lorsque au* porteS de Leipzig lé' dnc de Padoue leur notifia Farmisficé.

' Sné lé Bas-Elbe , lé Danemark s’étanf raftacW àà‘ système de l’Empereur, Davoust aVait opéré vivement contrë' Harilbourg;' Vandànrime s’eiUpara dO Haarbourg et des îles. Tettenborri , qui avait c6W-' menCé à fortifier ftàïUbourg , et enrégimenté uiie partie de là population, abandonna la place à la'hâfte, la livrant sans capitulation à la discrétion du vainqueur. Le 3o mai, leS Frart^aisry rentrèrent. Le'à juin, les Danois avaient repris Lubeck. Le prin'ce héréditaire dé Dàtteniark', déguisé en rtiat'elot, S’était jeté sur une barque , qui l’avàit porté eh’ îfOrWège pour y défendre ses droits' contré FusiirpatiOn' suédoise. De Kaas , rtiinisfrè’ dû rOi , était éh’ route pOur se rendre auprès dé’ Napoléon.

A Stéftîn, à Cnstrlrt', S Datttzig, à ZarnosO, à Modtin , lés garnisons françaises fiirent trouvées en bon étàt , maîtresses des dehorà de ceS places , contre

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lesquelles aucuns travaux de siège n’avaient été séi-ieusement commencés.

Sous les rapports politique et militaire, Hambourg, la clef du Bas-Elbe, était, aux yeux de Napoléon , de la plus haute importance pour les opérations qu’il méditait au nord de l’Allemagne, si l’on ne faisait pas la paix. Pour la mettre en état de défense au moins pendant deux mois de tranchée ouverte, il aurait fallu des dépenses considérables et des années. Il voulait que si cinquante mille hommes s’y présentaient, la ville fût non-seulement à l’abri d’un coup de main , mais que la garnison pût soutenir quinze ou vingt jours de tranchée ouverfe, se réfugier dans une citadelle, et s’y défendre un ou deux mois ; il espérait obtenir ces résultats avec deux ou trois millions, cent ou cent cinquante bouches à feu , et une garnison de dix mille hommes.

Quoiqu’il ne fût jamais allé à Hambourg, il traça dans tous leurs détails les moyens d’exécution des travaux qui devaient être terminés le 1 5 juillet. Il y envoya le général du génie Haxo, et le général Drouot , son aide-de-camp ; il eut une correspondance suivie avec Davoust, qui avait l’ordre de lui écrire tous les jours, ainsi qu’avec le ministre de la guerre et l’intendant-général Daru.

D’après le grand nombre de troupes qui s’y réunissaient , l’Empereur semblait se priver d’une partie notable de ses forces. Mais il avait dans cette réunion un but plus vaste que la défense de Hambourg. Avec une partie de ces troupes, si la paix

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