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CHAPITRE XC

Moyennant riJlyrie, la moitié de l’Italie, le retour du pape à Rome , l’abandon de la Pologne, de l’Espagne, de la Hollande , de la confédération du Rhin, de la Suisse! « Il me faudrait, s’écria l’Empereur, évacuer l’Europe, dont j’occupe encore la moitié, ramener mes légions, la crosse en l’air, derrière le Rhin, les À.lpes, les Pyrénées, et souscrivant à un traité qui ne serait qu’une vaste capitulation , me livrer comme un sot à mes ennemis, et m’en remettre j pour un avenir douteux, à la générosité de ceux-là mêmes dont je suis aujourd’hui le vainqueur.

Et c’est quand mes drapeaux flottent encore aux bouches de la Yistide et de l’Oder, quand mon armée triomphante est aux portes de Berlin et de Breslau, quand de ma personne je suis ici à la tête de trois cent mille hommes , que l’Autriche , sans coup férir , sans même tirer l’épée , se flatte de me faire souscrire à de telles conditions!... Sans tirer l’épée! Cette prétention est un outrage. Et c’est mon beaupère qui accueille un tel projet; c’est lui qui vous envoie! Dans quelle attitude veut -il donc me placer en présence du peuple français? Il s’abuse étrangement , s’il croit qu’un trône mutilé puisse être en

France un refuge pour sa fille et son petit-fils!:

Ah! Mettemich, combien l’Angleterre vous a-t-elle donné pour vousdécider àjouër ce rôle contre moi?» ' A cette sortie succéda un profond silence. On con. tinuait à marcher à grands pas. Napoléon se radoucit, reprit la conversation, déclara qu’il ne déses- . pérait pas de la paix, insista pour qu’on réunit le

EMPIRE. VI. a I

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congrès, demanda que, dans le cas où les hostilités recommenceraient, la négociation ne fût pas interj-ompue, et dit à Metternich en le congédiant, que la cession de Hllyrie n’était pas son dernier mot.

Bien ou mal fondée , l’inculpation injurieuse faite à Metternich était très déplacée, et ne pouvait que le blesser. Attribuer, comme on l’a fait, la décision définitive de la guerre et du renversement de Napoléon à ce mouvement d’humeur et d’indignation, c’est en exagérer l’importance. On trouve, il est vrai, dans l’histoire de grands effets produits par de petites causes; mais la trahison de l’Autriche s’était assez fortement dessinée avant l’injure faite à son ministre.

Avant de quitter Dresde, trop habile pour ne pas dissimuler son ressentiment, il se montra au contraire plus facile. Résolu à ne tenir aucun compte des engagemens , et intéressé à éviter une trop prompte rupture, il signa, le 3o juin, avec Maret une convention qui devait rester secrète, par laquelle la médiation était offerte et acceptée; les plénipotentiaires russes, prussiens et français, se réuniraient, avant le S juillet, dans la ville de Prague; Napoléon s’engageait à ne pas dénoncer l’armistice avant le lo août, et l’empereur d’Autriche se réservait de faire agréer le même engagement à la Russie et à la Prusse. . . • ....

On ne doute pas que, lorsqu’il consentit à cette convention, l’Empereur ne s’y décidât par les nouvelles fâcheuses qui lui arrivèrent d’Espagne en c .

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