CHAPITRE XC
moment, et qui ne pouvaient pas encore être Connues des ennemis.
Le roi Joseph, forcé d’abandonner la ligne de l’Èbre^ avait été complètement battu à Vittoria, le ai juin , et ramené dans le plus grand désordre sous les murs de Bayonne.
(■Pendant l’hiver, Wellington avait recomposé et renforcé son armée. Les cortès lui avaient conféré le commandement de toutes leurs forces. Elle éfait approvisionnée par le Douro et de nombreuses brigades de mulets, et favorisée par les populations.
L’armée française, au contraire, était très affaiblie. Non-seulement on en avait retiré des troupes pour l’expédition de Russie, mais les besoins et les pertes de cette campagne n’avaient pas permis d’envoyer de renforts en Espagne. On en avait encore retiré pour l’armée de Saxe, que le maréchal Soult avait aussi rejointe. Excepté Suchet, qui avait de trente-cinq à- quarante mille ' hommes, les autres armées n’étaient plus que des corps d’environ quinze mille hommes, commandés, celui de Portugal par Reille, du centre par Drouet, du midi par Gazan, du nord par Clausél. La réserve se composait dé la garde du roi réduite à trois mille Français et mille Espagnols, et d’une faible division espagnole.
Lorsque après la réunion des ■trois armées françaises sur la Tormès, le roi était rentré à Madrid, il avait pris une position très étendue, sa droite appuyée sur le Denu^, et sa gauche sur le Tage, vers Tolède. • -• ' '
3a4 EMPIRE. — A» l8l3.
Au mois de mai, Wellington se décida à prendre l’ofFensive, et à opérer sur la droite des Français, point décisif, puisqu’il menaçait leur seule ligne de retraite, et que par une victoire il pouvait les ramener sur les Pyrénées, secondé parles armées espagnoles ; il passa le Douro vers Lamega, fondit sur Zamora, concentra ses forces à Toro, et marcha sur Palencia.
Tout le système de défense du roi Joseph étant tourné, il fut obligé de quitter Madrid, rassembla ses forces à Burgos , et y resta sur la défensive. Les ennemis continuant leurs opérations sur sa droite, Use replia jusque dans les plaines de Vittoria, après avoir fait sauter le fort de Burgos. Tous les militaires sont d’accord qu’on ne pouvait pas choisir une plus mauvaise position pour recevoir une bataille; qull n’y avait pas à hésiter, qu’il fallait chercher l’ennemi, l’attaquer partout, ou mieux encore prendre bravement son parti et regagner les Pyrénées.
La gauche de l’armée, sous Clausel, était restée à Logrono pour couvrir la route de Pampelune. Un corps volant, sous les ordres, de Foy, fut posté k Bilbao, pour couvrir le débouché de cette ville sur Saint-Sébastien. Ces détachemens affaiblissaient d’autant l’armée.
Alors se fit sentir plus que jamais le défaut de commandement et de résolution. Des généraux proposaient de renoncer à la route de Bayonne , de se retirer parallèlement à l’Èbre’, jiftque auprès de Sarragosse, pour joindre Suchet, et tomber sur Wel-