‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 134 sur 300 · CHAPITRE XC. 32g · texte numérisé non relu

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les traditions de la guerre civile. Il s’y forma une association contre la vie de l’Empereur, une fois qu’on serait en campagne et appelé à former son escorte. La Roche-Jacquelin vint à Tours et eut des communications avec l’association. Le ministre de la police, Savary, chargea confidentiellement .Ségur, et sans lui en dire le motif, d’envoyer plusieurs gardes d’honneur à Paris, en poste, séparément, sans éclat, chacim avec un gendarme. Les associés en prirent de l’ombrage; deux coururent chez le colonel et lui demandèrent avec hauteur ce qu’étaient devenus leurs camarades. Sur la réponse ferme de Ségur, l’un d’eux lui tira un coup de pistolet presque à bout portant , mais sans l’atteindre. Des recherches furent dirigées contre La Roche-Jaquelin, il avait disparu. Ségur intervint vivement en faveur de celui ^ qui avait tiré sur lui : on se borna à le détenir à Sainte-Pélagie , avec quatre ou cinq des plus compromis. f

Pendant que le parti des Bourbons et de l’étranger intriguait dans l’ouest et à Paris, le ministre de la police, Savary, y faisait la chasse à des hommes autrefois ' connus par des opinions révolutionnaires, et les exilait de la capitale. Dans cette vexation stupide se trouva compromis un sieur Biennais, fournisseur de volailles et de gibier , à la maison de l’Empereur; du reste, sa conduite présente était sans reproches. Le ministre demandait qu’on lui ôtât la pratique, on en référa à l’Empereur; il répondit qu’il ne se mêlait pas de semblables détails, et qu’il ne pouvait des-

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ceodre jusque-là. Mais cette affaire lui fournit l’occasion d’exprimerj dans une lettre à l’archi-chancelier , luie opinion très remarquable sur toute réaction, sur son ministre et son préfet de police Pasquier. .!>..> '

« Je vois avec peine, mandait-il, que le duc de Rovigo réagit; il ne connaît ni Paris ni la révolution. Si on le laissait faire , il aurait bientôt mis le feu en France. En vous entretenant de ce fournisseur, ce n’est .pas de lui que je vous parle, mais de toutes les mesures de> cette nature, à-t-on quelqtie chose à reprocher à cet homme depuis seize ans? On l’éloigne de Paris comme ayant été violent révolutionnaire. Si on pèse ainsi sur la classe des gens domicUiés et tranquilles, il est à craindre que cela ne produise le plus mauvais effet et n’excite une inquiétude générale; Si le duc de Rovigo voulait éloigner de la France tous ceux qui ont pris part à la révolution, il n’y resterait plus personne. Et comment peut-on faire un crime à des hommes de cette classe de leur e^ialtation dans la révolution , lorsque le sénat, le conseil d’état etd’armée sont pleins de gens qui y ont marqué par la violence de leurs opinions? Je dois supposer qu’on n’avait rien à reprocher à cet homme depuis seize ans, puisque les gens de ma maison, qui ne sont nullement partisans des opinions révolutionnaires, le gardaient comme fournisseur. Vous ferez connaître au duc de Rovigo que mon intention est qu’il n’éloigne personne de Paris, sans vous en avoir parlé auparavant. Dites-lui aussi que, .s’il se

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