CHAPITRE XCr
Les plénipotentiaires des alliés se rendirent à Prague; c’étaient Humboldt, pour la Prusse, d’Ânstett, pour la Russie. Ce dernier était né Français, une loi pi'écise ne permettait pas de traiter avec lui ; il avait négocié le traité de Reichenbach avec l’Angleterre; c’était un agent très actif de guerre. Ce choix n’annonçait pas des dispositions pacifiques; son inconvenance blessait Napoléon. Cependant il ne réclama pas, et nomma pour ses plénipotentiaires Caulaincourt, dont le choix avait été d’avance agréé par l’empereur d’Autriche, et le comte de Narbonne^Le départ de Caulaincourt fut différé de quelques jour»,, sous le prétexte d’arrangemens à prendre, comme réunissant provisoirement à son service de grand» écuyer celui de grand-maréchal du palais. Le véritable motif de ce retard était qu’à la conunission de Neumarck, on n’avait pas fait un pas en avant.
A Hambourg , on terminait les travaux , on complétait les dispositions faites par l’Empereur pour sa marche sur Berlin. Son intention était que le maréchal Davoust occupât un camp sur la rive droite, en avant de la place, de sorte qu’ayant une vingtaine de mille hommes dans la main, il fût inattaquablepardesforcessupérieures; qu’il pût même les menacer et les contenir, jusqu’à ce qu’un corps lie quatre-vingt mille hommes , qu’il ferait marcher sur Berlin, eût tourné tout cela, et l’eût mis à même de marcher en avant. En même temps, la présence du marédial, en avant de Hambourg, ayant ainsi une position offensive, aurait l’avantage d’obliger
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l’ennemi à avoir des forces de ce côté , et de l’empêcher de se concentrer contre l’armée dirigée sur Berlin.
Alquier avait terminé , le i o juillet , à Copenhague, par im traité d’alliance défensive et offensive, la négociation que Maret avait ouverte à Dresde avec M. de Kaas. Le Danemark s’engageait à déclarer la guerre à la Russie, à la Prusse, à la Suède, au moment delà reprise des hostilités, comme la France à déclarer la guerre à la Suède ; à fournir dix milje hommes d’infanterie, deux mille cinq cents de cavalerie, quarante pièces de canon, pour être employés jusqu’à la Vistule, vingt canonnières pour la défense de l’Elbe; à livrer dix mille chevaux, payables comptant; à approvisionner et armer Glückstadt, pour soutenir un blocus de six mois, et un siège proportionné à sa force. L’Empereur s’engageait à joindre aux troupes danoises un corps de vingt mille hommes. Au moyen de ce traité, il estimait que Davoust aurait disponibles et campés, en avant de Hambourg, dans une position offensive, quarante mille hommes avec lesquels il pourrait contenir l’armée suédoise, et tout ce que l’ennemi avait dans le Meklenbourg, et l’empêcher de se porter sur Berlin, à la rencontre de l’armée qu’il y enverrait; enfin être prêt à suivre le mouvement de l’ennemi, et à l’attaquer s’il était en force inférieure.
Prévoyant la reprise des hostilités, Napoléon desira voir l’Impératrice et lui donna rendez-vous à Mayence. Il régla lui-même tous les détails de ce