CHAPITRE XCI
voyage, le personnel de sa maison, le nombre des voitures, les escortes, les stations, les honneurs à lui rendre. Il partit de Dresde le a3.
 Neumarck on n’en finissait pas. Les commissaires des alliés voulaient borner la prorogation de l’armistice au 4 août, c’est-à-dire que les hostilités recommençassent entre le lo et le 1 1 ; c’était l’avis ' formel du général en chef, Barclay de Tolly, à qui on en avait référé. Ensuite ils disputèrent sur l’envoi d’officiers français aux commandans des places blo* quées et sur la quotité de leur approvisionnement. Narbonne fut chargé de s’en expliquer avec Metternich.
Le ministre autrichien ne vit pas, dans les difficultés de Neumarck, de motifs pour justifier le retard qui avait été apporté à l’ouverture des négociations de Prague. Les déclarations officielles des cours de Russie et de Prusse, et la présence de leurs plénipotentiaires dans cette ville depuis le 1 2 , étaient des garanties suffisantes. Il regrettait donc les dix jours perdus , il lavait de ce retard la puissance médiatrice et les alliés , il demandait qu’on lui fit connaître' le terme auquel arriveraient les plénipotentiaires français. ‘
Dans ce moment , Narbonne recevait ses pouvoirs et instructions. Maret se borna à envoyer à Metternich une notice de ce qui s’était passé depuis la convention du 3o juin; enfin celle qui réglait les
> Note du 13 juillet.
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termes de la prolongation de l’armistice ne fut signée à Neumarck que le 26. Caulaincourt partit immédiatement pour Prague.
On avait donc perdu un mois ou au moins dixneuf jours ; il n’en restait plus qu’une dizaine pour négocier la paix , le terme était évidemment court. Si les négociations avaient commencé plustôt , il est démontré qu’elles n’auraient pas davantage conduit à la paix; les alliés avaient pris leur parti, ils voulaient la guerre; c’est ce que prouvent leurs conventions de Trachenberg. Il est donc oiseux d’examiner à qui doit être imputée la perte de temps qu’on aurait pu employer aux négociations; si les difficultés survenues à la commission de Neumarck n’étaient pas du fait des alliés; si, tant que la prolongation de l’armistice n’était pas formellement reconnue et consentie par les commissaires ennemis , Napoléon n’était pas fondé à ne pas envoyer ses plénipotentiaires à Prague. Du reste , son peu d’empressement ou sa défiance s’expliquent facilement; car, avant son départ pour Mayence, il avait eu le secret des conférences de Trachenberg.
Les instructions données par Napoléon à ses plénipotentiaires n’annonçaient nullement qu’il sentît le prix du temps, qu’il s’effrayât des dangers de sa position, ni qu’il fût pressé de faire la paix; on y trouvait, au contraire, de la mesure, de la lenteur, de la circonspection, de la hauteur, le sentiment de la puissance et de la plus parfaite sécurité.
Il préférait négocier avec la Russie une paix glo-
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