‹ Le Consulat et l'EmpireChapitre 140 sur 300 · CHAPITRE XCI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XCI

rieuse pour elle, et qui fit payer à l’Autriche, par la perte de son influence en Europe, sa mauvaise foi et la faute politique qu’elle avait commise coâtre l’alliance de i8ia, en ramenant ainsi l’une vers l’autre la Russie et la France. Il voulait qu’à l’avenir elle n’eût plus rien à démêler avec la Russie; il était de l’intérêt de la France que l’Autriche ne gagnât pas un village. La base principale de la négociation devait être VuH possidetia ante hélium) l’état des parties principales était à-peu-près le même qu’avant la guerre. Si la France avait éprouvé, par l’effet de la saison , des pertes que l’ennemi' avait partagées , ces pertes étaient ^réparées, et, depuis, la victoire n’avait pas cessé de lui être fidèle. T^es places qO’elle possédait, elle les possédait encore; si les ennemis occupaient une partie du territoire de ses alliés, elle en avait à*peu-près autant à leur rendre.

En général, la négociation ne marcherait que lentement. Le moment de la véritable négociation n’arriverait que dans les dix ou doute derniers jours du temps dont la convention de Dresde assurait la disposition; jusque-là il fallait, de la part des plénipotentiaires, de la tenue, de la mesure, de la réserve; dans le moment opportun , ils recevraient des instructions ultérieures pour le patti définitif qui ne pouvait être aperçu et arrêté que lorsque la négociation aurait parcouru sa première période et qu’elle approcherait de son terme.

Par une note du ag juillet, Metternich ouvrit les négociations, et proposa d’adopter la marche aui vie

EMPIRE. AN l8l3.

au congrès de Teschen, où chaque puissance belligérante prenait pour intermédiaire la puissance médiatrice, et lui remettait, par écrit, ce qu’elle voulait communiquer ou répondre à la partie adverse; les plénipotentiaires russes et prussiens, avec qui cette proposition avait été concertée, s’empressèrent de l’adopter. Les plénipotentiaires français en référèrent à Dresde. Ainsi, dès le début, une pure question de forme menaçait de devenir sérieuse et de consommer du temps.

De Mayence, Napoléon annonça à Caulaincourt qu’il serait de retour à Dresde le 3 août, et comme le temps de la dénonciation de l’armistice, approchait, il lui traça son langage, il était fort simple. Si l’on voulait continuer l’armistice, il était prêt; il était prêt si l’on voulait se battre; il s’était mis en mesure même contre le^ Autrichiens. Ainsi, si la Russie et la Prusse voulaient recommencer les hostilités tout en négociant, les chances ne pourraient que lui être favorables, d’autant plus que les armées qu’il avait destinées à observer l’Autriche resteraient en observation sur les derrières et le mettraient, en garde contre les caprices et le changement de système de l’Autriche. '

Le résultat de tout ce que disait Metternich était que l’Autriche ferait tout pour la paix, mais qu’elle était sérieusement préparée à la guerre, qu’elle y était même décidée, si la paix ne se faisait pas. Elle

‘ Lettre du >9 juillet. ^ ^

Page 1